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(Suite de la page 15)
La grande différence avec les autres Touaregs, réside au niveau de la langue : ils ont leur propre langue, tadawsahak10, mêlée d'éléments songhay, haoussa, rarement tamachek…
-au Niger, les Kel Daw-Sahak parlent tamachèk, même si, dans la région d'In-Gall, leur langue est teintée de zarma (un dérivé du songhay).
-au Mali, ils parlent un Songhaï, mêlé de tamachek.
Les INHADEN
Le nom « Ounhaden », mot tamachek, désigne le « forgeron »
Ils seraient d'origine israélite, issus des Juifs du Touat et… « expulsés en 1492 par El Merihli», selon H. Lhote, qui ajoute :
« Les Inhaden (sing : inhad/enad) forment la caste artisanale des Touaregs »
Habiles dans le travail des métaux, ils sont forgerons, fabricants d'armes, bijoutiers ; ils façonnent le bois et produisent les coffres, les piquets de tente, les selles de chameau, les bijoux et les amulettes… ; leurs femmes travaillent le cuir, font des nattes…
Sans compter certaines particularités qui avaient déjà frappé H. Barth11 :
« Les Maalmines sont des artisans qui constituent une tribu dont les membres ne se marient qu'entre eux. Bien que très noirs de peau, ils ne sont pas négroïdes. Certains les tiennent pour des Juifs razziés par les Touaregs et qui, à la longue, se seraient targuisés.»12
« les Inhaden constituent une caste fermée, méprisée par les Touaregs, dont on connaît la répugnance pour tout travail manuel (...) Les Touaregs, qui les méprisent ostensiblement pour leur origine obscure et leur profession servile, reconnaissent leurs qualités et sont heureux d'en profiter. Ils les craignent également, car ils leur attribuent des pouvoirs surnaturels de sorcellerie et de magie (...). »13
Les DAGA
Je n'ai pas besoin de revenir sur le récit déjà mentionné14 de Mardochée aby Serour, [ha iehudim a ele (à propos de ces Juifs)], traduit par Isidore Loeb et publié au Bulletin de l'A.I.U. en janvier 1880, sous le titre les Daggatoun15 et la découverte, en 1995, du manuscrit en hébreu du rabbin, dans les archives de l'Alliance16
une influence juive en milieu targui ?
Le monde targui, se rattache au groupe ethnique des peuples berbères, qui, lui-même, appartient à la famille sémitique.
Cela implique-t-il nécessairement que des liens - pas forcément d'inspiration religieuse - aient pu exister avec l'élément hébraïque ?
Inconcevable aux yeux de certains, l'éventualité demeure, renforcée de temps à autre par de troublantes coïncidences.
M. Gast, a fait le rapprochement entre des coutumes propres aux Touaregs et certaines pratiques juives :
«J'ai signalé … les traces d'éventuels héritages hébraïques chez les Touareg (don des sandales lors du mariage au cousin croisé [rappel du lévirat ?], origine occultée des Ioullimiden qui portaient des tresses de cheveux très apparentes, par exemple…»17
Les Touaregs à tresses
Dans un article de P. Benoît sur les Touareg*18, très obligeam-ment signalé par Marceau Gast, des hommes bleus (de la région de Tahoua au Niger), appartenant à la grande confédération ioullimiden, portent de longues nattes.
La découverte - d'autant plus étonnante que l'un des hommes à nattes se nommait … Rebbi ! -, rappelle la tradition des antiques Hébreux, reprise par les groupes rasta de la Jamaïque et, inévitablement, évoque les héros bibliques à la chevelure légendaire:Absalom, Samson…*19 et les traditions perpétuées par les Hassidim porteurs de "papillotes" de New York et Jérusalem, et certains Juifs du Sud-marocain (en majorité des judéo-berbères du Sous, du Dra', du Tafilalet, du Touat…), arborant les nouader*20.
Edmond BERNUS, vers 1972, a rencontré des Igdalen à tresses et recueilli leurs confidences :
« Dans le campement d'Akenzigi vivait un chef très vénéré, Akhmed wen ekked (des tresses) que j'ai interrogé et qui m'a donné une liste de ses ancêtres… Il portait des cheveux tressés … Comme tous les Igdalen, il ne faisait jamais la guerre, ne portait pas d'armes et était un éleveur de chameaux remar-quable… »21
La tradition - ou le symbole - se sont-ils perdus ? Si certains Igdalen du Niger (Filingué, Tahoua, Agadès), portent encore des tresses, ce ne serait que « pour l'esthétique », la chevelure demeurant l'élément « de séduction » par excellence, d'après les déclarations d'un membre de la tribu, en 2003.
Le lévirat*22
C'est le nom donné, dans la tradition juive, au principe d'obligation morale pour un homme d'épouser la veuve d'un frère trop tôt disparu, afin de lui assurer une postérité, et perpétuer le nom.
En cas de refus d'épouser, intervient le rite du déchaus-sement, cérémonie au cours de laquelle, dans le but d'attirer sur
(Suite page 17)
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