Coût de 6 milliards par an pour résoudre la crise du chômage au Royaume-Uni, selon un rapport
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Un rapport gouvernemental de premier plan met en évidence la nécessité pour les entreprises britanniques d’investir jusqu’à 6 milliards de livres sterling par an afin de soutenir leurs employés face à la crise liée à l’absentéisme pour des raisons de santé. Charlie Mayfield, ancien président de John Lewis, qui a dirigé cette évaluation, a insisté sur l’importance d’un rôle central des entreprises pour lutter contre l’augmentation alarmante des problèmes de santé qui poussent des millions de personnes hors du marché du travail.

Mayfield a souligné qu’un élargissement significatif des services de santé au travail était essentiel pour éviter que des centaines de milliers de travailleurs ne soient évincés chaque année. « Nous devons radicalement revoir la gestion de la santé en milieu professionnel », a-t-il déclaré. « Nous faisons face à un changement fondamental, passant d’une approche où la santé est considérée comme une responsabilité individuelle à une véritable collaboration entre employeurs, employés et services de santé. »

Le rapport évoque une hausse inquiétante des adultes en âge de travailler exclus du marché de l’emploi en raison de problèmes de santé, avec une incidence marquée parmi les jeunes adultes. Actuellement, environ un adulte actif sur cinq, soit plus de 9 millions, est classé comme « économiquement inactif », avec près de 3 millions d’entre eux en raison de maladies de longue durée, le niveau le plus élevé jamais enregistré.

Mayfield estime que le coût total de cette « crise silencieuse mais urgente » pour l’économie britannique pourrait atteindre 85 milliards de livres sterling par an. Les ministres s’inquiètent d’une augmentation des dépenses liées au soutien à la santé, jugée « insoutenable » pour l’État. Néanmoins, le rapport suggère que ces coûts pourraient être réduits grâce à un système de soutien en milieu de travail amélioré, permettant aux individus de rester dans l’emploi.

Une approche partagée entre employeurs, employés et gouvernement est proposée pour diminuer l’absentéisme, faciliter le retour au travail et augmenter le taux d’emploi des personnes handicapées. Selon le rapport, la mise en œuvre de ces recommandations pourrait générer un bénéfice économique allant jusqu’à 18 milliards de livres par an.

Le gouvernement a annoncé que plus de 60 entreprises, dont des noms connus comme British Airways, Nando’s et Tesco, participeraient à un programme pilote durant les trois prochaines années, visant à adopter des approches renforcées en matière de santé au travail. Ce programme devrait également impliquer des maires régionaux et de nombreuses petites entreprises.

Inviter les entreprises à adopter une approche plus proactive pourrait néanmoins soulever des débats, notamment à un moment où les groupes d’entreprises s’alarment face aux nouvelles politiques fiscales du gouvernement qui compliquent le recrutement. Mayfield a reconnu le contexte difficile dans lequel se trouvent les entreprises, mais a ajouté qu’un investissement dans la santé des employés serait bénéfique, tant pour les entreprises que pour l’économie dans son ensemble.

Le rapport préconise une dépense d’environ 5 à 15 £ par employé et par mois pour améliorer les niveaux de santé au travail, représentant un coût global d’environ 6 milliards £ sur l’ensemble de l’économie. Mayfield envisage que ces initiatives de santé au travail soient certifiées par le gouvernement et intégrées à l’application NHS, ce qui pourrait simplifier les procédures liées aux arrêts de travail pour raisons de santé.

Bon à Savoir

  • Plus de 60 entreprises participeront à des programmes pilotes sur la santé au travail.
  • Le rapport recommande une collaboration entre employeurs et employés pour une meilleure gestion de la santé en entreprise.
  • Le coût potentiel de l’absentéisme pour des raisons de santé est estimé à 85 milliards de livres par an.
  • Le soutien à la santé au travail pourrait être reconnu et intégré au système de santé publique.
  • Des incitations fiscales pourraient être envisagées pour encourager les investissements des entreprises dans la santé des employés.

La question de la santé au travail pose des enjeux profonds qui vont bien au-delà de la simple gestion des ressources humaines. Si nous souhaitons véritablement construire un avenir où chaque individu peut contribuer pleinement à son environnement professionnel, une réforme structurelle est essentielle. L’idée n’est pas seulement d’augmenter les bénéfices économiques, mais aussi de bâtir une société où la santé physique et mentale est un pilier fondamental de la productivité et du bien-être collectif. C’est ici que se joue le véritable défi, à savoir transformer la perception de la santé en entreprise d’une charge en un atout stratégique que chacun, à son niveau, serait prêt à défendre et à promouvoir.



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