Stabilité de la Naira : une solution pour lutter contre l'inflation au Nigeria !
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La perspective d’une inflation de 13 % au Nigeria d’ici 2026 semble toujours envisageable, sous certaines conditions macroéconomiques favorables.

Selon Oyinkansola Aregbeseola, une experte en investissement chez AAG Capital, la faisabilité de ce scénario optimiste repose sur la stabilisation durable du marché des changes et une augmentation substantielle de la production alimentaire locale.

Oyinkansola a partagé ces réflexions lors d’une interview diffusée sur ARISE TV, portant sur les prévisions du Naira dans les scénarios de base, optimiste et pessimiste.

Bien que le recalibrage de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) en 2024 ait engendré une certaine volatilité à court terme, les analystes estiment qu’une Naira plus forte, prévue à 1 300 pour un dollar, combinée à une amélioration de la sécurité dans les zones agricoles, pourrait ancrer efficacement la stabilité des prix et accélérer la décélération de l’inflation d’ici la fin de l’année.

S’agissant des préoccupations immédiates entourant les données d’inflation de décembre, Oyinkansola a souligné que le Bureau National des Statistiques traverse un “problème statistique” dû au recalibrage fiscal de 2024.

Pour garantir la transparence, le Bureau s’engage à publier des rapports en double : l’un contenant les chiffres bruts montrant la hausse initiale et l’autre, un rapport normalisé pour la comparaison.

« La plupart des acteurs savent qu’il ne s’agit principalement que d’un problème statistique… Le NBS a annoncé qu’il publierait deux rapports différents pour tenter de normaliser ces chiffres. Je pense que c’est une bonne chose pour la transparence », a-t-elle affirmé.

Pour l’année à venir, Oyinkansola a décrit trois scénarios distincts. Dans le scénario de base, l’inflation se stabiliserait à 14,6 % alors que la Naira resterait à 1 450 pour un dollar, poursuivant ainsi la tendance de stabilisation observée tout au long de 2025. Dans un scénario optimiste, un ciblage d’une inflation à 13 % serait possible, sous réserve d’une appréciation marquée de la devise à 1 300 pour un dollar. En revanche, un scénario pessimiste constitue un risque significatif, avec des tensions géopolitiques croissantes et une insécurité persistante susceptibles de perturber les activités agricoles, poussant potentiellement le taux d’inflation à 16 %.

« Un thème central de cette prévision est le lien crucial entre la sécurité nationale et le coût de la vie, l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire étant un déclencheur primordial de la désinflation », a-t-elle ajouté.

Oyinkansola a insisté sur le fait que pour atteindre l’objectif optimiste de 13 %, les efforts récents pour lutter contre l’insécurité doivent aboutir à des résultats tangibles, permettant à l’activité agricole de prospérer dans les zones de production alimentaire du pays.

Sans cette stabilité de l’offre, il sera difficile de maintenir la pression à la baisse sur les prix, quelles que soient les autres interventions fiscales.

Alors que la Banque Centrale du Nigeria suit ces chiffres évolutifs, l’orientation de la politique monétaire reste liée aux données d’inflation “normalisées” fournies par le NBS.

L’experte en investissement a indiqué que les autorités monétaires sont actuellement dans une période d’attente, leurs prochaines décisions concernant les taux d’intérêt dépendant entièrement de l’état de l’inflation après les ajustements techniques du recalibrage 2024.

Bon à Savoir

  • Le recalibrage de l’IPC peut causer une distorsion des chiffres économiques à court terme.
  • La sécurité alimentaire est un enjeu majeur pour stabiliser les prix et prévenir l’inflation.
  • Un rapport en double du NBS devrait fournir plus de clarté sur les données d’inflation.
  • Les tensions géopolitiques peuvent avoir un impact direct sur l’économie agricole.

En définitive, la trajectoire de l’économie nigériane soulève des questions complexes sur l’interdépendance entre sécurité, agriculture et inflation. La façon dont ces éléments interagiront dans un avenir proche pourrait façonner le quotidien des Nigérians. Cette dynamique instigue une réflexion profonde sur comment les décisions économiques sont intrinsèquement liées à des enjeux sociopolitiques et environnementaux. Quel avenir souhaitons-nous construire face à ces défis ?



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