BlackRock lance la grande manœuvre : vente de 7,1% de Naturgy pour 1,8 milliard d'euros !
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BlackRock, le leader mondial en gestion d’actifs, a annoncé ce jour, via un communiqué adressé à la Commission Nationale du Marché des Valeurs (CNMV), une cession accélérée de 7,1 % de sa participation dans Naturgy, estimée à environ 1,8 milliard d’euros sur le marché.

Cette opération représente un tournant important pour la gouvernance de l’entreprise. BlackRock avait acquis GIP en janvier 2024, prenant ainsi le contrôle d’une part de 20 % dans Naturgy, une opération validée par le Gouvernement en raison de l’importance stratégique de la société pour la sécurité d’approvisionnement en Espagne.

Dès lors, des spéculations circulaient sur une possible réduction de la participation de BlackRock dans le secteur gazier, en raison de sa tendance globale à adopter des portions financières moins significatives. Ce mouvement confirme cette tendance. En conséquence, BlackRock chute au rang de quatrième plus gros actionnaire, laissant Criteria en première position, suivi de CVC et IFM, ce qui nécessitera sans doute une réorganisation du conseil d’administration à court ou moyen terme. Reste à savoir qui acquerra ce 7 % : un actionnaire puissant ou une distribution des actions parmi des investisseurs institutionnels cherchant des gains strictement financiers.

Cette désinvestissement permet à BlackRock de conserver environ 12 % du capital, offrant à Naturgy une plus grande liquidité, avec un flottant de plus de 25 %. La capitalisation de la société tourne autour de 25 milliards d’euros, avec des actions cotées à plus de 26 euros à la clôture de mercredi dernier.

La vente des 7,1 % sera orchestrée par la banque d’investissement JP Morgan, par le biais d’une offre réservée à des investisseurs qualifiés, avec environ 69 millions d’actions à disposition. Cette opération se déroulera durant la journée de mercredi et la nuit de jeudi. Avant l’ouverture du marché, le prix final sera révélé.

Amélioration de la liquidité en bourse

Cette vente intervient après que BlackRock, par l’intermédiaire de GIP, ait participé à l’offre publique d’achat lancée par Naturgy pour améliorer sa liquidité et revenir aux indices boursiers majeurs. L’absence de flottant durant la dernière année, suite à l’entrée d’IFM, a pesé sur la valorisation de l’entreprise. Des sources au sein de Naturgy soulignent que l’augmentation de cette capitalisation boursière est l’un des objectifs du plan stratégique 2025-2027, et que cette opération y contribuera.

BlackRock avait pénétré le capital de Naturgy après son acquisition de GIP, laquelle avait pris position dans l’entreprise en 2016, en rachetant des parts de Criteria Caixa et de Repsol aux alentours de 19 euros par action. Aujourd’hui, après avoir perçu des dividendes, la société américaine choisit de diminuer sa présence dans le secteur gazier. Il est probable que cette cession génère des plus-values significatives pour BlackRock.

Ce mouvement vient confirmer des rumeurs persistantes de ces dernières années suggérant que GIP et CVC, détenant ensemble 18 % des parts, envisageaient de vendre après presque dix ans d’investissement dans l’entreprise. Naturgy a exploré différentes options pour faciliter la sortie de certains de ses actionnaires, notamment une scission en deux, le projet Géminis, qui n’a pas eu le soutien gouvernemental. Par la suite, une négociation avec la société de la capitale d’Abou Dhabi, Taqa, a échoué en raison de divergences sur la gouvernance.

Il reste à déterminer les répercussions directes sur la gouvernance de l’entreprise suite à la désinvestissement de BlackRock, qui dispose de deux représentants au conseil d’administration et pourrait perdre l’un d’eux, ouvrant ainsi la voie à la nomination d’un conseiller indépendant. Cette problématique est cruciale, car la volonté de vente de certains actionnaires entrave les progrès de l’entreprise et suscite des conflits d’intérêts dus aux participations multiples de ces grands joueurs dans d’autres entreprises. La direction devra réfléchir à la meilleure approche, y compris la possibilité de supprimer un poste au sein du conseil.

Autre acteur désireux de se désengager depuis plusieurs années, CVC détient déjà 20 % des parts, renforçant ainsi sa position avec cette récente opération. L’identité de l’acquéreur du 7 % de Naturgy sera également déterminante. JP Morgan vise à le placer auprès d’investisseurs qualifiés, et une acquisition dépassant 3 % nécessitera une notification à la CNMV. “Après la clôture de l’offre, le gestionnaire annoncera les termes finaux de l’opération, y compris le prix de vente,” précise BlackRock dans son communiqué.

Quoi qu’il en soit, la baisse de participation de BlackRock renforce les autres actionnaires. Criteria Caixa, désormais en position dominante dans l’énergie, ambitionne d’investir dans des entreprises stratégiques où elle pourra exercer une influence significative, tout en veillant à générer des dividendes pour financer sa fondation sociale.

Avec ce désengagement, le fonds australien IFM devient le troisième actionnaire majoritaire. Ce fonds, dirigé par Jaime Siles, avait précédemment proposé une offre publique partielle sur Naturgy et a depuis renforcé sa position. Son intention est de siéger au conseil d’administration et d’exercer une influence certaine sur la gouvernance.

La cession de BlackRock intervient alors que Naturgy affiche des résultats particulièrement encourageants. La société a remporté des résultats records au cours des deux dernières années, générant environ 2 milliards d’euros de bénéfices annuels, un chiffre qu’elle prévoit d’atteindre à nouveau en 2025, soutenue par une augmentation significative de l’activité de ses centrales à cycle combiné.

Bon à Savoir

  • BlackRock a toujours été un acteur clé sur le marché de la gestion d’actifs, privilégiant des investissements stratégiques.
  • La cession de participations peut influencer significativement la gouvernance d’une société.
  • Le flottant boursier est essentiel pour assurer la liquidité et attirer des investisseurs.
  • Les mouvements d’actions peuvent révéler des tendances sur les intentions futures des grands investisseurs.

En somme, cette opération de BlackRock soulève des questions fondamentales sur la dynamique de l’investissement et la gouvernance d’entreprise. C’est l’occasion de réfléchir à la responsabilité des investisseurs institutionnels et à l’impact de leurs actions sur l’évolution des marchés. Que dit cette récente évolution sur notre perception du pouvoir actionnarial et les ambitions de gouvernance dans les entreprises stratégiques ? Les décisions à venir pourraient façonner un nouveau paysage pour le secteur énergétique et au-delà.



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