Amazon a planifié de cacher l'usage total d'eau de ses datacentres, selon un document divulgué
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Un document interne diffusé révèle qu’Amazon a stratégiquement choisi de maintenir le public dans l’ignorance concernant l’ampleur de l’utilisation de l’eau dans ses centres de données. Leader mondial en matière de centres de données, Amazon surpasse largement ses concurrents comme Microsoft et Google et projette d’augmenter considérablement sa capacité dans un mouvement vers l’intelligence artificielle. La firme basée à Seattle gère des centaines d’installations actives, avec de nombreuses autres en développement, malgré les préoccupations relatives à la quantité d’eau utilisée pour refroidir ses vastes infrastructures.

Bien qu’Amazon défende sa méthode et ait entrepris des démarches pour améliorer l’efficacité de son utilisation de l’eau, la société a été critiquée pour son manque de transparence. Contrairement à Microsoft et Google qui divulguent régulièrement leurs chiffres de consommation d’eau, Amazon n’a jamais rendu public celui de ses fermes de serveurs.

Dans la conception d’une campagne sur l’efficacité de l’eau, la division cloud de l’entreprise a choisi de ne prendre en compte qu’une partie des données de consommation d’eau pour minimiser l’impact sur sa réputation, selon un mémo diffusé par SourceMaterial et le Guardian.

Selon ce mémo, Amazon a consommé 105 milliards de gallons d’eau en 2021, soit l’équivalent de 958 000 foyers américains, une consommation qui correspondrait à une ville plus grande que San Francisco.

En réponse aux interrogations concernant ce document divulgué, la porte-parole d’Amazon, Margaret Callahan, a qualifié le mémo d'”obsolète” et a affirmé qu’il “représente totalement à faux la stratégie actuelle d’utilisation de l’eau chez Amazon”.

Elle a précisé que l’existence d’un document ne garantit pas son exactitude. Elle a ajouté que les réunions peuvent souvent transformer les documents ou révéler des conclusions erronées. Callahan n’a pas précisé quels éléments stratégiques du document étaient considérés comme obsolètes.

Le mémo a été daté d’un mois avant le lancement par Amazon Web Services (AWS) d’une campagne de durabilité appelée “Water Positive”, laquelle s’engage à “restaurer plus d’eau qu’elle n’en utilise” d’ici 2030.

Dans ce mémo, en amont du lancement de la campagne, les dirigeants ont débattu de l’opportunité d’inclure des divulgations publiques concernant l’utilisation “secondaire” de l’eau, celle utilisée pour produire l’électricité alimentant leurs centres de données.

Ils ont averti que la transparence totale représentait un risque, conseillant de garder les projections d’AWS confidentielles, de crainte d’attirer des accusations de dissimulation. Ils ont même anticipé des titres négatifs tels que “Amazon cache sa consommation d’eau”.

Callahan a soutenu que des économies d’efficacité avaient déjà été réalisées et a noté que d’autres entreprises ne tenaient pas compte non plus de l’utilisation secondaire de l’eau.

Finalement, pour son efficacité en matière d’eau, Amazon vise à réduire sa consommation primaire estimée de 7,7 milliards de gallons à 4,9 milliards d’ici 2030, sans aborder l’utilisation secondaire.

Bon à Savoir

  • Amazon intègre l’IA dans sa stratégie de croissance, ce qui soulève des questions sur l’impact environnemental de cette expansion.
  • La société a, à plusieurs reprises, affirmé vouloir devenir “Water Positive”, mais les détails de cette initiative soulèvent encore des doutes.
  • Le débat autour de la transparence dans la gestion des ressources naturelles devient crucial dans le contexte actuel de crise climatique.
  • Les méthodologies d’évaluation de l’empreinte eau d’une entreprise peuvent varier, ce qui complique les comparaisons entre sociétés leaders.
  • Les projections concernant l’utilisation de l’eau et les engagements en matière de durabilité sont souvent critiqués, en particulier leur manque de clarté.

Dans un monde où la demande énergétique et les ressources en eau s’accroissent, la manière dont les entreprises comme Amazon gèrent leur empreinte écologique deviendra un sujet de discussion centrale. La protection de l’environnement ne dépend pas seulement des engagements formels, mais aussi de la volonté de faire preuve de transparence et d’intégrité dans leurs pratiques. Ce dilemme soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des grandes entreprises dans la préservation des ressources naturelles et le devoir d’assurer un avenir durable pour les générations à venir.



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