MES VOEUX POUR CE ROCH HACHANA 5763 !.

A. Rivka Cohen

Dans quelques jours s'échangeront les voeux traditionnels du nouvel an juif. Des cartes postales, des courriels trop pressés, des lettres annuelles, combien attendues, s'envoleront vers tous les coins de la planète, là où un Juif se souvient, peut-être même à cette seule période, de ses racines, de son attachement passionné ou ténu à la loi mosaïque.

En quelques phrases, que signifie Roch Hachana, dont la traduction littérale est "tête de l'année" ? Roch Hachana rappelle : le jour anniversaire de la création de l'homme ; le jour du jugement car D.ieu juge chacune de ses créatures et les inscrit dans le Livre de la Vie ; le jour du souvenir, car l'homme s'interroge, se penche sur son passé.  Il se repent, fait amendement tout au long des dix jours redoutables qui le conduisent à Yom Kippour, le jour du pardon.

Voici donc, très brièvement exposé, le sens de la tradition religieuse de Roch Hachana.

La solennité de ces jours invite à diverses coutumes ; les fidèles se congratulent : "Que tu sois inscrit pour de longues années et encore beaucoup d'autres, dans le Livre de la Vie". Depuis le début du XXe siècle, peut-être en suite des échanges épistolaires des voeux civils, des cartes illustrées, spécifiques à la cérémonie ont franchi toutes les frontières. J'en ai détaché quelques-unes de mes albums qui ouvriront une fenêtre désuète, peut-être inconnue ou mal connue, aux lecteurs de Los Muestros.

La première que j'ai choisie est toute symbolique : un rabbin présente à l'assemblée des fidèles un Sefer Tora surmonté des paroles : "Tu es Saint et Ton Nom est Saint et tous les saints Te loueront chaque jour". Au-dessous, trois mots qui se lisent sur la plupart des cartes de Roch Hachana "Sois inscrit pour une bonne année". Cette carte était adressée, en l'an 5687, à une famille établie à Schaerbeek, une commune du grand Bruxelles. Le 6 septembre 2002 débute l'année 5763.

La deuxième carte reflète l'image populaire, celle qui dans sa simplicité enseigne. Autour d'un fervent Happy New Year, sont illustrées et nommées les femmes, mères d'Israël : Rivka, Sara, Chana, Lea, Rachel, la fille de Jephte, Debora et Myriam.

J'ai été fort surprise et émue de trouver, en 1998, la troisième carte imprimée aux Etats-Unis d'Amérique et oblitérée à Bruxelles... Comment s'était-elle fourvoyée chez un marchand du grand Paris ?...   car elle avait été adressée, en 1946, par le Rabbin Pinhas Kahlenberg zl de la capitale belge, à la même famille schaerbeekoise déjà citée...

Elle offre quelques symboles précis de la fête : une bougie allumée, rappel de la lumière de la Tora, un Chofar dont les sons rauques si attendus ponctuent la clôture de l'office du nouvel an, un livre de prières ouvert.

La quatrième carte, sans doute ma préférée, me fut un jour donnée, comme un trésor précieux à préserver, par ma belle-mère Chana zl, una suegra aimée. 

Au verso, les mots sagement calligraphiés lui avaient été expédiés, en 1924, par un beau-frère resté à Lodz, assassiné à Auschwitz.

Jour du jugement, ai-je noté plus avant, l'image ici s'affirme par son message éloquent. Une fillette couronnée de fleurs, nantie d'ailes d'ange, élève son trébuchet : la droiture ne se monnaie pas.

La légende s'exprime en yiddish : "Et si l'an nouveau pèse ton bonheur, sois sage et noble. Moque-toi de l'argent et de la dot. Vois l'honnêteté de la jeune fille".

La dernière que je vous proposerai est toute d'espérance. La famille réunie autour de la table s'applique. Encrier, buvard, plume et papier, chacun s'affaire à l'écriture et le texte sourit : "Chaque coeur est rempli de voeux, chaque main écrit les bénédictions, l'un à son oncle,l'autre à son grand-père, un tel à son cousin, tel autre à son ami".

Merci à mon ami Nathan Weinstock pour les traductions qu'il a eu la gentillesse de me communiquer.

A mon tour de souhaiter à chacun qui m'a fait l'amitié de me lire (i a los otros tambyen !) "Para muntchos anyos otros i tantos".

A. Rivka Cohen

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