La Banque d’Angleterre anticipe que le budget de Rachel Reeves entraînera une réduction du taux d’inflation au Royaume-Uni allant jusqu’à 0,5 point de pourcentage l’année prochaine. Ce constat fait suite à l’analyse préliminaire de Clare Lombardelli, une des directrices de la Banque centrale, qui a souligné que les nouvelles mesures pourraient diminuer le taux d’inflation annuel de 0,4 à 0,5 point pendant un an à partir de la mi-2026.
Dans son budget, Reeves a placé la lutte contre l’inflation au cœur de ses priorités, tout en proposant un vaste plan de hausses d’impôts de 26 milliards de livres destiné à combler des lacunes dans les finances publiques et à abroger la politique des allocations pour deux enfants.
Parmi ses mesures d’allègement pour le coût de la vie, on trouve la suppression des subventions écologiques sur les factures d’énergie des ménages et le gel des tarifs ferroviaires. Les taxes sur les factures d’énergie seront désormais financées par la fiscalité générale, ce qui pourrait permettre une réduction moyenne des factures de 150 livres par an à compter d’avril prochain.
Selon cette évaluation préliminaire, qui coïncide avec les prédictions de l’Office des responsabilités budgétaires présentées lors de la déclaration de Reeves, la majeure partie de la baisse de l’inflation résulte des mesures liées aux factures d’énergie et du gel des taxes sur les carburants.
Il est largement attendu que la Banque d’Angleterre procède à une baisse des taux d’intérêt lors de sa réunion politique jeudi prochain. Les marchés financiers anticipent une diminution des coûts d’emprunt, passant de 4 % à 3,75 %, marquant ainsi la sixième réduction depuis le pic récent de 5,25 % atteint l’année dernière.
Lombardelli, membre du comité de politique monétaire, a affirmé que la Banque tiendrait compte des mesures budgétaires de Reeves, tout en précisant que les perspectives d’inflation à long terme doivent aussi être considérées.
Bien que les mesures de Reeves aient un impact à court terme sur la baisse de l’inflation, d’autres mesures gouvernementales pourraient entraîner une augmentation du taux à l’avenir. Les chefs d’entreprise ont fait état de coûts d’emploi plus élevés dus à la hausse du salaire minimum et à un renforcement des droits des travailleurs, ce qui pourrait les inciter à majorer leurs prix.
« C’est une nouvelle information que le comité prendra en compte », a déclaré Lombardelli concernant le budget. « Nous devons considérer comment les impacts à court terme peuvent perturber l’inflation. » Elle a souligné que les opinions au sein du comité pourraient diverger sur l’importance de ces impacts, mais a suggéré qu’une réduction à court terme du taux d’inflation pourrait atténuer les pressions inflationnistes futures en influençant les attentes salariales et les prix.
« L’expérience des gens face à l’inflation modifie leur manière de réagir », a-t-elle ajouté. « L’énergie est un exemple particulièrement parlant. Ces réductions de coûts sont très visibles. »
Tandis que les mesures du chancelier visent à réduire les factures, d’autres coûts devraient bientôt être ajoutés pour couvrir les 28 milliards de livres de dépenses liées aux réseaux de gaz et d’électricité de la Grande-Bretagne, approuvées par le régulateur Ofgem la semaine dernière.
Après avoir atteint un pic de plus de 11 % fin 2022, l’inflation a ralenti mais a recommencé à accélérer cette année en raison d’une hausse des prix des aliments, des coûts énergétiques, des factures de services publics et des augmentations fiscales mises à la charge des consommateurs. Bien que le taux ait chuté à 3,6 % en octobre, il reste au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque. Celle-ci a déjà indiqué que l’inflation avait probablement atteint son maximum à 3,8 % cet été et a suggéré qu’elle pourrait tomber à environ 2,5 % l’année prochaine.
Bon à Savoir
- Le taux d’inflation au Royaume-Uni est régulièrement surveillé par la Banque d’Angleterre et influence les décisions économiques.
- Les subventions écologiques sont souvent un sujet de débat concernant leur impact sur les factures d’énergie.
- Le gel des tarifs ferroviaires est une initiative de soutien pour les consommateurs face à la hausse du coût de la vie.
- Les prévisions d’inflation dépendent de multiples facteurs, y compris les prix des matières premières et la politique gouvernementale.
- Les impacts à long terme des augmentations salariales et des droits des travailleurs sur les coûts restent à évaluer.
Cette analyse des fluctuations économiques remet en lumière la complexité des défis auxquels font face les décideurs. Dans un monde en constante évolution, les mesures à court terme peuvent parfois masquer des effets à long terme qui peuvent être tout aussi déterminants. L’équilibre entre l’intervention directe et la gestion des anticipations économiques demeure un enjeu fondamental pour le bien-être collectif. Un dialogue ouvert sur ces questions pourrait conduire à des solutions plus durables et acceptables. Comment le Royaume-Uni naviguera-t-il dans ce paysage complexe ?