
Des anciens employés de Rockstar North, la société derrière Grand Theft Auto, ont partagé avec nous que des licenciements massifs, d’une ampleur « dévastatrice », ont eu lieu en raison de tentatives d’organisation syndicale.
En octobre, 31 salariés ont été renvoyés pour ce que la société a qualifié de « faute grave ». La majorité des licenciés se trouvaient au siège d’Édimbourg, des anciens collaborateurs affirmant avoir été sanctionnés pour avoir discuté des conditions de travail dans un forum en ligne privé.
Roсkstar North a démenti toute implication de ces licenciements avec les activités syndicales, précisant qu’ils avaient été déclenchés par des échanges d’informations confidentielles concernant d’éventuels titres de jeux à venir dans un forum public.
Le syndicat indépendant des travailleurs de Grande-Bretagne (IWGB) a qualifié ces licenciements de « acte impitoyable de destruction syndicale ».
Rockstar North, l’un des plus grands développeurs de jeux vidéo au Royaume-Uni, s’apprête à sortir GTA 6, prévu pour novembre 2026, ce qui en fera probablement l’un des jeux les plus vendus de l’histoire.
Dans l’industrie du jeu vidéo, le secret autour du développement des jeux est strictement maintenu, les employés étant souvent tenus de signer des accords de confidentialité.
Un groupe de travailleurs s’est régulièrement mobilisé devant les bureaux de Rockstar North à Édimbourg et à Londres. Trois des employés licenciés ont été contactés pour témoigner de leur expérience.

Jordan Garland, ancien coordinateur de production, a expliqué que de nombreux employés aspiraient à se syndiquer pour « rendre l’environnement de travail meilleur pour tous ».
« C’est dévastateur, car c’est une industrie que j’aime profondément, et je pense que nous sommes tous passionnés par notre travail ici », a-t-il ajouté.
‘Nuits blanches’
Il a partagé que les employés discutaient des conditions de travail dans un forum numérique privé, affirmant : « Comment peut-on organiser un environnement de travail si nous ne pouvons pas discuter des conditions ? »
Garland, après 11 ans dans la société, a été le premier à être licencié. « La première semaine a été difficile, beaucoup de nuits sans sommeil, à retourner la situation dans tous les sens », a-t-il confié.
« D’une manière quelque peu macabre, ces licenciements ont créé un fort sentiment de communauté parmi nous », estime-t-il.

Jamie Trimmer, un designer ayant travaillé près de 18 ans chez Rockstar North, a également partagé son choc face aux licenciements massifs. « C’est un élément majeur, cela montre l’importance de se syndiquer », a-t-il souligné.
‘Profondément préoccupant’
Le groupe espère maintenant porter l’affaire devant un tribunal du travail, même si cela pourrait prendre jusqu’à un an. En attendant, ils attendent la confirmation d’une audience préliminaire qui pourrait les réintégrer ou maintenir leur contrat.
La question a également été abordée récemment lors des questions au Premier ministre à Westminster, suscitant des réactions affirmatives des autorités politiques, promettant d’examiner l’affaire de près.

Sarah Blackburn, ancienne coordinatrice de production, a précisé que le soutien public et politique l’a beaucoup aidée à traverser cette période difficile. « C’est extrêmement réconfortant de sentir ce soutien », a-t-elle déclaré.
Dans un communiqué, Rockstar North a précisé que les actions étaient réservées à un petit groupe d’individus ayant enfreint la politique de l’entreprise en divulguant des informations confidentielles.
Bon à Savoir
- Les licenciements massifs suscitent souvent des questions sur la protection des droits des travailleurs.
- La discussion ouverte sur les conditions de travail est essentielle pour l’organisation syndicale.
- Les entreprises de jeux vidéo mettent en œuvre des politiques strictes sur la divulgation d’informations.
- Le soutien collectif de la communauté est souvent crucial dans des moments de crise comme ceux-ci.
- Les procédures judiciaires pour des cas d’emplois peuvent prendre du temps, soulignant la patience nécessaire dans de telles luttes.
Cette situation met en lumière un enjeu fondamental : la nécessité de concilier l’innovation et le respect des droits des travailleurs. Où se situe la limite entre la préservation des intérêts d’une entreprise et l’épanouissement d’une culture de travail saine ? La réflexion sur ce sujet pourrait largement contribuer à façonner l’avenir des relations de travail dans des secteurs en pleine mutation comme celui du jeu vidéo.