Les données, couvrant l’année précédant l’arrivée au pouvoir des travaillistes, mettent en lumière l’ampleur des défis auxquels le gouvernement doit faire face, selon le Centre de Recherche en Politique Sociale (CRPS) de l’Université de Loughborough.
Le mois dernier, le Premier ministre Sir Keir Starmer a déclaré que “venir en aide aux Britaniques face à la hausse du coût de la vie est ma priorité absolue”.
La recherche du CRPS, financée par la Joseph Rowntree Foundation (JRF), révèle qu’en 2023/2024, 4,2 millions de ménages travailleurs vivaient sous le seuil du revenu minimum standard (MIS).
Cela représente plus des deux-tiers (68,5 %) de tous les ménages en dessous de ce seuil, une augmentation par rapport à un peu plus de la moitié en 2008/2009.
Les chercheurs précisent que le MIS – qui représente le montant nécessaire pour que différents types de ménages satisfassent leurs besoins et participent à la vie en société – s’élevait à 30 500 £ par an pour une personne seule en 2025 et environ 74 000 £ pour un couple avec deux enfants.
Il y aurait ainsi 25,3 millions d’individus, incluant des enfants, des adultes en âge de travailler et des retraités, vivant dans des ménages touchés par le MIS en 2023/2024, contre 16,5 millions en 2008/2009.
Ces ménages pourraient ne pas être en mesure de se chauffer convenablement, de sortir avec leurs enfants le week-end ou d’économiser pour l’avenir, soulignent les chercheurs.
Peter Matejic, analyste principal à la JRF, a déclaré : “Près de quatre personnes sur dix dans le pays le sixième plus riche du monde ne peuvent pas se permettre une vie décente. Ce n’est pas juste que des millions de personnes ne gagnent pas suffisamment pour atteindre un niveau de vie convenu par la société.”
Il a ajouté : “Ne pas gagner assez a un impact dévastateur sur la productivité des gens au travail, leur santé mentale et leurs relations avec leur famille et leurs amis. Se soucier d’avoir les moyens de subvenir aux besoins de base empêche les gens de se concentrer sur des activités qui pourraient faire grandir leur bien-être et l’économie.”
Elaine Robinson, auteure principale du rapport du CRPS, a indiqué : “Notre analyse montre qu’avec le temps, le travail ne garantit pas aux gens les moyens d’atteindre un niveau de vie décent – plus des deux-tiers des ménages en âge de travailler vivant avec un revenu insuffisant ont au moins une personne qui exerce une activité professionnelle.”
Elle a souligné que les salaires n’avaient pas suivi l’augmentation du coût de la vie, et que les hausses rapides des coûts des besoins essentiels comme l’alimentation, les factures d’énergie, le transport et la garde d’enfants ont particulièrement affecté les familles à faibles revenus.
Ce rapport expose avec clarté l’ampleur du défi auquel le gouvernement se doit de répondre. Bien que des améliorations soient apportées aux droits des travailleurs, celles-ci ne suffisent pas à garantir que le travail offre aux ménages les moyens de couvrir leurs besoins fondamentaux, sans parler de se sentir intégrés dans la société.
Bon à Savoir
- Le coût de la vie continue d’augmenter, touchant principalement les ménages à faible revenu.
- Les salaires n’ont pas suivi l’inflation, rendant difficile pour beaucoup d’atteindre le niveau de vie minimum.
- Les données de la recherche montrent une tendance inquiétante à l’accroissement des inégalités.
- Des mesures gouvernementales doivent être envisagées pour adresser ces défis sociaux.
- L’impact de la précarité financière se mesure aussi sur le bien-être psychologique des individus.
Cette situation soulève des questions essentielles sur la manière dont les sociétés contemporaines peuvent garantir un minimum vital à tous. Comment peut-on envisager un modèle économique qui allie équité, dignité et prospérité collective ? La réflexion sur ces enjeux demeure cruciale dans le cadre d’un dialogue sociétal enrichissant et nécessaire.