EXPRESSIONS ET DICTONS EN HAKETIA

 

Suite du  Los Muestros n°66

Sonia Binisti

 

Ma grand-mère, mama Raquel (qu’en paz descanze), native d’Alkazar, ne parlait que haketia.

A chaque évènement, à chaque situation, selon chaque circonstance, elle vous trouvait le dicton ou proverbe

qui s’y référait . En voici quelques uns que j’emploie toujours et qui font revivre cette époque ! Yahasra !!!

 

 

Mas vale un pacharo en la mano que no cien volando, ( il vaut mieux un oiseau dans la main que cent en train de voler). Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

No hay mas manzia que muchas manos en una escodia, (rien n’est plus triste que de voir plusieurs mains dans un même plat ). Se dit quant il y a de la misère

Hokkea el oro, sale el cobre, (à force de frotter l’or, il devient cuivre). Parfois, il ne faut pas trop approfondir

Mi nuera la pulida, despues de blankear, desfoina, (ma belle-fille la perfectionniste, après avoir peint, elle enlève les toiles d’araignées). Se dit de quelqu’un qui fait tout à l’envers

Mejor tullido que enstendido, (il vaut mieux être han-dicapé que mort).

Larga como la haftara de Tisaâ be ab, (longue comme la haftara de Ticha ve av). Se dit de quelque chose d’interminable

Lama a Tamar que te fukkee, (appelle Tamar qui te sorte d’affaire). Se dit à quelqu’un qui est vraiment dans l’embarras

La cazza de la bendiccion, la hembra antes del varon, (la maison bénie par Dieu, la fille avant le garçon). Se dit à la famille qui espérait un fils et qui a eu une fille

Mismo el jajam se yerra en la Teba, (même le rabbin se trompe à la Téba).

Antes mis dientes que mis parientes, (mes dents d’abord, ma famille après). Se dit d’un égoïste

A cazza de tia, ma no cada dia, (chez la tante mais pas tous les jours). Il ne faut pas abuser

La mujjer levanta la cazza, y la mujjer la cae, (la femme fait monter la maison et la femme la fait tomber). C’est la femme qui finalement fait la pluie et le beau temps

Barbas pa Mahita y tetas pa Mochito, (de la barbe pour Mahita et des seins pour Mochito). A force de demander à Dieu on finit par se mélanger les pinceaux

Dorear siete haumas y un forno, (traverser sept chaumières et un four). Se promener de partout

Corretear la Seca y la Meca, (parcourir des lieux et aller jusquà la Mecque). Se dit de quelqu’un qui n’arrête pas d’aller et venir

Las penas no matan pero arrematan, (les chagrins ne tuent pas mais il détruisent).

Lo que decho la viruela, lo cumplio el buhamron, (ce que la variole n’a pas touché, la rougeole, l’a atteint). Aller de mal en pis

Damele âni y weno que âsir y malo, (donne-moi pauvre et gentil que riche et méchant).

La ida de los malogrados que se feron y no vinieron, (le départ des morts prématurément qui sont partis et ne sont pas revenus). Se dit de quelqu’un qui s’en va fâché en claquant la porte.

Ben porat Yosef, escapado de mal, (expression en hébreu qui est une bénédiction, échappé du mal). Se dit quand on nous présente un bel enfant, pour ne pas lui Jeter le mauvais œil.

No haya mal, salido (a) del mal, (qu’il n’y ait pas de mal, sorti du mal). Quand une personne se croit malade ou craint le pire, aussitôt on lui répond … 

Quand Mama Raquel, ma chère grand-mère nommait l’un de ses petits-fils, elle ne l’appelait pas par son prénom, mais los cinco mansebos les cinq garçons, pour que le chiffre cinq soit sur lui et le protège du mauvais œil.

El muerto al hoyo, el vivo al bollo, (le mort à la fosse, le vivant au pain). Se dit de quelqu’un qui ne respecte pas le deuil.

 

Rey muerto, rey puesto, (le roi est mort, vive le roi). Quand quelqu’un est vite remplacé

 

El que no llora no mama, (celui qui ne pleure pas, ne tête pas). Si on ne demande rien , on n’aura rien.

 

Sonia Binisti

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