La communauté originaire du Congo est en deuil. En automne, nous avons eu la douleur de perdre Edmond Rahmani , l'oncle de notre rédacteur en chef qui s'est éteint à Sea Point, en Afrique du Sud. Il repose, désormais, à côté de sa maman, Sarah Rahmani née Charhon ZL et de ses frères, Victor, ZL et Emile, ZL
Edmond était un homme jovial. Il avait le sens de la famille et elle passait avant tout. La perte de son petit-fils, Jeremy, il y a quelques années l'avait profondément affecté.
Je me souviens de son départ, jeune homme, quittant son Egypte avec sa mère pour une nouvelle vie, au Congo. Nous étions en 1947 et leur hydravion décollait de Rod el Farag, sur le Nil. Je le vois encore se retourner, nous sourire et nous saluer d'un grand geste de la main. Je l'avais revu près de dix ans après.
Je l'ai côtoyé bien souvent au Congo – il commença par tenir un négoce à Kipushi et, en juin 1960, à la suite des troubles qui marquèrent l'indépendance du pays, quitta pour l'Afrique du Sud. Il pris racine à Sea Point, dans la banlieue du Cap, et n'en bougea plus.
Je présente à sa femme Bella, à ses enfants Moïse, Rose et Huguette et à leurs enfants, mes condoléances les plus émues.
Avec lui, c'est toute la génération des « anciens » de ma famille qui s'éteint. Au revoir « Moni ».
Je connais Jojo Mallel depuis cinquante ans. C'est un homme doux, sage, agissant pour le bien de sa communauté. Il est l'un des rares à préserver cette mémoire judéo-espagnole, cette mémoire de Rhodes et du Congo et était un des piliers de la belle communauté de Sea Point..
Lui et Nicole formaient un couple uni, soudé, aimant.
Nicole Mallel tomba malade. Chaque rémission les remplissait d'espoir, leur insufflait une force nouvelle. Et puis, le 19 octobre, l'espoir s'éteignit… et Jojo pleure. Nous pleurons avec lui.
Qui ne connaissait pas, à Bruxelles, David Franco ? Elancé, élégant, l'air un peu triste, on le voyait souvent du côté de la " Bascule ", attablé à une terrasse, attendant Germaine. Il invitait souvent la relation de passage à partager ces quelques instants autour d'un café.
David est parti ce 20 octobre, emporté par ce mal qui le minait. Nous ne reverrons plus sa silhouette frêle et discrète qui faisait partie de notre paysage et la « Bascule » ne sera plus tout à fait la-même.
Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que l'épouse de David, la chère Germaine , née Campéas, est partie ce vendredi 12 novembre le rejoindre. Ils ont partagé la vie, désormais, pour l'éternité c'est la même terre qui les abrite. Puisse-t-elle leur être légère.
Je l'avais encore revu en pensée de lui lors de ma visite à Lubumbashi. Nous étions passé près de la Poste, en face de ce qui était le cinéma Palace et j'ai raconté à mon épouse la bagarre épique qui l'opposa à un malotru qui se moquait de son infirmité. Courageux à l'extrême, sachant qu'il ne pourrait pas l'attendre, ce vil couard le narguait à une distance respectueuse. Soudain, Salomon bondit et attrapa son adversaire. Il lui infligea une bonne raclée et nous eûmes de la peine à les séparer. Nul ne se hasarda désormais, à se moquer de Salomon Lévy .
Il habitait Albertville (Kalemie) et venait à l'école à Elisabethville (Lubumbashi). Comme tant d'autres enfants de l'intérieur, il était interne à l'Athénée. Nous, les petits (cinq ans nous séparaient) étions jaloux de son auréole : il partageait, avec le conducteur, la locomotive du train...
A Bruxelles, Salomon s'était lancé dans l'hôtellerie et y excellait. Il avait l'amitié fidèle et ne comptait que des amis. Débonnaire, aimant la plaisanterie, le mot approprié, le geste toujours élégant, se moquant de lui, jamais des autres, il avait appris à vivre avec ce pied qui le faisait souffrir, mais toujours en silence, pour ne point embpêter..
Dès les débuts de notre journal, il s'était fait un point d'honneur de le soutenir en nous confiant une publicité pour l'Albert Premier, puis l'Astrid.
Nostalgique du Congo de son enfance, il se faisait une joie d'héberger les tables d'hôte mensuelles de notre éminent confère, Kisugulu.
Nous étions nombreux, très nombreux, à lui dire au-revoir et à soutenir sa femme, Mathy et Assaël son fils. Au revoir, Salomon.
Moïse Rahmani