L'HERITAGE LAISSE PAR LA COMMUNAUTE JUIVE
DE ROUMANIE EN PERIL

 

« Le patrimoine est le déploiement d'une mémoire dans l'espace ». Dominique Jarrassé - « Guide du patrimoine Juif Parisien ».

 

La Roumanie, pays marqué par les nombreuses rivalités voisines

 

La Roumanie est un "pays" jeune, indépendant depuis 1877, mais qui possède pourtant une histoire riche et complexe. En effet sa situation géographique particulière - aux "Portes de l'Orient" comme l'écrivait Raymond Poincaré - a empêché le peuple Roumain d’avoir un pays unifié pendant des siècles. Ce peuple est considéré comme étant d’origine Daco-Romaine (anciens habitants de Dacie mélangés aux colons Romains) par la majorité des historiens roumains.

 

Le pays est composé des trois principaux territoires historiques - la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie - qui ont été longtemps convoités, voire même occupés, par les grands empires ayant une visée Européenne. Les Romains et les Byzantins durant l’antiquité puis les empires ottoman, austro-hongrois et russe ont investi les territoires peuplés de Roumains afin de poursuivre leur stratégie expansionnistes.

 

Les deux premières régions (Valachie et Moldavie) se sont unies en 1859, pour former la Roumanie, sous l’influence de la France et notamment de Napoléon III. Les deux autres (Transylvanie et Bessarabie) les ont rejointes au cours de l'année 1918 pour former la « Grande Roumanie ». Cependant, la Bessarabie a été perdue à l’issue de la seconde guerre mondiale.

 

La Roumanie compte actuellement cinq voisins qui sont la Bulgarie (au sud), la Serbie (au sud-ouest), la Hongrie (au nord-ouest), l'Ukraine (au nord et au nord-est) et la Moldavie (à l'est, mais largement rouma-nophone).

 

Les différentes occupations étrangères furent liées aux guerres territoriales que se livraient les grands empires. Dans le cas des invasions ottomanes par exemple, la Roumanie représentait, après la Bulgarie, le second pays à traverser pour combattre le grand Empire austro-hongrois. La proximité de l’Empire russe et son ouverture sur la mer noire et sur la Pologne faisaient de la Roumanie un lieu stratégique de premier plan.

 

Ces mouvements ont largement influencé le pays et sa culture. La langue en est le premier et le principal témoin : d'origine latine, elle a intégré un certain nombre de mots slaves, turcs ou russes du fait des événements évoqués précédemment. L’architecture est un autre témoin remarquable du passé de la Roumanie. On rencontre ainsi des villes médiévales « Allemandes », telles que Sibiu ou Sighisoara, dans lesquelles  vécurent des colons Allemands, des villes « Autrichiennes » telle que Timisoara longtemps appelée « la petite Vienne » ou des villes « Hongroises » telle que Cluj-Napoca. La culture et le mode de vie possèdent aussi ce caractère multiethnique, mais il est ici plus délicat d'évaluer distinctement le poids des influences étrangères.

 

On peut noter que certaines régions ont parfois été peuplées à plus de 40% par des populations non-roumaines. C’est le cas de la Transylvanie, région restée longtemps sous tutelle Hongroise et revendiquée comme telle. La religion chrétienne (orthodoxe en grande majorité) qui y domine, a également joué un rôle important dans l'orientation culturelle qu'a prise le pays.

 

Bien entendu, l'identité d'une Nation est toujours le résultat de facteurs historiques. Cependant, la spécificité de la Roumanie est à l'instar de la Pologne son emplacement particulièrement stratégique.

 

Si on souhaite avoir un bilan récent des "passages" qu'a connu la Roumanie, il nous faut regarder le dernier recensement de 2002. Celui-ci nous informe que la population actuelle est composée à 89,5% de Roumains «de souche». Les 10.5% d’étrangers (notons que la législation fait la différence entre les Roumains dits de souche et les étrangers qui sont toujours considérés comme tel) sont composés d’une majorité de Tziganes, d’Allemands, de Hongrois, de Tatars et … de 9 000 Juifs. Ce dernier chiffre peut nous amener à penser que la communauté juive du pays a toujours été réduite. En réalité, il dissimule ce qu’il reste d’une des plus importantes communautés juives de l’Europe du 19ème siècle, au début de la seconde guerre mondiale. Elle fut la troisième en nombre, après celles de Pologne et de Russie. L’état actuel de la communauté est le résultat à la fois de la Shoah - qui décima plus de 40% de ses membres - et de l’immigration massive due à la tyrannie communiste, qui voyait en elle un ennemi. Le régime dictatorial, au tout début favorable aux minorités (qui y voyaient un moyen de survivre), s’est rapidement tourné vers un nationalisme exacerbé. 

