Le début de l’été 2004
a connu une célébration : les 100 ans de tante Sol Cohen-Franco, c’est
ainsi que nous appelons la cousine de maman. Nous lui souhaitons « fin a lous
120 ». Enfin une heureuse
nouvelle. Avec nos meilleurs vœux
et plus sincères félicitations. Malheureusement, il
n’y a pas que de bonnes … « Ay vida i ay muerte », disait
mon très regretté papy. Nous traversons une
longue et triste période marquée par de nombreux décès qui nous ont tous
profondément touchés : Monsieur Léon Alhadeff
- Oncle Léon, c’est ainsi que nous l’appelions. C’était le cousin germain de papy. Si papy était une encyclopédie, il en
était une aussi. Voici encore une
longue page de l’histoire de Rhodes qui est tournée à tout
jamais… Après qu’il eût écrit le témoignage relatif à son cousin dans Los
Muestros, il m’a dit qu’il avait encore beaucoup de choses à raconter à ce
sujet. Je lui ai dit de me les
noter. Il aimait écrire. Des notes, j’en ai reçu, mais celles-ci,
je les attends et les attendrai encore… Madame Marie Hasson –
Franco, souvenir qui me ramène à son arrivée au Congo, après la guerre. Elle venait de Marseille avec son mari
et son fils Raphaël que nous avions surnommé « Marius ». Madame Rosa Capelluto. Son décès
me rappelle ceux de son mari Maïr Capelluto, de sa mère, l’ermana
Boulissa Pizante et de sa belle-mère, l’ermana Perla. Les personnes âgées disparaissaient
alors petit à petit… Comme Monsieur Maïr Capelluto était décédé l’avant-veille
de Kippour, papy s’était déplacé à Jadotville (ville au Nord d’Elisabethville, à
120km) pour les funérailles. Pressé
de rentrer, a-t-il seulement eu le temps de déjeuner ? A son arrivée, il a juste le temps de
prendre son bain avant d’aller à la synagogue, pour le service d’ Erev Kippour…
sans avoir pu manger quelque chose.
Felix Pizante, un ami
d’enfance, disparaît à la force de l’âge, après une pénible maladie. Outre sa
femme, son fils, sa famille, il laisse ses parents âgés, malades et éplorés, à
qui nous souhaitons beaucoup de courage.
Monsieur Macias
Restis,l’époux de Bella Angel. Son
décès brutal laisse sa famille sous le choc. Parti de rien, il s’est réalisé à force
de travail. Il a toujours pris les
siens à sa charge, avec beaucoup de générosité. Madame Amélie
Capelluto, une de nos merveilleuses « nikoutchiras » ! Une autre
page de l’histoire de Rhodes et d’Elisabethville. Outre le lien de parenté qui nous liait
à sa mère, l’ermana Signora, un lien d’amitié liait papy à son mari Mr Haïm.
Comment ne pas penser également à notre ami Nissim, leur fils appelé
affectueusement Tshimbala, arraché
brusquement à l’affection des siens ? Madame Flore Danon
dont le décès nous ramène aussi à la même page d’histoire qui liait toute la
communauté sépharade du Congo. Nous
pensons à sa mère, l’ermana Perla,
ses frères Maïr, Isaac, Giuseppo. Nous revoyons les grands buffets des fêtes
dont elle était une des principales artisanes. Phyllis
Menache-Glastonne. Qui nous rappelle ses parents, sa famille,
son mari. Elle était demoiselle
d’honneur au mariage de mes parents, avec sa sœur Jacqueline et son frère
Richard. Monsieur Jacques
Alhadeff, un Monsieur
« ayar », discret, qui respirait la bonté. Quand je le voyais, je me
souvenais toujours de mon premier
passage à Kamina.
Je repense au contact
amical et affectueux que papy avait avec toutes ces personnes. Ils avaient cette expression pour
s’adresser l’un à l’autre : - « Rabbi » - « adio, si,
Bey ou si Hanoum.» Une façon
affectueuse de se rappeler et de garder leurs liens communs à une culture. Si
elle semblait familière, cette expression pleine de tendresse avait pour rôle
d’élever l’autre au titre de « Bey ou de
Hanoum. » « A tour de rôle,
à tour de rôle, todous si stan iendou … » … C’est vrai malheureusement.
Ce sont des décès qui
nous ont tous bouleversés et attristés. « Ki riposin in pas. El gan Eden ke tengan
bien. » A toutes ces familles endeuillées, nous
présentons nos plus sincères condoléances. Malka Levy