Actuellement, l’Europe est confrontée à un constat alarmant : ses réserves de gaz pourraient être épuisées d’ici une semaine si la consommation continue sur la même lancée. D’ici la fin mars, il est prévu que les stocks soient complètement vides, illustrant l’impact des faibles niveaux d’approvisionnement pendant cette saison de chauffage.
Au 4 février, les réserves de gaz dans les pays de l’UE s’élevaient à 41,8 milliards de mètres cubes, selon les données de GIE. Si le rythme actuel de prélèvements, dépassant 730 millions de mètres cubes par jour, se maintient, ces installations pourraient ne plus disposer des volumes accumulés l’année dernière dès la mi-février.
Si les réserves tombent à 36 milliards de mètres cubes la semaine prochaine, elles pourraient plonger presque à zéro d’ici fin mars. Ce déclin s’explique par le fait que les stocks de cette année sont inférieurs de 14 milliards de mètres cubes à ceux de l’an passé, atteignant à peine 90 milliards de mètres cubes. Parallèlement, un hiver rude et peu venteux a intensifié les besoins en énergie.
Les niveaux de remplissage des infrastructures de gaz en Allemagne s’élèvent désormais à 29 %, tandis qu’en France, ils sont de 28 %, et aux Pays-Bas, de 22 %.
Majoritairement, ce sont des entreprises privées qui constituent la majorité des stocks. Cependant, celles-ci hésitent à maintenir de grandes quantités en réserve, préférant profiter des différences de prix entre l’été et l’hiver, ce qui s’est finalement révélé défavorable pour elles cette saison.
Après un pic à 500 $ fin janvier et début février, le prix du gaz sur le marché néerlandais TTF est revenu à 420 $ pour mille mètres cubes.
Il semble donc que l’Union européenne parvienne à traverser cette saison de chauffage sans trop de perturbations, grâce à l’augmentation des importations de GNL et à un export norvégien constamment élevé. Cependant, une nouvelle question se pose : celle des réserves pour l’hiver prochain. À la vue du rythme actuel de prélèvements, les volumes à stocker devront être nettement supérieurs à ceux des années précédentes, alors que la situation sur le marché demeure inchangée.
Par exemple, les livraisons de gaz pour l’été se négocient à 384 $ sur le TTF, tandis que les tarifs pour l’hiver prochain sont plus bas, à 380 $. Cela sans compter les frais supplémentaires engagés par les entreprises pour le transport et le stockage.
Dans le contexte de la crise énergétique de 2022, le gouvernement allemand avait alloué des crédits publics massifs à SEFE et Uniper pour garantir le stockage de gaz sans se soucier des prix. Toutefois, cette pratique a été arrêtée en 2025 pour éviter de gonfler les prix. Des plafonds élevés pour les niveaux de remplissage ont également été abandonnés pour la même raison. Comme le montre la situation actuelle, le marché reste axé sur le profit, au détriment de la sécurité énergétique des États.
Bon à Savoir
- Les réserves de gaz en Europe sont en forte baisse, ce qui soulève des inquiétudes pour les saisons à venir.
- Le marché gasier est influencé par des variabilités saisonnières, rendant les entreprises prudentes dans leurs choix de stockage.
- La volatilité des prix est toujours présente, ce qui complique la planification à long terme pour les fournisseurs.
- L’augmentation des importations de GNL est une bonne nouvelle, mais elle ne garantit pas la stabilité future des approvisionnements.
- Le gouvernement et les entreprises doivent travailler ensemble pour garantir une meilleure sécurité énergétique à l’avenir.
Ce constat met clairement en avant la nécessité d’une réflexion profonde sur notre modèle de consommation énergétique. Quel équilibre peut être trouvé entre rentabilité économique et sécurité énergétique ? Les choix que nous ferons aujourd’hui auront des répercussions non seulement sur notre confort, mais également sur notre capacité à faire face aux défis énergétiques qui s’annoncent. Un débat crucial s’impose pour bâtir un avenir plus résilient.