 

La population juive (devenue aujourd’hui symbolique), tradition-nellement religieuse et dotée d’une appartenance culturelle forte, a légué un héritage majeur dans le pays. Ce patrimoine historique s’est construit au cours des siècles de présence sur les territoires roumains, desquels elle a tiré sa spécificité.

 

Les Juifs en Roumanie

Des objets et des tombes trouvés par des archéologues témoignent de la présence de juifs dès le 1er siècle de l’ère chrétienne. Ils vinrent en appui des troupes Romaines, lorsque celles-ci occupaient la Dacie. Cette présence fût temporaire et n’eut, semble t-il, aucun impact sur le pays.

 

La population juive de Roumanie, telle qu’elle a existé à la fin de la première guerre mondiale fut un amalgame d’immigrants venus d’Europe de l’ouest (Allemagne, Bohème, Hongrie) du Nord (Pologne) et plus tard du Sud (Empire Ottoman). La Roumanie a commencé à se peupler de Juifs à partir du 14ème siècle.

 

Les premiers, arrivés autour de l’année 1367, fuient la Hongrie, d’où ils sont expulsés. Ils se répandent en Valachie où ils resteront jusqu’à leur persécution et/ou assassinat durant la seconde guerre mondiale. Au 16ème siècle, des Séfarades (juifs d’origine espagnole ou plus largement des pays d’Afrique du Nord) jusqu’alors habitant l’empire Ottoman s’installent également en Valachie et en Moldavie. Ce sont des marchands qui sont envoyés par les Sultans pour faire du commerce, ou qui s’établissent au cour de leur voyage sur la route marchande menant à la Pologne et à la Lituanie. A cette époque, on trouve des communautés importantes dans des villes telles que Iasi, Suceava ou Siret. Par ailleurs, de nombreux Juifs sont diplomates ou physiciens. Ils sont liés à la cour et assurent des relations avec les territoires voisins. En 1867, on compte environ 130 000 juifs en Roumanie.

 

Enfin, une large population de Juifs magyarisés est intégrée à la Roumanie suite à l’inclusion de la Transylvanie, territoire récupéré à l’issue de la première guerre mondiale. La population passe alors à plus de 800 000 personnes au début du 20ème siècle.

 

Les Roumains ont ainsi connu, pendant six siècles, deux communautés juives qui vivaient côte à côte : les Ashkénazes venus d’Europe et les Sépharades venus de Turquie. Ces communautés ont su garder leurs spécificités, comme par exemple la manière de célébrer les offices, leurs objets rituels ou encore l’architecture des synagogues.

 

Elles se sont surtout développées en Moldavie (jusqu’à 50% de juifs dans la ville de Iaþi et 30% dans les villes de Bucovine en 1930) et dans la région du Maramureþ (située en Transylvanie, où les juifs représentaient plus de 20% de la population citadine en 1930).

 

Avant la fin du 19ème siècle, les Juifs comme la plupart des minorités présentes dans un pays d’Europe Centrale ou Orientale, n’ont pas de réels droits. Ils sont tributaires de la bonne volonté des souverains qui leur en accordent selon leur bon vouloir. Ils ont beaucoup de mal à accéder à des postes politiques ou à des professions libérales ainsi qu’à obtenir la nationalité roumaine, que la plupart n’ont toujours pas au début du 20ème siècle. Alors que la France, l’Angleterre ou l’Autriche ont déjà donné des droits à « leurs » Juifs, la Roumanie ne commence à réfléchir à la « question juive » qu’à la fin du siècle.

