Un économiste décrit la situation actuelle comme le “coup de pouce Hormuz”. Les marchés financiers estiment à près de 80 % la probabilité que la Banque centrale effectue une troisième augmentation consécutive des taux d’intérêt mardi prochain.
Cette hausse des taux est particulièrement mal perçue par les environ 3,6 millions de ménages en cours de remboursement de leur prêt immobilier. Dans le contexte où les prix du carburant explosent et que le coût de la vie augmente, de nombreux propriétaires se demandent comment une augmentation des taux d’intérêt pourrait résoudre les problèmes fondamentaux de l’inflation actuelle, déclenchée par le conflit au Moyen-Orient.
Les chiffres officiels publiés la semaine dernière ont révélé que l’inflation avait augmenté de près d’un point pour atteindre 4,6 % sur l’année jusqu’en mars, le niveau le plus élevé depuis deux ans et demi. En grande partie, cette hausse est due à l’envolée de plus de 30 % des prix du carburant au cours du mois.
Phil O’Donaghoe, économiste en chef chez Deutsche Bank, comprend la frustration des propriétaires. L’ironie, selon lui, est qu’il n’existe pas de mesure efficace pour contrôler l’inflation dans les six mois à venir : “Tout est lié au prix du pétrole”. Pourtant, il est convaincu qu’une augmentation des taux est nécessaire. Pourquoi ? La Banque doit envoyer un message clair : “Nous allons maîtriser l’inflation”.
O’Donaghoe souligne que cette hausse vise spécifiquement à démontrer aux décideurs économiques que la Banque prend ses objectifs d’inflation au sérieux. Pour cela, l’augmentation des taux est la meilleure méthode par les temps qui courent.
Robert Thompson, un stratège macroéconomique chez RBC Capital Markets, admet que la Banque centrale ne peut pas influencer le choc d’approvisionnement mondial en pétrole. Toutefois, il précise que l’inflation était déjà “trop élevée” avant les bombardements de l’Iran par les États-Unis et Israël fin février.
La Banque centrale, déjà sous pression pour lutter contre l’inflation, doit être plus attentive aux effets indirects des prix du carburant sur le reste de l’économie. Le conseil d’administration de la politique monétaire de la Banque a voté pour une augmentation des taux lors de la dernière réunion en mars, avec une seule voix d’écart, cinq contre quatre.
Thompson est convaincu que le contexte actuel justifie une décision plus claire. “La Banque a un seul outil et doit l’utiliser pour éviter une hausse significative de l’inflation”, précise-t-il.
En augmentant les taux, la banque vise à réduire la demande, compliquant ainsi la capacité des entreprises à répercuter ces coûts sur leurs clients. Selon Thompson, l’inflation doit être anticipée dès à présent, la croissance pourra être abordée plus tard.
Johnathan McMenamin, économiste senior chez Barrenjoey, insiste sur le fait que la Banque ne peut pas se contenter de laisser l’inflation se corriger d’elle-même. “L’inflation finit toujours par se résorber, mais elle cause des dommages aux revenus réels et aux niveaux de vie, ce qui est préjudiciable. La tâche de la banque centrale est de maintenir les attentes en matière d’inflation”, conclut-il.
Bon à Savoir
- Le taux d’inflation a fortement augmenté en raison, principalement, des coûts du carburant.
- Une hausse des taux d’intérêt vise à contenir l’inflation, même si son efficacité face aux chocs externes reste limitée.
- Les ménages avec un prêt immobilier peuvent ressentir un impact désagréable suite à ces hausses.
- Les économistes s’accordent à dire que des mesures doivent être prises rapidement pour stabiliser la situation économique.
Au regard de ces informations, une question se pose : comment trouver un équilibre entre la nécessité de maîtriser l’inflation et celle de ne pas étouffer la croissance économique ? L’art de la gestion monétaire devient ainsi un véritable casse-tête, nécessitant une réflexion approfondie sur les leviers à actionner sans compromettre le bien-être des citoyens. En somme, cette situation se révèle critique pour l’avenir économique et social, incitant à une discussion philosophique sur le rôle de l’État en temps de crise.