En novembre, l’indice des prix à la consommation (IPC) en Chine a connu une hausse annuelle de 0,7 %, en hausse par rapport à 0,2 % en octobre. Ce chiffre correspond aux prévisions du consensus et atteint un sommet de 21 mois, égalant le niveau le plus élevé observé au cours des 33 derniers mois.
Cette augmentation a été principalement tirée par une hausse inattendue des prix alimentaires, qui ont grimpé de 0,5 % par rapport au mois précédent, culminant à 0,2 % par rapport à l’année précédente. Depuis le début de l’année, cela a constitué un frein considérable à l’inflation de l’IPC, l’inflation alimentaire étant réduite à -1,7 % sur un an. La principale contribution provient d’une flambée des prix des légumes frais, qui ont augmenté de 7,2 % d’un mois sur l’autre, atteignant 14,5 % d’une année sur l’autre. Cette dynamique pourrait se poursuivre dans les mois à venir, avec un retournement prévisible du cycle des prix du porc en Chine. Actuellement, les prix du porc, en baisse de 15 %, continuent d’impacter l’inflation alimentaire, mais cet effet devrait s’inverser l’année prochaine.
L’inflation de base s’est stabilisée à 1,2 % en novembre, interrompant une série d’accélérations de six mois. Les prix non alimentaires ont même connu une légère baisse, s’établissant à 0,8 % sur un an, contre 0,9 % en octobre, principalement en raison d’une chute plus marquée des prix des transports et des communications, qui ont enregistré une baisse de -2,3 % sur un an. D’autres catégories demeurent généralement stables pour le mois.
L’inflation de l’indice des prix à la production a légèrement reculé pour s’établir à -2,2 % sur un an, restant ainsi en territoire négatif pour le 38e mois consécutif. La plupart des sous-catégories affichent des résultats annuels négatifs, bien que les industries liées aux métaux non ferreux aient enregistré des résultats positifs.
Alors que les pressions déflationnistes ont fait l’objet de nombreux débats cette année, la récente dynamique positive de l’IPC pourrait même permettre d’apporter une légère lecture positive pour l’ensemble de l’année 2025. Nous ne pensons pas que l’inflation soit susceptible de contraindre l’assouplissement de la politique de la Banque populaire de Chine l’année prochaine, surtout si l’inflation de base se stabilise à des niveaux similaires et que la majeure partie de la hausse est due à une reprise des prix alimentaires.
Comme abordé dans notre analyse sur les enjeux de la Chine en 2026, nous prévoyons que l’inflation de l’IPC en Chine reviendra en territoire positif d’ici 2026. Cela sera rassurant pour ceux qui craignent que la Chine ne tombe dans la déflation. Cependant, cela signifiera également un différentiel du PIB moins favorable. L’attention récente se concentre sur l’important début du plan quinquennal, prévu pour 2026, ce qui nécessitera probablement un nouveau soutien politique dans les premiers mois de l’année prochaine. À ce titre, nous anticipons une réduction des taux de 20 points de base en 2026.
Bon à Savoir
- La hausse des prix des aliments pourrait être influencée par les conditions climatiques et les politiques agricoles.
- Le cycle des prix du porc en Chine a un impact significatif sur l’économie à cause de sa place dans le régime alimentaire local.
- Les différences régionales peuvent avoir un impact sur l’inflation, chaque province ayant ses propres dynamiques économiques.
- Les tendances du commerce international peuvent également jouer un rôle dans l’évolution des prix des produits alimentaires.
- Un retour à une inflation modérée pourrait influencer les décisions économiques mondiales, y compris les échanges commerciaux.
D’un point de vue global, ces évolutions économiques en Chine ne se limitent pas à des chiffres sur une feuille. Elles soulèvent des questions fondamentales sur la résilience du système économique face aux défis contemporains. Au-delà des fluctuations des prix, c’est la manière dont ces dynamiques interagissent avec les politiques publiques et les attentes socio-économiques qui mérite une réflexion approfondie. En nous projetant vers demain, ce dialogue sur l’inflation, la croissance et le bien-être collectif reste essentiel. Quelles réformes pourraient être envisagées pour garantir une prospérité équilibrée, tout en naviguant sur des eaux parfois tumultueuses ?