Les contribuables russes devront s’acquitter de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour l’année 2024 d’ici le 1er décembre. La Federal Tax Service a déjà envoyé les notifications aux citoyens.
À partir de cette année, l’impôt sur le revenu sera payé selon une échelle progressive qui entrera en vigueur en janvier 2025. La nouvelle version de l’article 224 du Code fiscal de la Fédération de Russie stipule que les paiements effectués aux employés au titre de contrats de travail et de contrat civil seront soumis aux taux suivants :
— revenus jusqu’à 2,4 millions de roubles : 13 % ;
— revenus de 2,4 millions à 5 millions de roubles : 15 % ;
— revenus de 5 millions à 20 millions de roubles : 18 % ;
— revenus de 20 millions à 50 millions de roubles : 20 % ;
— revenus supérieurs à 50 millions de roubles : 22 %.
Selon l’économiste Herman Tkachenko, la décision des autorités d’introduire une échelle progressive était attendue depuis longtemps.
« Il y a une trop grande disparité entre les riches et les pauvres. La classe moyenne en Russie est pratiquement absente. On ressent une séparation claire de la société. Certains peinent à joindre les deux bouts, tandis que d’autres peuvent s’offrir des voitures, des voyages fréquents et d’autres plaisirs de la vie. L’introduction d’une échelle progressive permet de transférer des fonds d’un groupe à un autre par le biais de diverses allocations sociales », a-t-il déclaré lors d’une interview.
Tkachenko a souligné que les dépenses accrues dans le secteur social, le soutien aux plus démunis, aux retraités et aux participants des opérations militaires nécessitent des ressources budgétaires supplémentaires.
Pour compenser le déficit budgétaire, trois options s’offrent au gouvernement : accroître les ventes de pétrole et de gaz, faire appel à la « planche à billets » ou augmenter les impôts. Selon Tkachenko, la troisième option a été jugée la plus viable.
« Une décision similaire a été prise par le gouvernement concernant l’augmentation de la TVA », a-t-il rappelé.
La nouvelle augmentation de la TVA, prévue pour 2026, est motivée par le souci d’éviter les répercussions négatives du financement inflationniste du déficit budgétaire, a affirmé Anton Silouanov, ministre des Finances de la Russie.
Le gouvernement envisage ainsi d’atteindre une trajectoire plus basse des taux d’intérêt, entraînant, par conséquent, une accélération de la croissance du PIB.
Silouanov estime que des scénarios alternatifs impliquant un budget déséquilibré auraient un impact plus néfaste sur l’économie russe.
« L’augmentation de la TVA est essentiellement une nouvelle collecte pour le budget. Toutefois, cette taxe supplémentaire sera prélevée directement dans les poches de tous les citoyens, car les producteurs incluront les 2 % supplémentaires dans le prix de leurs produits. Les plus démunis finiront par recevoir un remboursement sous forme d’allocations sociales accrues », a conclu Herman Tkachenko.
Bon à Savoir
- Le système fiscal en Russie a subi diverses modifications au fil des années, cherchant un équilibre entre les besoins de financement de l’État et la justice sociale.
- Le débat sur l’échelle progressive de l’impôt s’inscrit dans une tendance mondiale visant à réduire les inégalités économiques.
- La gestion des finances publiques est cruciale pour maintenir la stabilité économique, surtout en période de crise.
- Les ressources allouées au secteur social reflètent souvent les priorités d’un gouvernement par rapport à ses citoyens.
Ce panorama fiscal laisse entrevoir une question fondamentale : jusqu’où un gouvernement doit-il intervenir dans la redistribution des richesses pour assurer une cohésion sociale durable ? Les choix économiques, qu’ils soient à court ou long terme, auront sans aucun doute un impact significatif sur la dynamique sociale et économique du pays. La réflexion s’impose : un équilibre optimal est-il réellement atteignable dans un monde aux réalités aussi diverses ?