 

La révolte de 1848 contre la Russie donne un semblant d’évolution. Cela commence par la proclamation d’une égalité civique entre les minorités, de la part des insurgés et se poursuit par le traité de Paris de 1858, qui sollicite le pouvoir roumain pour rendre celle-ci effective. Ces droits n’entrent pas en vigueur et à l’inverse, les persécutions contre les Juifs s’intensifient sous le règne de Carol Von Hohenzollern. L’antisémitisme, déjà présent au cours des siècles (principalement sous la forme d’anti-judaïsme), connaît alors une ampleur sans précédent.

 

Ce n’est qu’après la première guerre mondiale, à laquelle les Juifs ont participé activement, que le Traité commence à être appliqué. A la fin de cette guerre, dont la Roumanie sort plus forte que jamais (le pays devient alors la Grande Roumanie tant rêvée), les Juifs sont gratifiés de droits particuliers pour le patriotisme dont ils ont fait preuve. Entre les deux guerres, la communauté connaît ainsi un dynamisme exceptionnel.

 

Cependant, les Juifs n’ont pas attendu la première guerre mondiale pour se faire une place dans l’histoire roumaine. La communauté est, dès le milieu du 17ème et jusqu’à la seconde guerre mondiale, très dynamique. Elle occupe une place importante dans son pays. Les juifs sont très présents en ville : le recensement de 1899 témoigne de cette réalité en dénombrant une population urbaine, juive à 30% alors qu’elle est de 1% à la campagne. Ces chiffres sont encore plus importants dans des villes telles que Falticeni (57% de la population totale), Dorohoi (53.6%) ou Iasi (50.8%).

 

Economiquement, la place des juifs est également considérable. Selon les statistiques de 1904, la part des juifs dans le commerce est de 20,4%. Dans les villes (citées précédemment) où ils sont très nombreux, ils possèdent souvent plus de 70% des commerces. Aussi, ils sont visibles dans les professions libérales (qu’ils avaient le droit de pratiquer, contrairement à de nombreux autres métiers). Par exemple, 38% des médecins exerçant en 1904 sont de confession juive.

 

Cette omniprésence dans les domaines marchands et libéraux provient de la place qui a été accordé à cette minorité, dés son arrivée dans le pays, ainsi que des droits octroyés au gré des souverains. Cela n’a pourtant pas empêché ses membres de développer une dynamique qui s’est perçue jusqu’à la seconde guerre mondiale. C’est à ce moment sombre de l’histoire qu’on peut situer la « fin » de la formidable vie de la communauté juive de Roumanie. Comme nous le savons, les juifs ont été en première ligne de cette guerre.

 

En Roumanie, le gouvernement de l’époque tenu par le « maréchal » Antonescu, a eu un comportement contradictoire envers ceux-ci. Ils sont massacrés pendant les premières années par les « légionnaires » de la tristement célèbre « garde de fer », groupuscule fasciste qui a l’autorisation du chef de l’Etat (Antonescu), de mener les actions qu’il souhaite. Sans aucune indication des Nazis, ces barbares commettent des pogroms (à Iasi par exemple) et des déportations (en Transnistrie). Par la suite, et à partir de 1944, les Juifs sont protégés par le gouvernement qui ne résiste pas longtemps et qui est renversé par le Roi Michel.

 

Le nouveau chef de l’état (le roi Michel, lui-même expulsé par les communistes plus tard), opposé aux idées mise en œuvre par le Maréchal Antonescu, se retourne contre la force de l’Axe pour rejoindre les Alliés. Le bilan est pourtant tragique, avec plus de 40% de la population juive assassinée (selon les estimations, environ 350 000 à 450 000 personnes sur un total de 850 000 à 900 000).

 

Suite à ces années sombres, les juifs croient bon de s’allier aux communistes qui – pensent-ils – les protégeront. Ils sont vite déçus, comme le montre le renversement de situation qu’est la condamnation du groupe communiste juif Patrascanu en 1954. Commence alors une massive émigration vers Israël (selon les derniers recensement les israéliens d’origine Roumaine sont environ 400 000). Aujourd’hui, la communauté de Roumanie est composée, comme le recensement de 2002 nous le fait savoir de moins de 10 000 personnes.

 

Pourtant, l’âme du peuple Juif, très présente au cours des 17ème, 18ème et 19ème siècle, existe toujours dans la société. On peut s’en rendre compte en visitant les villes où les Evrei (Juifs en Roumain) vécurent : cimetières, habitations, synagogues témoignent de cette histoire.

