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Avant-propos

 

Il y a quelques années, en 2004, je publiais «  Sous le joug du Croissant, Juifs en terre d’Islam ».

Je décrivais la situation des communautés juives dans les pays islamiques arabo-musulmans et je dénonçais le mythe de cette co-existence harmonieuse en Orient opposée aux malheurs que connurent les communautés juives en Occident. Je le reprends dans une version  mise à jour.

 

La vérité n’est jamais blanche ou noire ; elle est  bien souvent grise. Maints historiens ont fait voler en éclats cette tolérance dont fit preuve l’islam. Certes les Juifs (et les Chrétiens) n’y furent pas systématiquement massacrés ou pourchassés mais il faut aussi ajouter qu’en Europe, si leur situation    n’était pas des meilleures, elle n’avait parfois rien à envier à celle des Juifs des pays arabo-musulmans.

 

Certes ils eurent des périodes fastes. Reconnaissons qu’ils les payèrent toujours cher. Au Moyen-âge, les Juifs chassés d’Espagne se réfugièrent dans l’Empire ottoman qui avait grand besoin de leur savoir, de leur habilité et de leurs capacités. Ils rendirent chaque fois, au centuple, ce qu’ils reçurent.

Ils contribuèrent au développement économique, financier et industriel des pays dont ils étaient les ressortissants, investissant et réinvestissant leurs avoirs localement.

ls furent parmi les nationalistes des pays dont ils étaient ressortissants tel James Sanua (Abu Na-dara) en Egypte, exilé par les Anglais à Paris, et d’autres, au Maroc et en Tunisie.

 

On rencontre encore parfois, de plus en plus rarement, hélas, des personnes de la génération de nos parents exprimant ce regret lancinant « Ayyam el Yahud », au temps des Juifs.

 

Je suis à chaque fois révolté lorsque j’entends un ressortissant d’un pays arabo-musulman reprocher aux Juifs : «  Pourquoi êtes-vous partis ? », méconnaissant sa propre histoire.

D’autres s’étonnent qu’il y ait eu des Juifs présents dans leur pays, ignorant aussi leur propre passé.

 

Mais comment les blâmer pour cette lacune lorsque les pouvoirs en place font tout ce qu’ils peuvent afin d’occulter cette présence, la réduire sinon la détruire en rasant les cimetières qui sont les preuves d’un établissement séculaire. Comment lutter contre cette falsification qui tend à faire des Juifs, dont la présence nous le verrons au fil de ces pages, est antérieure de mille ans à l’invasion arabe et à l’arrivée de l’islam, des « étrangers » ? Comment lutter contre cette cannibalisation d’identité, cette substitution dont le monde arabo-musulman est devenu le  spécialiste.

Au «  pourquoi nous vous avons chassés ! », s’est substitué  le « pourquoi nous avez-vous laissés ! ».

 

Ce temps des Juifs est révolu. Nous avons été chassés, exilés ou contraints au départ par des gouvernements fanatiques et antisémites et ces pays, jadis prospères, font hélas partie, aujourd’hui, du monde en voie de développement. A part quelques personnes esseulées, trop vieilles ou trop malades pour bouger, témoins silencieux d’un passé millénaire et gardiens d’un cimetière désaffecté et en attente de destruction, il n’y a plus de « Yahud » en terre d’islam.

 

La vérité est cruciale pour l’être humain. Bâtir son histoire, son passé sur un mensonge c’est cons-truire sur du sable. Seule la vérité permet à l’homme  de se forger et d’avancer.

 

La paix entre Juifs et Arabes n’interviendra que lorsque la vérité chassera le mensonge. De la vérité, sortira la justice. La justice amènera à la réconciliation et la réconciliation aboutira enfin à la paix.

 

Puisse ce travail y contribuer.