La quatrième édition du Baromètre de l’Entrepreneur a été présentée mardi au Roig Arena lors de l’Assemblée Générale de l’Association Valencienne des Entrepreneurs (AVE). Ce rapport met en lumière que la bureaucratie, la réglementation et la fiscalité sont des obstacles majeurs à la création d’entreprises en Espagne. Selon une étude réalisée par l’Institut Valencien des Investigations Économiques (IVIE) et GAD3, 85 % des sondés estiment que le chemin de l’entrepreneuriat en Espagne est semé d’embûches, malgré le fait que ce secteur génère la majorité des emplois et contribue à hauteur d’environ 87 % au Produit Intérieur Brut (PIB) national.
Joaquín Maudos de l’IVIE et Narciso Michavila de GAD3 ont présenté cette étude devant un public composé de figures emblématiques du secteur entrepreneurial valencien. D’après l’AVE, environ 90 % de leurs membres ont assisté à l’un des événements les plus significatifs de l’année dans l’écosystème entrepreneurial de la région. Dans son allocution, Maudos a souligné le rôle crucial des entreprises dans l’économie espagnole, notamment en termes d’emplois, d’investissements, de revenus et de contributions fiscales.
Maudos a également mis en avant l’apport des entreprises dans quatre domaines clés favorisant la croissance économique nationale : l’emploi, l’investissement, la génération de revenus et les ressources fiscales. Sur les 2,44 millions d’emplois créés en Espagne depuis 2019, 88 % proviennent du secteur privé. Bien que le baromètre ne présente pas de données régionalisées, il propose des classements par communautés autonomes, plaçant la Communauté Valencienne au-dessus de la moyenne nationale dans presque tous les cas.
Le professeur de l’UV a insisté sur l’importance de la contribution du secteur privé au budget de l’État, notamment à travers l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes pour faire valoir le poids des entreprises dans l’économie espagnole », a-t-il affirmé.
Cependant, le baromètre de l’AVE ne se limite pas aux données quantitatives. Il prend également en compte l’opinion des entrepreneurs eux-mêmes. Dans ce contexte, la situation nationale semble en désaccord avec les données positives présentées dans le rapport. Michavila a souligné la complexité de démarrer un projet entrepreneurial en Espagne, mettant l’accent sur la bureaucratie et le manque de sensibilisation à la valeur de l’entrepreneuriat comme deux des principaux freins. « Le principal fardeau pour les projets d’entreprise à travers le monde occidental est l’excès de bureaucratie », a-t-il déclaré, tout en considérant que la législation actuelle ne favorise pas l’essor du secteur privé. « Nous opérons avec des règles du XIXe siècle dans un monde du XXIe siècle. Les politiciens devraient promettre à leurs électeurs une simplification des réglementations », a réclamé le dirigeant.
Dans ce même esprit, Michavila a reçu une des ovations de la matinée pour avoir exigé une reconnaissance du rôle des entrepreneurs dans des forums nationaux, tout en saluant le travail des associations professionnelles face à la polarisation politique. Il a lancé un appel à la classe politique : « Laissez les fonctionnaires faire leur travail, car lorsque les agents publics remplissent leurs fonctions, les entrepreneurs peuvent également se concentrer sur leurs activités. »
Bon à Savoir
- Le Baromètre de l’Entrepreneur est un outil précieux pour comprendre les enjeux de la création d’entreprises en Espagne.
- Les données collectées mettent en lumière l’importance du secteur privé dans l’économie nationale.
- La bureaucratie est souvent considérée comme un frein majeur à l’initiative entrepreneuriale.
- Les entrepreneurs ont un rôle crucial à jouer dans les débats publics sur la réglementation et la fiscalité.
En somme, il apparaît que le parcours entrepreneurial en Espagne reste complexe, engendrant des réflexions essentielles sur le besoin d’une réforme structurelle. La contradiction entre les données économiques positives et les perceptions des entrepreneurs soulève la question suivante : comment peut-on concilier une volonté politique d’encourager l’entrepreneuriat avec la réalité du terrain ? Ce débat mérite d’être approfondi, car une société prospère repose sur un écosystème économique sain et dynamique.