 

L’héritage des Juifs de Roumanie

 

Au cours de ces six siècles de vie Roumaine, les Juifs ont construit et développé un patrimoine important. Les synagogues et les cimetières sont les principaux témoins de cette présence et de sa fin tragique. L’état dans lequel elles subsistent vient nous rappeler qu’il y a eu une communauté importante en Roumanie et que sa disparition est d’actualité.

 

Voir une partie de l’histoire du pays et de l’Europe disparaître de cette manière serait une perte énorme pour le patrimoine historique et la mémoire du continent. Cela serait également une victoire pour ceux qui ont souhaité la disparition des juifs. La présence de la communauté représente une partie de l’histoire Européenne, notamment par la manière dont y vivaient les minorités avant le milieu du 20ème siècle.

Notons que la France, pays ayant le plus aidé à la création de la Roumanie, a toujours été très influente dans le soutien aux minorités. Ceci à travers toute l’Europe (Roumanie y comprise) ou l’Afrique du Nord. Elle a encouragé les gouvernements à lutter contre les groupuscules antisémites et défendu les différents groupes ethniques par le vote de lois spécifiques. Suite à ces demandes, la Roumanie a accepté de ratifier le Traité de protection des minorités, inclus dans le traité de Paris de 1858. Malheureusement, celui-ci n’a jamais été réellement appliqué.

 

Cet héritage est aussi réel sur les plans intellectuels et artistiques. En effet, on retrouve une influence juive dans différentes formes d’art et de littérature roumaines.

 

Ainsi, un certain nombre de personnalités nées dans des familles juives de Roumanie ont eu une part considérable dans l’art et la littérature occidentale du début et milieu du 20ème siècle. Ceux-ci ont transposé toute l’inspiration acquise dans leur pays d’origine à travers différentes formes d’expression. Ils ont également transporté ces œuvres à travers le monde et ont apporté à la Roumanie une reconnaissance mondiale supplémentaire.

 

Ces artistes et intellectuels ont laissé une emprunte dans des domaines aussi variés que la peinture, la littérature, la linguistique ou l’architecture. Les plus fameux sont sans conteste :

·Marcel Janco, illustrateur, peintre et architecte. Il est également célèbre pour sa participation au mouvement dada. Il termina sa vie en Israël.

 

·Tristan Tzara, grand ami de Marcel Janco, il est un des « pères » du mouvement dada. Il fut poète puis historien et émigra en France, où il vécut ses derniers jours.

 

·Paul Celan, philosophe et poète de langue allemande émigra aussi en France. Il est particulièrement reconnu par ses pairs allemands.

 

·Benjamin Fondane fut un écrivain passionné par la culture française. Il vécut en France avant d’être déporté à Auschwitz puis gazé à Birkenau.

De nombreux autres, tels que Mihail Sebastian, Constantin Dobrogeanu-Gherea, Lazar Saineanu ou Alexandru Graur ont écrit, peint ou pensé en opérant un subtil mélange de leur culture religieuse et de celle de leur pays.

Les Juifs de Roumanie ont aussi influencé la vie juive en créant le premier théâtre Yiddish au monde (1876, situé à Iasi et toujours en activité), divers journaux confessionnels et en composant de la musique traditionnelle. Ils ont joué un rôle important dans la création de l’Etat d’Israël en fondant deux des plus anciennes localités Israéliennes. Il s’agit de Rosh Pina (1878) et de Zikhron Ya'akov (1882).

 

Pour illustrer ce dossier, nous allons présenter un des éléments significatifs de l’héritage laissé par le peuple israélite en Roumanie. Il s’agit d’une synagogue qui est au bord de la ruine. L’édifice religieux présenté ci-dessous est parfaitement représentatif de l’état actuel du patrimoine légué par la communauté juive. Il est situé à Timisoara, où débuta la révolution de 1989. Cette ville, à l’ouest du pays, dans la région de Timis, est proche des frontières hongroise et serbe. Elle est surnommée « la petite Vienne ». Son architecture est d’influence autrichienne et hongroise.

