Photo : Shokhrukh Haidarov
Entre 2026 et 2027, l’Ouzbékistan prévoit la réalisation de 5000 projets entrepreneuriaux, représentant un montant total de 4 trillions de soums. Les entreprises pourront bénéficier de crédits à taux réduits, de compensations, de refinancements et de garanties.
Le président ouzbek, Shavkat Mirziyoev, a signé le 26 septembre un décret portant sur des mesures de soutien aux entrepreneurs, s’appuyant sur de nouvelles approches.
Ce document vise à réaliser 5000 projets entrepreneuriaux d’ici 2026-2027. Un soutien financier de 4 trillions de soums sera accordé par la « Compagnie de développement de l’entrepreneuriat ».
À partir du 1er novembre, plusieurs nouveaux outils de soutien financier entreront en vigueur :
- Crédits pouvant atteindre 10 milliards de soums par le biais des banques pour des projets de production et de services, tant en monnaie nationale qu’en devises étrangères.
- Refinancement de microprojets pour les petites entreprises jusqu’à 500 millions de soums, avec un taux réduit à 6 %, mais ne dépassant pas 4 points de pourcentage au-dessus du taux directeur de la banque centrale (actuellement de 14 %). Condition : le projet doit générer au moins cinq nouveaux emplois et fonctionner depuis plus d’un an avec deux employés.
À partir du 1er décembre, la société fournira des garanties et des cautions :
- Pour les grandes entreprises, jusqu’à 10 milliards de soums (ne dépassant pas 50 % du montant du crédit/du leasing) ;
- Pour les projets « verts » ou de grande envergure, selon les décisions du conseil de surveillance ;
- Pour les entrepreneurs ayant une bonne histoire de crédit, avec une augmentation de la garantie d’un facteur de 1,5 ;
- Pour combler un manque de garanties.
Une société anonyme distincte sera également créée pour gérer ces garanties.
À partir du 1er janvier 2026, un mécanisme de compensation par refinancement des crédits sera introduit pour les entrepreneurs dans des zones éloignées :
- Jusqu’à 1,5 milliard de soums pour les petites entreprises ;
- Jusqu’à 5 milliards de soums pour les moyennes entreprises à un taux ne dépassant pas 4 points de pourcentage au-dessus du taux directeur de la banque centrale.
Le refinancement est conditionné à la présence au sein de l’équipe d’au moins :
- 5 membres de familles inscrites au Registre des familles pauvres pour un taux allant jusqu’à 2 % ;
- 10 membres pour un taux allant jusqu’à 4 % ;
- 20 membres pour un taux jusqu’à 6 %.
Si l’effectif de l’entreprise répond à ces critères pendant l’année, le refinancement se poursuit ; en cas de réduction de l’effectif, le taux d’intérêt sera aligné sur le taux du marché.
Si des travailleurs sont exclus du Registre des familles pauvres grâce à leur embauche dans l’entreprise, le mécanisme de refinancement sera maintenu.
La société émettra des obligations d’une valeur de 500 milliards de soums entre 2026 et 2028. De plus, elle bénéficiera de prêts budgétaires annuels atteignant jusqu’à 300 milliards de soums sur une période de 7 ans, à un taux inférieur de 2 points de pourcentage par rapport au taux directeur de la banque centrale. Les bénéfices de la société pour les années 2024-2026 resteront à sa disposition.
Bon à Savoir
- Le soutien financier est ajusté pour favoriser le développement des entreprises dans les régions défavorisées.
- Le refinancement est conçu pour encourager la création d’emplois tout en intégrant des familles économiquement vulnérables.
- L’intervention de la « Compagnie de développement de l’entrepreneuriat » vise à réduire les inégalités économiques à travers des mesures ciblées.
- La création d’une entité séparée pour les garanties pourrait améliorer l’efficacité du soutien aux entrepreneurs.
D’une manière plus large, ces initiatives soulèvent des questions sur la nature du soutien gouvernemental dans le développement économique. Alors que le besoin d’un soutien structurel est indéniable, il est essentiel de se demander comment équilibrer la nécessité d’une aide avec les impératifs de l’auto-suffisance et de la compétitivité sur un marché global. Le défi sera de s’assurer que ces mesures ne créent pas de dépendance, mais qu’elles établissent plutôt un socle solide pour un entrepreneuriat durable et innovant.