Bialecki, directeur général de Klaviyo, et Hallen, directeur de la stratégie de l’entreprise, ont fondé leur société en 2012 alors qu’Hallen était en dernière année de son MBA au MIT Sloan School of Management. Ils se retrouvaient chaque jour au Martin Trust Center, où ils ont tissé des liens forts avec d’autres fondateurs de start-ups.
“Je me souviens avoir pensé que c’était ça, l’entrepreneuriat”, a déclaré Bialecki, dont l’entreprise de logiciels est aujourd’hui valorisée à 5 milliards de dollars sur le marché boursier. “C’est difficile. On essaie de se débrouiller. Mais autour de nous, d’autres le font aussi, ce qui favorise la collaboration.”
Alors que des préoccupations subsistent quant à la compétitivité du Massachusetts dans le domaine du capital-risque et des start-ups, Bialecki et Hallen souhaitent faire preuve de générosité avec leur engagement de 6 millions de dollars pour soutenir les start-ups émergentes dans le cadre du programme d’été delta v. Ce financement augmentera le montant maximal de l’aide à 75 000 dollars par équipe de start-up, contre 20 000 dollars auparavant, à partir de cette année. Toutefois, les petites aides personnelles pour les étudiants du MIT seront supprimées. (Les fonds sont des subventions sans contrepartie.)
Cette donation permettra également une personnalisation accrue du programme, afin de mieux répondre aux besoins de chaque entrepreneur, tout en élargissant son réseau professionnel pour faciliter le mentorat par des vétérans de l’industrie.
Bialecki souligne l’importance d’avoir une idée, mais affirme que l’essentiel est de pouvoir accéder à des personnes expérimentées. “Avoir des mentors qui ont déjà fait face à des situations que vous n’avez pas encore rencontrées est précieux.”
Il est également optimiste quant à la liberté que l’intelligence artificielle offre aux fondateurs de start-ups, facilitant le développement de logiciels sans nécessiter une grande équipe de développeurs et d’ingénieurs. À ses yeux, c’est un moment propice “pour innover dans l’industrie des logiciels”.
Bill Aulet, directeur du Martin Trust Center, a exprimé que ce don de Hallen et Bialecki est le plus important jamais reçu par le programme d’accélérateur en 15 ans d’existence. Aulet avait lancé ce programme, sous un nom différent, pour s’assurer que les entrepreneurs prometteurs poursuivent leurs études au MIT sans se tourner vers la côte ouest. Il envisageait ce programme comme la réponse du MIT à Y Combinator, célèbre accélérateur de start-ups basé à San Francisco qui a des racines dans la région de Boston.
Le programme delta v est compétitif : seulement environ un cinquième des équipes qui postulent, soit environ 100 étudiants par an, sont acceptées. Près des deux tiers des équipes participantes réussissent à lever des fonds auprès d’investisseurs externes, selon Aulet. Il prévoit d’accepter 12 équipes cette année, environ la moitié du nombre habituel, afin d’assurer le bon déroulement des nouvelles mises à jour du programme.
Le programme est en phase de révision dirigée par Ana Bakshi, la directrice exécutive du Martin Trust Center, qui a été chargée de superviser le programme il y a quelques mois. Aulet a précisé que l’objectif principal du programme sera de transformer une idée commercialisable en un produit attractif pour les clients, tout en créant un impact fort.
Klaviyo, qui se spécialise dans la technologie marketing, représente l’histoire à succès que Aulet souhaite voir émerger parmi les participants du MIT.
“Ces deux personnes ont osé suivre leur propre voie,” a précisé Aulet. “Ils ont agi, ont persisté à Boston et ont construit une grande entreprise. Si nous parvenons à en inspirer quelques autres, cela contribuerait à rendre le monde, Boston et le MIT meilleurs.”
Bon à Savoir
- Le Martin Trust Center propose divers programmes pour soutenir les start-ups et entrepreneurs au MIT.
- Le programme delta v est conçu pour favoriser l’esprit d’initiative et l’innovation.
- Le mentorat par des experts de l’industrie est un élément clé pour les entrepreneurs en herbe.
- L’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour le développement logiciel.
À travers cette initiative, Bialecki et Hallen montrent qu’il est essentiel de soutenir la communauté entrepreneuriale. Cela soulève une question fondamentale : comment la collaboration et le partage des connaissances peuvent-ils transformer le paysage économique d’une région? Dans un monde où l’innovation est clé, il est crucial de cultiver des environnements favorables à l’expression créative et à l’entraide. Qu’en pensez-vous?