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 Pendaison de Shafik Adas, Bassorah, Irak, 1948

 

         Nous assistons en ce moment à un réveil fascinant et fort émouvant parmi les exilés juifs originaires des pays arabes. Il est clair que ces Juifs ressentent fortement leur histoire étouffée pendant tellement d'années ; ils ont à présent un message à transmettre à leurs enfants et au public en général.
Ils expriment la frustration et la colère qui s'emparent d'eux maintenant qu'ils constatent l'oubli de leur histoire et qu'ils doivent faire face à l'entreprise délibérée de réécriture tendancieuse de l'histoire du Moyen-Orient. La propagande arabe, soutenue par les Nations Unies au parti pris anti-israélien et par les médias internationaux partiaux, passe systématiquement sous silence la composante narrative juive de l'histoire du Moyen-Orient.

         Une foule de raisons engendrent que les Juifs ne se sont pas appesantis pour recueillir et consigner l'histoire de l'exode juif des pays arabes. Des neuf cent mille Juifs qui vivaient dans le monde arabe en 1945, il n'en subsiste même pas cinq mille aujourd'hui. Les réfugiés de ces états ont été dépouillés de tous leurs biens et expulsés des pays où ils résidaient depuis des générations. Nombre de ces Juifs ont été chassés de leurs foyers suite aux vagues de violences antisémies qui se sont abattues sur les pays qui étaient les leurs et au cours desquelles sont survenus des pogroms qui leur ont coûté la vie.

         Au cours des deux dernières années, le Congrès Juif Mondial a tenu deux conférences internationales, l'une à Paris, l'autre à Montréal, consacrées au triste sort des Juifs bannis des pays arabes. Nous espérons que l'impact de ces conférences et celui des dossiers et des études publiés par le CJM contribueront à favoriser et amplifier la prise de conscience de l'histoire et des problèmes de ces Juifs.

       Voici donc l'histoire méconnue du conflit israélo-arabe.
       Lorsque l'Etat d'Israël s'est constitué, deux courants de réfugiés ébranlèrent le Moyen-Orient, l'un en direction d'Israël, l'autre à partir d'Israël, suscitant un véritable échange de populations.
Toutefois, contrairement à Israël, les pays arabes recevant les réfugiés venant d'Israël n'ont jamais cherché à résoudre leur problème.
        Avec l'assistance des Nations Unies, ils ont créé l'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), l'unique agence des Nations Unies qui fonctionne en dehors de l'orbite du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
Contrairement aux efforts du Haut Commissariat - le contraste est saisissant - l'UNRWA n' a pas été conçue pour réhabiliter les réfugiés, mais plutôt pour perpétuer leur misère. Et pire : les camps de réfugiés de l'UNRWA ont servi de bases terroristes et de camps d'entraînement militaires.
En 1976, l'ambassadeur du Liban auprès des Nations Unies informait la communauté internationale que les organisations terroristes palestiniennes avaient pris le contrôle des camps de l'UNRWA au Liban. Pourtant ce fut en pure perte qu'il lança ces avertissements. En fin de compte, les terroristes palestiniens fonctionnant tel « un état au sein de l'Etat du Liban » - comme décrit par l'ambassadeur - et bénéficiant d'une assistance active de la part de la Syrie, provoquèrent l'effondrement du gouvernement central du Liban et la perte de sa souveraineté la plus élémentaire. Menaces que les camps de l'UNRWA font finalement peser sur Israël.

          Contrairement aux pays arabes où tant de réfugiés vivent aujourd'hui à l'intérieur ou à l'extérieur des camps, Israël a absorbé dans leur intégralité, les centaines de milliers de Juifs venus de ces contrées.
Ceux-ci vivent aujourd'hui dans l'Etat juif en tant que citoyens à part entière, jouissant de toutes les libertés. Cet échange de populations qui s'est effectué de facto au Moyen-Orient devrait être présenté comme l'argument majeur à opposer à la revendication arabe-palestinienne de la garantie d'un « droit au retour », appel qui revient en pratique à exiger la destruction de l'Etat d'Israël. Cette évidence a été reconnue par le président Bill Clinton, le 28 juillet 2000, peu avant l'effondrement total des pourparlers tenus à Camp David. Ce jour, dans son discours, l'ancien président des Etats-Unis observait que le problème des réfugiés au Moyen-Orient a deux faces et celui-ci inclut les Juifs des pays arabes venus en Israël parce qu'ils avaient été réduits à l'état de réfugiés dans leur propre pays.

          Le présent ouvrage de Moïse Rahmani constitue une contribution importante à la discussion de l’histoire du conflit israélo-arabe et à l’histoire des Juifs dans les pays arabes. En combinant analyses historiques et témoignages vécus, il ajoute une dimension particulière qui contribue à la compréhension de la genèse et de l’évolution du problème des réfugiés. Nous espérons fermement que ce livre permettra d’éclairer davantage ces chapitres manquants de l’histoire du conflit israélo-arabe si long et si pénible qui font l’objet d’une dénégation voulue.

Janvier 2003

Dr Avi Beker
Secrétaire Général du Congrès Juif Mondial