Les prix des denrées alimentaires au Royaume-Uni pourraient continuer à augmenter si le chancelier décide de relever les taxes sur les supermarchés lors du prochain budget, met en garde l’industrie.
Les dirigeants de grandes enseignes, dont Tesco, Asda, Sainsbury’s et Morrisons, ont adressé une lettre à Rachel Reeves soulignant que les ménages ressentiraient “inévitablement l’impact” de potentielles hausses fiscales dans le secteur.
« Si l’industrie fait face à des taxes plus élevées dans le prochain budget – comme l’inclusion dans la nouvelle surtaxe sur les impôts locaux – notre capacité à offrir de la valeur à nos clients deviendra encore plus difficile, et ce sont les ménages qui en subiront les conséquences », écrivent-ils dans leur lettre conjointe.
« Compte tenu des coûts actuellement supportés par l’industrie, y compris ceux liés au dernier budget, une inflation alimentaire élevée est susceptible de perdurer jusqu’en 2026. Cela n’est pas souhaitable dans le cadre du budget », ajoutent-ils.
La pression monte sur le chancelier pour qu’il augmente les taxes lors du budget prévu le 26 novembre, dans le but de combler un déficit des finances publiques.
Les supermarchés se sont plaints d’avoir subi de lourdes conséquences lors du dernier budget, lorsque Reeves a annoncé une augmentation de 25 milliards de livres sterling des cotisations à l’assurance nationale des employeurs ainsi qu’une hausse de 6,7 % du “salaire minimum national”, mesures qui ont pris effet en avril dernier.
Le British Retail Consortium (BRC) a exprimé des inquiétudes quant à la possibilité que les grands magasins fassent face à des factures fiscales encore plus élevées si leur valeur locative dépasse 500 000 livres sterling.
Helen Dickinson, PDG du BRC, a déclaré que l’exemption des supermarchés de cette surtaxe serait bénéfique pour maîtriser l’inflation alimentaire.
« Le chancelier a à juste titre fait de la lutte contre l’inflation sa priorité, et avec une inflation alimentaire obstinément élevée, maintenir le fardeau fiscal du secteur de la vente au détail le plus bas possible serait l’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir », a-t-elle affirmé.
« Cela ne coûterait pas un centime au contribuable, car de grands complexes de bureaux et des usines, pour qui les impôts locaux représentent une part moins importante de leurs coûts, pourraient supporter une petite augmentation. »
Les données officielles montrent que l’inflation au Royaume-Uni est restée stable le mois dernier à 3,8 %, avec un léger recul de l’inflation alimentaire annuelle, tombant de 5,1 % en août à 4,5 % en septembre. C’est la première fois que ce taux ralentit depuis mars.
Cependant, l’effet cumulatif signifie que les factures d’épicerie sont désormais beaucoup plus élevées par rapport à quelques années auparavant.
La lettre, signée également par des dirigeants d’Aldi, Lidl, Marks & Spencer, Waitrose et Iceland, souligne que réduire “le fardeau fiscal disproportionné du secteur de la vente au détail enverrait un signal fort de soutien à l’industrie et de l’engagement du gouvernement à lutter contre l’inflation alimentaire”.
Un porte-parole du Trésor a déclaré : « Lutter contre l’inflation alimentaire est une priorité, c’est pourquoi nous augmentons les revenus par une hausse du salaire minimum national, réduisons les impôts locaux pour les bouchers, boulangers et autres commerces, et restons fidèles à nos règles fiscales pour ramener l’inflation à la baisse. »
Il est donc compris que le gouvernement estime que même si la valeur locative d’un bien augmente, le fonctionnement actuel du système pourrait permettre à sa facture de diminuer.
Bon à Savoir
- Le surcroît d’impôts sur les supermarchés pourrait influencer les décisions d’achat des consommateurs.
- Une surtaxe sur les grands détaillants pourrait affecter négativement leur compétitivité.
- L’inflation alimentaire affecte particulièrement les ménages à revenu modeste.
- La politique fiscale du gouvernement pourrait évoluer en réponse aux préoccupations exprimées par l’industrie.
- Les fluctuations des prix alimentaires sont souvent liées à des facteurs extérieurs, comme le climat ou les conflits internationaux.
Ce contexte dévoile une réalité économique complexe où les décisions fiscales sont mises en balance avec la nécessité d’assurer le bien-être des ménages. Alors que la question de l’inflation alimentaire demeure au cœur des préoccupations publiques, il est essentiel de s’interroger sur le rôle de l’État dans la régulation des marchés et l’accompagnement des citoyens face à des incertitudes économiques croissantes. Une réflexion sur l’interdépendance entre fiscalité, consommation et responsabilité sociale s’avère ainsi riche en enjeux, incitant chacun à envisager des solutions durables et équitables pour l’avenir.