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Milantia Bourla Cortes

Deux ouvrages de Yaël König : Les hommes mariés ne font pas des nuits douces et Sous le regard de mon père (22/12/2012)


par Milantia Bourla Cortès
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LOS MUESTROS

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Yaël König,  Les hommes mariés ne font pas des nuits douces 
Editions Yago, août 2009. ISBN 978- 2-91 6209-67-8
 
Ce  livre  bien écrit, avec un excellent rythme, nous transporte dans les affres d’une relation adultère entre  un homme marié et sa maitresse.
 
Celle-ci nous tient en haleine de page en page  à travers le récit de  ses joies et de ses souffrances à attendre que son bien aimé se décide de parler à sa femme.
 
Livre que toutes les femmes devraient lire et relire  avant d’entamer une  pareille relation...
L’auteur  décrit  quasiment  tous les cas de figures concernant   l’homme fou amoureux qui prétend d’emblée, qu’il n y a plus rien depuis très longtemps  entre sa femme  et lui ,et qu’ il attend le moment propice « imminent »  de révéler la vérité à son épouse afin de construire une vie fabuleuse avec sa nouvelle chérie.  
 
 Yaël König avec sa belle  plume grinçante de vérité,  nous offre un manuel, non pas de survie, mais un abécédaire. Tout y est dit pour faire  tomber le masque  de « l’homme marié et  lâche ».
 
Un  scenario  classique où tant de femmes  se sont  fait prendre  et qui laisse des cicatrices.
 
Apres avoir lu ce premier ouvrage de Yaël König  « Les hommes mariés ne font pas des nuits douces » paru en 2009, j’avais hâte d’en lire un autre.
 
 
Yaël König, Sous le regard de mon père.
 Editions Yago, octobre 2012, ISBN 978-916209-91-3
 
Cet autre récit,  toujours aussi bien écrit, avec cette même cadence très agréable pour le  lecteur.
«  Sous le regard de mon père  », paru en 2012, relate   les confidences au cours de longs et émouvants entretiens entre Joëlle et le fils de Joseph Strycharz , Jacques qui a francisé son patronyme en Strichard.
 
L’histoire débute  à Lodz, qui, était  en 1910 était  la deuxième ville juive de Pologne après Varsovie. A cette époque, la  moitié de ses 410.000 habitants, appartenaient à la communauté juive.
 
Suite aux pogroms à répétition, le jeune Joseph (Yossi) n’a qu’une solution à sa survie : partir. Il opte pour  la France,  paradis  où les hommes sont libres et surtout où les Juifs  sont  reconnus comme citoyens à part entière. Il y retrouve son frère ainé Nathan  installé à Roubaix depuis plusieurs années. Yossi est ambitieux, courageux, volontaire, mais surtout doté d’une très belle âme qui ne se démentira jamais jusqu’à sa mort. Il fait venir sa promise de Pologne, la belle Alice et   vivront une fabuleuse histoire d’amour,  qui prend toute sa dimension  en 1931 à  la naissance de la petite Suzanne, suivi, 6 ans plus tard par celle de  Jacques, notre conteur.
 
 D’entretien en entretien, Jacques    se confie à Joëlle et lui  relate, le parcours de sa famille, principalement durant la période de guerre à Paris où fièrement, le père, bien que n’étant  pas français   se porte volontaire à 34 ans à la légion étrangère, estimant  que c’était son devoir pour sa nouvelle terre d’accueil.  Contre la volonté de sa femme, suite à  l’obligation de se  faire recenser en tant que juif, il ira se fera enregistrer.   
 
De là tout un destin se joue,  qui  va prendre une tournure tragique à partir de 1940.
 
 Ayant eu  par chance  des nouvelles de sa famille restée en Pologne , Alice ,  apprend le sort funeste des siens et  anticipe  avec raison  les  perspectives  terriblement sombres qui seront celles des juifs dans toute l’Europe.
 
Toute la famille sera dispersée, et l’enfance du  petit jacques se referme à tout jamais à l’âge de trois ans, lui reste la consigne de son père  «vivre honnêtement »,  père, garant du foyer qui    lui manquera toute sa vie. La  mission de Jacques sera  dès lors  de protéger sa mère et sa sœur.
 
Pendant l’internement  du père au camp de concentration de Beaune-la Rolande jusqu’à sa fin à Auschwitz , la famille restée à Paris réussit à se cacher grâce ,  aux bons soins de leur concierge  qui,  était reconnaissante au  père de Yossi , pâtissier de  métier , qui  ne manquait jamais  de déposer des gâteaux devant  sa loge  le soir en rentrant de l’atelier.
 
Epargné de justesse lors de la rafle de Vel d hiv grâce à cette concierge, Joseph se retrouve interné avec sa mère au camp de Rivesaltes.  L’enfer, les gens devenaient fou par manque de nourriture.
 
Très   malade, à cinq ans,  Jacques est transféré au camp de Vernet-les Bains, dont on avait  dit à sa mère totalement désarmée, que c’était  une « colonie de vacances ».
 
Yaël Köning qui écrit se sentir impuissante à transcrire l’insoutenable, réussit pourtant dans cet ouvrage  à se dépasser en décrivant l’enfer de cette famille grâce à son écriture limpide. Elle nous fait ressentir toutes les émotions de ce petit Jacques dont la force intérieure est transmise en permanence par «le regard de son père».
 
Milantia Bourla Cortes

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