 

La synagogue a été inaugurée sous sa forme actuelle le 3 septembre 1899 conjointement par la communauté juive du quartier de Fabric - dont elle a pris le nom - et par le maire de Timisoara de l’époque (Carol Telbis). C’est un architecte Budapestois nommé Leopold Baumhorn qui en a fait les plans. La réalisation a été confiée à l’entrepreneur originaire de Timisoara, Josef Kremmer. L’architecture est influencée par ce qui se faisait à l’époque en France. Par l’intermédiaire de constructions imposantes les juifs souhaitaient montrer qu’ils étaient enfin libres dans leur pays. Le style ecclésiastique et la présence d’un orgue étaient représentatifs d’une bonne intégration de la communauté dans la société roumaine orthodoxe.

 

Ce bâtiment a remplacé une autre construction plus réduite qui aurait été inaugurée, selon les sources, soit en 1838, soit en octobre 1841. Les Juifs du quartier sont venus prier dans cet endroit pendant près d’un siècle et demi et la synagogue a presque survécu à la guerre et au temps.

Elle est aujourd’hui fermée. En effet, elle représente un danger trop important pour la maigre communauté (estimée à environ 300 personnes) qui vient prier lors des fêtes religieuses et pour les fidèles (une dizaine) qui s’y retrouvent à la prière hebdomadaire. Une petite salle, qui servait probablement aux cours religieux au début du siècle, est utilisée aujourd’hui car plus adaptée au nombre de participants.

 

Les fondations commencent à céder au temps, l’humidité s’infiltre sans aucune résistance du toit qui n’est plus imperméable. Le plancher s’affaisse et des morceaux de pierre tombent du plafond. L’œuvre, somptueuse, est à ce jour en réel danger de disparition.

La communauté juive roumaine, qui tente de survivre avec des aides extérieures, n’a plus les moyens d’entretenir tous les biens que ses ancêtres lui ont légué et est forcée d’en laisser une grande partie à l’abandon. La Roumanie, qui tente d’abord de résoudre ses difficultés économiques, n’a ni temps ni argent à consacrer à la sauvegarde de tels trésors historiques.

 

Dans la même ville, la communauté ne pouvant entretenir trois synagogues, a donné l’une d’entre elles, classée monument historique, à la municipalité. Cette dernière projette d’en faire une salle d’orchestre philharmonique. Toute-fois, plusieurs années se sont écoulées depuis cette donation et rien n’a été fait. Les priorités semblent être ailleurs.

 

Triste bilan, pour un symbole qui appartient à tous ceux qui veulent se rappeler les horreurs de la Shoah et la destruction des Juifs d’Europe. A se demander si un jour il restera dans les pays où les Juifs ont connu les pires horreurs quelque chose pouvant témoigner, ou au moins nous offrir la possibilité de nous rappeler, l’horreur absolue de cette guerre en particulier et de la guerre d’une manière générale.

 

Ce qui reste des synagogues de Roumanie ne peut plus être considéré aujourd’hui comme religieux, tant le nombre de Juifs y est minime. Dans la plupart de celles qui n’ont pas - encore - disparues, plus personne ne vient prier. Elles sont devenues un héritage universel, propre à toute l’Europe. Elles représentent un devoir de mémoire pour tous les Européens que nous sommes. Les voir disparaître, ce qui arrivera d’ici peu si rien n’est fait, serait une perte énorme pour notre patrimoine.

 

Quand plus personne ne pourra raconter ce qui s’est passé, on pourra se demander en les voyant (en espérant qu’elles aient pu être sauvées à ce moment là) :

Pourquoi ces édifices imposant sont-ils là, vieux de plus d’un siècle pour la plupart ? Que représentent t’ils ? Ne font-ils pas contraste avec la communauté (si elle existe toujours également), si réduite ? Pourquoi cette synagogue, datant du 19ème siècle, existe alors que ceux qui l’ont construite (ou une majeure partie de leurs descendants eux), ne sont plus là ?

 

 

Emmanuel Dyan, agé de 25 ans est prestataire de services informatiques.Il s'intéresse à la problé-matique de l'héritage laissé par les juifs d'Europe et au conflit israélo-palestinien.

Emmanuel DYAN

 

Retour au sommaire


- Copyright © 2004: Moïse Rahmani -