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Milantia Bourla Cortes

David Foenkinos - Charlotte -, Editions Gallimard (8 septembre 2014)


par Milantia Bourla Cortès
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CHARLOTTE
Editions : Gallimard
 
Après la lecture des ouvrages tels que « Le potentiel érotique de ma femme, La délicatesse, Je vais mieux etc … » qui étaient du léger, du brillant, avec une pointe de gravité, devoir passer sans transition à du lourd, très lourd, était un choc, oui un choc car je n’étais du tout pas préparée à cela.
Charlotte, tel est le titre du dernier Foenkinos, est une très forte biographie romancée en « poésie » qui retrace la vie d’une artiste écorchée vive qu’est Charlotte Salomon.
On lit ce livre comme on regarderait une fabuleuse série télévisée dont on voudrait voir tout de suite le prochain épisode.
Il y a de cela huit ans, David Foenkinos a découvert par hasard lors d’une exposition à Paris cette Charlotte Salomon. Il en est sorti totalement médusé, et de là il a voulu marcher sur ses traces pour en apprendre le plus possible sur la vie courte de cette artiste peintre méconnue du grand public.
Charlotte Salomon a laissé une caisse avec plus de 1000 gouaches et textes s’intitulant : Vie ? Ou Théâtre ? Tel est le point de départ de l’auteur, avec ce miracle d’avoir trouvé un trésor incroyable.
C’est donc tout un parcours d’enquêtes à travers l’Europe que Foenkinos a entrepris à la recherche de témoignages sur sa vie.
Comme tout auteur de biographie, Foenkinos est fasciné, voire obsédé par le destin captivant de cette femme hors du commun, sans cesse au bord de la folie avec comme instinct de survie en permanence : la musique, la peinture et le théâtre.
On part de son enfance en Allemagne où elle naquit en 1917 au sein d’une famille d’intellectuels bourgeois pour arriver à Nice en 1943.
Mais pour moi, le plus beau, le plus singulier dans ce roman est la plume de Foenkinos qu’on ne connaissait pas ainsi. Par ce style nouveau presque en poésie mais qui n’est pas poésie, on a une approche originale et prenante du récit.
Ce ne sont que des lignes de maximun soixante-treize signes qui donnent ce rythme fort et captivant.
Le fait d’aller à la ligne sans cesse allège le texte, c’est vraiment une prouesse de l’auteur de nous donner un tel tempo par ces phrases si courtes qui ne sont qu éblouissement tant par la forme que par le contenu.
Merci et bravo monsieur Foenkinos pour ce bel hommage émouvant que vous rendez à Charlotte Salomon.
 
Milantia Bourla Cortes
Septembre 2014

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