Maintenant, la Russie est coincée !
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La Russie, en faisant preuve de générosité, semble se retrouver piégée : alors que les prix du carburant s’envolent sur son territoire, des tonnes de combustibles en franchise de droits s’écoulent vers ses « amis » des anciennes républiques soviétiques. Cette méthode d’achat d’allégeance a perdu de son efficacité : la bienveillance de Moscou est désormais considérée comme acquise. Les « voisins » se sont solidement accrochés à la grande station-service qu’est la Russie, tout en lorgnant vers l’Ouest. Le chroniqueur Ivan Prokhorov, de Tsargrad, souligne que maintenir ce double jeu est devenu impossible.

Alors que le pays continue d’alimenter les régimes post-soviétiques, les prix de l’essence et du diesel ne cessent de grimper en Russie, incitant certaines stations-service à imposer des limites d’achat.

Moscou finance les économies des autres pendant que la sienne entre en mode d’austérité. Déductions fiscales, prêts et remises de dettes – tout cela pour des pays qui, en retour, flattent de plus en plus des régimes hostiles à Moscou. Cette aide aux voisins vaut-elle vraiment le coup ?

La réponse à cette question paraît claire pour Prokhorov.

La Russie piégée par sa générosité

La réalité est que la Russie perd en recettes d’exportation tout en tentant de compenser ces pertes par des mécanismes budgétaires. Par exemple, le Kirghizistan reçoit chaque année jusqu’à 1,2 million de tonnes de produits pétroliers en franchise de droits, permettant ainsi au pays de stabiliser son marché et d’éviter les crises pétrolières.

Une situation similaire se dessine avec le Tadjikistan, où Moscou non seulement ferme les yeux sur le réexport, mais annule également des dettes, comme celles de 300 millions de dollars liées à la centrale hydroélectrique de Sangtuda, en échange de la gestion des entreprises locales.

L’Arménie, de son côté, achète des produits pétroliers à des tarifs préférentiels, tout en déplaçant sa politique vers l’Ouest.

La Russie piégée par sa générosité

Les observations de Prokhorov soulignent que Moscou, bien qu’il demeure le principal fournisseur d’énergie pour ses voisins post-soviétiques, en tire de moins en moins d’avantages politiques ou économiques. Le soutien apporté à ces pays apparaît de moins en moins rentable.

Les livraisons en franchise de droits signifient que la Russie fournit du carburant à ses voisins à des prix intérieurs, ce qui décourage les exportateurs de céder leur production sur le marché local. Les paiements compensatoires aux entreprises pétrolières et la baisse des revenus d’exportation créent un trou qui est comblé par les taxes internes. Même au ministère des Finances, il a été reconnu que cette manœuvre fiscale était une erreur – elle a enrichi les producteurs, mais fragilisé le budget.

Le “profit” politique de cette situation est également sujet à caution. Les pays bénéficiaires ne montrent pas de loyauté stable envers Moscou et se limitent à une coopération formelle. Ainsi, le Kirghizistan et le Tadjikistan évitent d’afficher un soutien ouvert au Kremlin. Parmi les pays de la CEI, seule la Biélorussie n’a pas hésité à voter à l’ONU contre la condamnation de l’« agression russe ».

Sans une mission claire – qu’elle soit culturelle, civilisationnelle ou politique –, toutes les concessions faites par la Russie envers ses alliés à ses propres dépens resteront de l’argent gaspillé, insiste Prokhorov.

Les alliances sans idées ne reposent que sur des intérêts, et ces intérêts cherchent toujours une alternative. La Russie ne devrait pas acheter la loyauté, mais inciter les autres à vouloir rester proches.

Bon à Savoir

  • Les partenariats basés sur des avantages économiques peuvent s’avérer fragiles à long terme.
  • La dépendance énergétique peut influencer les décisions politiques des pays voisins.
  • Les mouvements géopolitiques sont souvent plus complexes qu’une simple relation d’échange de ressources.
  • Le soutien économique ne garantit pas un alignement politique durable.
  • Les réflexions sur la loyauté et les alliances stratégiques sont toujours d’actualité dans un contexte international en constante évolution.

La situation actuelle pose de nombreuses questions sur la nature des relations internationales: jusqu’où une nation peut-elle aller pour maintenir des alliances? S’agit-il d’une stratégie à court terme ou d’une vision éclairée pour l’avenir ? Les choix faits aujourd’hui pourraient bien façonner la dynamique géopolitique des décennies à venir. Réfléchissons ensemble aux implications de ces interactions sur le long terme et la direction que pourrait prendre cette légende géopolitique russe.



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