La synagogue de Kinshasa date de 1989-1990. En effet, la Communauté Israélite de Kinshasa comptait à l'époque un bon millier de membres, et il était donc temps qu'elle ait un lieu du culte digne de ce nom.
Jusque là, les services religieux se tenaient dans des maisons, les grandes fêtes étaient organisées dans une grande salle de l'Hôtel Intercontinental.
Malheureusement, en 1991 et en 1993, Kinshasa connut les pillages de triste mémoire. C'est à partir de ce moment-là qu'un grand nombre de personnes a décidé de quitter le Congo « définitivement ».
La Communauté ne comptait plus qu'une centaine de personnes. Si elle a vécu au ralenti pendant une dizaine d'années, toutes les fêtes étaient cependant régulièrement organisées, même si l'ambiance d'antan n'était plus qu'un rêve….
Le Rabbin Shlomo Bentolila prenait en main la vie spirituelle de la Communauté, Robert Franco en assurait la présidence et ce durant une douzaine d'années. Contre vents et marées, ce dernier a traversé cette période difficile en tenant la synagogue debout au milieu du village.
Aujourd'hui, 160 personnes (enfants compris) sont membres effectifs de notre Communauté. Les anciennes familles, descendantes de l'époque coloniale, représentent toujours une petite majorité ; les autres exerçent leur activité professionnelle principale à Kinshasa et, bien que séjournant au Congo seuls, y vivent neuf mois par an. Mais, en dehors des personnes inscrites et reconnues, il y a les « gens de passage ». Surtout en cette période de mutation politique que connaît le Congo, cette catégorie n'est pas à négliger.
Au mois de février 2004, j'ai été élu Président de la Communauté et je me suis entouré de personnes dont la priorité a été, et est, le lancement d'activités communautaires juives, religieuses ou non, permettant des rencontres fréquentes entre les Juifs de Kinshasa.
C'est ainsi que nous avons célébré le seder de Pessah, fêté Pourim, Lag Baomer, Chavouoth, Roch Hachana, Simha Torah, Souccoth, et j'en passe, mais aussi organisé, dans le recueillement, les commémorations de Yom Hashoah, Yom Hazikaron et Yom Haatsmaouth.
Parallèlement, nous avons débuté un cycle de conférences dont la première a été donnée par Moïse Rahmani et portait sur « Le monde sepharade de l'Espagne de 1492 jusqu'au Congo d'aujourd'hui ». D'ici quelques jours, nous ouvrirons la bibliothèque qui compte déjà un peu plus de cent livres, et nous ferons paraître notre première revue qui s'intitule « Kadima », « en avant » qui reflètera, je le pense, exactement le programme que nous nous sommes assignés cette année.
Je profite de cette rubrique pour lancer un appel à toutes celles et à tous ceux qui peuvent nous aider en nous offrant des livres ( en français, anglais et hébreu). Qu'ils contactent Moïse Rahmani qui se fera un plaisir de nous les faire parvenir.
Si vous êtes de passage dans notre beau Congo, venez nous rendre visite. Cela nous ferait grand plaisir.
Cordial Shalom.
Aslan Piha
Président de la Communauté Israélite de Kinshasa