La saga des Camondo, de l'Inquisition espagnole au génocide nazi
en passant par le ghetto de Venise et les palais de Constantinople, n'est
pas seulement un récit historique retraçant l'épopée
de ces grands seigneurs séfarades. C'est aussi une méditation
sur la solitude d'un homme abandonné par sa femme, inconsolé
de la mort de son fils, qui consacra sa vie et sa Fortune à reconstituer
au coeur de la plaine Monceau une demeure aristocratique du XVIIIè
siècle, laissant à la France le plus éclatant témoignage
d'un monde disparu et transmettant malgré tout le nom des siens
à la postérité. Avait-il l'intuition qu'il serait
le dernier représentant de sa dynastie ? C'était son mystère
et son secret. Il en a laissé l'empreinte sur sa maison.
Pierre Assouline est journaliste et écrivain. Directeur de la rédaction de Lire, il a publié une quinzaine de livres, notamment des biographies.
Leur nom est synonyme de haute finance - ils sont les bailleurs de fonds de la cour ottomane avant de devenir d'importants banquiers parisiens -, mais les Camondo furent également réputés pour leur action philanthropique et, surtout, pour leur rôle de mécènes.
Isaac, ami des impressionnistes, léguera en effet au musée du Louvre pas moins de cinquante chefs-d'oeuvre de Degas, Monet, Manet, notamment, qui constitueront l'une des plus importantes donations privées jamais reçues par ce musée. C'est à sa générosité que l'on devra la construction d'un des hauts lieux parisiens de la musique lyrique : le théâtre des Champs-Elysées. Son cousin Moïse créera quant à? lui l'extraordinaire musée Nissim-de-Camondo, tout entier consacré à l'art du XVIIIe siècle.
Pourtant, un mystère pèse sur l'histoire des Camondo. Pourquoi ont-ils sombré dans l'oubli ? Comment expliquer que leur nom, autrefois si prestigieux, soit aujourd'hui tombé en déshérence Les auteurs de cette passionnante saga placée sous le signe permanent du tragique et où se mêlent intrigues politiques et financières résolvent avec brio "1'énigme Camondo", alliant, pour le plus grand plaisir des lecteurs, l'art de la narration à la rigueur de l'approche historique.
Nora Seni, née en 1950, est maître de conférences à l'Institut français d'urbanisme de l'université Paris-VIII écrivain et réalisatrice de documentaires.
Sophie Le Tarnec, née en 1956, est documentaliste au musée Nissim-de-Camnondo.