Récemment, nous avons eu l’occasion de discuter avec la psychologue Annette Orlova sur la manière de préserver sa force intérieure face à l’adversité. De nombreux entrepreneurs ont partagé des récits sincères sur leurs échecs et succès, leur retour de l’abîme et la recherche de ressources internes.
Ces situations sont familières à beaucoup de ceux qui se battent pour leur entreprise : pertes financières, trahisons de partenaires, décisions malheureuses. Dans l’épisode du podcast « Faisons des affaires », trois histoires sont racontées sous forme de journaux d’entrepreneurs.
Qu’est-ce qui a permis à ces héros de maintenir leur résilience en temps difficile ? Nous publions des extraits de leurs « journaux » ici.
Des partenariats brisés, une épouse partie, un logement hypothéqué
L’histoire de Mikhaïl Lantinev, fondateur de la marque de cosmétiques pour animaux Pamilee, pourrait être le scénario d’un film à succès. Au départ, il était vendeur dans le secteur de la construction, mais a rapidement réalisé que ce chemin ne lui apportait pas de satisfaction. Il a donc pris le risque de quitter son emploi stable pour se lancer dans l’entrepreneuriat en co-créant un projet de réalité augmentée pour des spectacles de lumière dans les stades. Cependant, la pandémie de Covid-19 a anéanti ces ambitions : tous les contrats avec le club de football de Zénith ont été annulés et le travail a disparu.
C’est alors qu’un ancien collègue chimiste lui a proposé de développer un shampoing pour chiens, en lui apportant des échantillons. Malgré le scepticisme général, Lantinev a décidé de faire l’essai. En parcourant les salons de toilettage de Saint-Pétersbourg avec des échantillons, il a essuyé des refus consécutifs ; seuls les réseaux étrangers étaient prisés à l’époque. Néanmoins, il a persévéré, trouvant trois amis prêts à investir 6 millions de roubles. Pendant un an et demi, le projet a fonctionné à perte, les ventes étaient inexistantes, et ses partenaires ont demandé le remboursement de leurs investissements. Peu après, ils se sont retirés, laissant Mikhaïl seul, tandis que son épouse le quittait également. Pour régler ses dettes, il a dû hypothéquer son appartement et sa voiture, et a contracté un prêt bancaire.
En février 2022, un tournant inattendu s’est produit : les fabricants occidentaux ont quitté le marché russe, et les shampoings de Lantinev sont devenus soudainement populaires. Après avoir choisi un nom pour sa marque et conçu des étiquettes avec un designer, il a lancé une production sur les plateformes de vente en ligne. Les shampoings se sont vendus instantanément, forçant une augmentation rapide de la production. Les prix des ingrédients ont doublé, le dollar a grimpé à 120 roubles, et Mikhaïl a de nouveau dû souscrire à un prêt, cette fois-ci à haut risque, à 19 % pour couvrir les coûts.
Passant d’un petit laboratoire de 30 m² à une superficie de 900 m² en cinq ans, son entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions de roubles en 2024, et devrait dépasser les 300 millions de roubles d’ici fin 2025.
Bon à Savoir
- Les histoires de succès entrepreneurial sont souvent jalonnées d’échecs et d’obstacles.
- La résilience est essentielle pour surmonter les périodes de crise.
- Se réinventer et saisir de nouvelles opportunités peut mener à des résultats inattendus.
- La collaboration avec d’autres, y compris d’anciens collègues, peut ouvrir des voies nouvelles.
- Il est crucial de croire en son projet, même lorsque les autres n’y croient pas.
La réflexion sur ces parcours nous rappelle que chaque échec peut finalement se transformer en un tremplin vers le succès. À travers le prisme des histoires de Mikhaïl, de Ramil et de Gleb, nous constatons que la résilience et l’innovation sont essentielles non seulement pour les entrepreneurs, mais aussi pour l’ensemble de la société. Qu’est-ce qui nous permet de transformer nos déboires en opportunités ? C’est cette quête de sens et la capacité à se relever qui forment le véritable esprit entrepreneurial. Un questionnement qui mérite d’être envisagé, car c’est souvent de la douleur que naissent les plus grandes créations.