Certaines choses semblent simplement indestructibles. Peut-être que dans cinq milliards d’années, lorsque le Soleil deviendra une géante rouge et engloutira notre système solaire, le Karma Revero aura finalement cessé d’exister. Mais ne misez pas là-dessus.
Le Revero est la version modernisée du Fisker Karma, lancé en 2012 avant de disparaître rapidement du marché, lorsque son fabricant, Fisker Automotive, a fait faillite en 2013. Ce fût un échec retentissant. « Aucune initiative de véhicules électriques soutenue par Washington n’a semblé aussi désastreuse que celle de Fisker, qui avait reçu un prêt fédéral de 529 millions de dollars en 2009 » avait rapporté le New York Times. Deux ans après, après des défaillances dans les objectifs de production, le Département de l’Énergie a suspendu les prêts. De manière étrange, cela signifie que tous les Américains ont indirectement investi dans Fisker.
Une résilience inexorable
À ce stade, l’histoire du Karma s’est éloignée de celle de l’ascension et de la chute de Henrik Fisker. Des rebondissements ont permis au modèle de se transformer d’une série à une véritable marque, et la voiture qui autrefois était le Fisker Karma porte maintenant le nom de Karma Revero.
Karma Automotive est basé à Irvine, en Californie, tandis que sa production se situe plus à l’est, dans ce que les Californiens appellent l’Inland Empire. L’usine n’est pas loin du Perris Auto Speedway, un circuit où des véhicules de tous types roulent régulièrement. Même si le Karma n’est pas le véhicule le plus courant du coin, il reste néanmoins assez rare.
Au fil du temps, le design du Karma a évolué tout en conservant son essence, fruit d’une époque marquée par les débuts de l’administration Obama. Il est volumineux, avec des lignes distinctives, et conserve un attrait exotique qui attire les regards à chaque coin de rue. Il se démarque toujours sur la route.
Sous l’égide de BMW
La nature même du Karma est assez familière. Il reste, fondamentalement, un véhicule électrique à autonomie prolongée, dans lequel un moteur à essence recharge une batterie alimentant deux moteurs électriques à l’arrière. Il peut également être rechargé via une prise, semblable au Chevrolet Volt et au BMW i3 REX, sans connexion mécanique entre le moteur et les roues arrière.
L’ancien Fisker Karma était équipé d’un moteur quatre cylindres en ligne de 2,0 litres. Le Karma Revero, quant à lui, est doté d’un moteur turbo de trois cylindres de 1,5 litre, développant 228 CV, semblable à celui du BMW i8. En 2021, il a été rapporté que le Revero atteignait 540 CV avec un couple de 745 Nm.
Il est à noter que sa version précédente, le Karma GS-6, a été critiquée pour son espace limité à l’arrière et son coffre restreint. Se déplacer avec quatre personnes nécessite donc d’être léger.
Sur les routes de Californie
Dans cet esprit, j’ai pris la route depuis ma ville natale, Santa Barbara, pour remonter vers Calistoga, parcourant près de 640 kilomètres. La majorité du trajet s’est faite sur l’autoroute 101, avec une pause pour recharger le véhicule à Gilroy, célèbre pour son ail et ses burgers In-N-Out. Un vrai voyage californien.
Karma annonce une autonomie de 128 km avec la batterie de 24 kWh. En conditions réelles, j’ai réussi à parcourir entre 72 et 80 km à une vitesse de croisière de 112 à 128 km/h en mode totalement électrique. Le passage en mode de rendement se fait en douceur, le moteur à essence s’activant sans heurt.
Le Revero a une empattement de 3,16 m, ce qui lui permet de surmonter aisément les irrégularités de la route, même avec ses grandes roues de 21 pouces. En comparaison, il est presque 20 cm plus long que la berline Lucid Air, qui est déjà imposante.
L’intérieur du Revero est confortable, bien que daté de 2012. La console centrale est spacieuse, mais le volant est bien conçu avec des contrôles ajustables, offrant une expérience de conduite soignée. Sa maniabilité est agréable, bien qu’il ne prétende pas égaler celle d’une berline sportive.
Un des atouts majeurs du Revero est l’attention qu’il suscite. Même dans des lieux comme Gilroy, des passants viennent poser des questions, tous intrigués par son allure unique, malgré le fait qu’ils ne le reconnaissent pas en tant que tel.
Le Revero est performant. Il a été chronométré pour passer de 0 à 100 km/h en 4,1 secondes, et il peut terminer le quart de mile à 183 km/h. C’est un véhicule qui, bien que moins rapide que certains modèles électriques, conserve un intérêt certain.
Les qualités du Revero sont frappantes. C’est un véhicule audacieux, un choix affirmé de son propriétaire. Il indique qu’il est prêt à investir 125.599 dollars ou plus dans un modèle qui ne provient pas d’une marque établie et qui, en comparaison, offre peu d’espace pour les bagages. Il symbolise une époque dont l’avenir reste incertain, et pourtant, sa production continue reste presque miraculeuse.
Si vous consultez le site de Karma, cinq modèles sont proposés, dont le Revero, certains n’étant même pas encore disponibles. Cela démontre à quel point sa simple existence dépasse les attentes initiales.
Bon à Savoir
- Le Karma Revero est une alternative rare sur le marché des véhicules électriques.
- Il combine technologie ancienne et design moderne.
- Les performances demeurent séduisantes bien qu’il soit en concurrence avec des modèles plus récents.
- Le Revero engage des discussions sur les valeurs de marque et l’innovation.
- Sa production continue représente un intérêt scientifique et économique dans le secteur automobile.
Le Karma Revero, en tant qu’icône automobile, incarne un paradoxe fascinant : il illustre à la fois le passé tumultueux de l’industrie et les éventuelles promesses de l’avenir durable. Pourrait-il devenir un point de référence dans les discussions sur l’évolution des véhicules électriques, ou sera-t-il848352928481oconto un artefact d’un passé révolu ? Engager cette réflexion peut nous amener à considérer notre propre place dans les transformations incessantes de notre société, reflétant ainsi les choix que nous faisons pour demain.





