Les économistes en tête exigent un arrêt des remboursements de la dette du Sri Lanka après le cyclone Ditwah !
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Un groupe d’éminents économistes mondiaux, parmi lesquels le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz, a appelé à la suspension des paiements de la dette du Sri Lanka alors que le pays fait face aux conséquences dévastatrices du cyclone Ditwah.

La catastrophe a fait plus de 600 morts et détruit des centaines de milliers d’habitations à travers l’île. Le président sri-lankais, Anura Kumara Dissanayake, a qualifié cet événement de « plus grande et complexe catastrophe naturelle de notre histoire ».

Après avoir restructuré sa dette nationale de 9 milliards de dollars (6,8 milliards de livres sterling) l’année dernière, suite à de longues négociations avec les créanciers, le gouvernement avait déjà été contraint de faire défaut sur ses remboursements en 2022. Cependant, les défenseurs du développement avaient déjà averti que le fardeau sur les contribuables sri-lankais restait insoutenable.

Avant le cyclone, les remboursements annuels étaient prévus à 25% des revenus du gouvernement, un niveau élevé par rapport aux normes internationales et historiques.

Dans une déclaration, ce groupe de 120 experts a plaidé pour une nouvelle restructuration de la dette afin de rétablir des paiements à un niveau gérable, compte tenu de l’ampleur des destructions environnementales.

Parmi les signataires, on trouve Jayati Ghosh, économiste du développement renommée à l’Université du Massachusetts Amherst, l’expert en inégalités Thomas Piketty, l’ancien ministre argentin de l’économie Martín Guzmán, et Kate Raworth, l’auteure du livre « Doughnut Economics », qui traite du capitalisme et de l’environnement.

« Le Sri Lanka fait face à un choc économique sévère provoqué par le cyclone récent, des inondations généralisées et des glissements de terrain, causant des dommages importants aux infrastructures, aux moyens de subsistance et aux secteurs clés de l’économie », ont déclaré ces experts.

« Cette urgence environnementale risque de dépasser la marge budgétaire extrêmement limitée créée par le plan de restructuration de la dette actuel. De nouvelles dettes externes sont déjà contractées auprès du Fonds monétaire international (FMI), et il est probable que d’autres prêts soient nécessaires pour faire face aux impacts de ce désastre. »

Ils ont demandé la « suspension immédiate des paiements de la dette souveraine externe du Sri Lanka et une nouvelle restructuration qui rétablisse la viabilité de la dette dans les nouvelles circonstances ».

Des recherches menées par le groupe de campagne Debt Justice ont révélé qu’après l’accord de restructuration de la dette de 2024, qui avait impliqué certains investisseurs acceptant une réduction des paiements, les créanciers du secteur privé étaient toujours en bonne voie pour réaliser 40% de bénéfice en prêtant au Sri Lanka par rapport au gouvernement américain.

Depuis le cyclone, le gouvernement sri-lankais a sollicité un prêt d’urgence de 200 millions de dollars du FMI pour surmonter la crise immédiate, mais les versements dans le cadre de cet « instrument de financement rapide » doivent généralement être remboursés dans un délai de trois à cinq ans.

Des scientifiques de World Weather Attribution, un consortium d’experts climatiques, ont constaté que le réchauffement climatique avait probablement aggravé la gravité des inondations au Sri Lanka, ainsi que dans d’autres pays asiatiques, dont l’Indonésie et la Malaisie, qui ont également été durement touchés récemment.

Bon à Savoir

  • Le cyclone Ditwah est qualifié par le président du Sri Lanka de catastrophe historique.
  • La restructuration de la dette du Sri Lanka a eu lieu à la suite d’un défaut en 2022.
  • Les paiements de la dette devraient encore augmenter en raison des nouvelles conditions environnementales.
  • Des économistes renommés appellent à une suspension des paiements pour assouplir la charge budgétaire.
  • Le FMI joue un rôle crucial dans l’octroi de prêts d’urgence.

Cette situation complexe soulève questions sur la manière dont les nations peuvent naviguer entre les obligations financières et la nécessité de répondre aux urgences environnementales. Il est essentiel de réfléchir à des modèles économiques soutenables qui prennent en compte non seulement les besoins financiers, mais aussi la résilience écologique. Comment les gouvernements peuvent-ils mieux se préparer à de telles catastrophes tout en maintenant une santé économique ? La réflexion sur ces enjeux pourrait éclairer les futures politiques économiques mondiales.



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