L’arbitrage concernant le hors-jeu pourrait évoluer. Selon les experts, cette idée découle de l’adoption du VAR, qui a transformé notre perception du jeu.

Le Conseil international du football (IFAB) discutera, le 20 janvier, d’une modification des règles liées à la détermination du hors-jeu, selon le quotidien espagnol AS.
La semaine passée, le journal britannique The Times a rapporté que l’UEFA n’a pas soutenu une proposition visant à considérer un joueur en position de hors-jeu uniquement si son corps entier dépasse le dernier défenseur adverse. Actuellement, il suffit qu’une partie du corps du joueur en attaque soit devant un défenseur pour être sanctionné pour hors-jeu. L’UEFA a exprimé ses inquiétudes, signalant que ce changement pourrait encourager des stratégies défensives plus profondes.
D’après The Times, un compromis est envisagé : le hors-jeu ne serait signalé que si le torse de l’attaquant dépasse celui du défenseur, tout en ne prenant pas en compte les jambes ou la tête.
Par ailleurs, l’IFAB pourrait examiner une règle stipulant qu’un joueur, à l’exception du gardien, ayant bénéficié de soins médicaux, serait obligé de rester deux minutes hors du terrain.
Un commentaire de l’auteur Artem Lokalov, correspondant pour “Rossiskaïa Gazeta”, souligne :
— Ces propositions visent clairement à accroître le nombre de buts et à rendre les matches plus captivants. À l’ère du VAR, le hors-jeu se détermine souvent par une analyse millimétrique, où même un petit orteil en dehors de la ligne peut décider du sort d’un match. Bien que techniquement correct, cela éloigne l’esprit du jeu, d’où cette appellation de “hors-jeu informatique”. Les réformes semblent vouloir réduire ces cas de hors-jeu millimétriques et privilégier ceux où l’ensemble du corps est impliqué. Certes, ces révisions pourraient simplifier les décisions, mais il est aussi possible que les réactions négatives l’emportent sur les positives.
— De plus, l’IFAB envisage de faire en sorte que les joueurs ayant reçu des soins médicaux, sauf les gardiens, doivent quitter le terrain pendant deux minutes. Cette règle a été testée lors de la Coupe arabe des nations en décembre. Quelle est l’importance de cette modification ?
— C’est un changement significatif. L’équipe peut se retrouver en infériorité numérique pendant plusieurs minutes, un fait qui pourrait influencer le cours d’un match, notamment lors des coups de pied arrêtés. Cela répond à la nécessité d’avoir des soins pour des blessures graves, tout en traitant les abus des simulations. Si un joueur a réellement besoin d’aide, il ne devrait pas être pénalisé et priver son équipe de plusieurs minutes de jeu. Il serait judicieux d’instituer des zones où les joueurs pourraient purger ce temps, à l’image du hockey, où les fautes entraînent des périodes de mises à l’écart surveillées par des arbitres.
La notion de hors-jeu révisée est initialement proposée par l’ancien entraîneur de l’Arsenal, Arsène Wenger, qui est désormais en charge du développement global du football à la FIFA.
Bon à Savoir
- Les modifications des règles visent à rendre le football plus dynamique et attractif.
- Le hors-jeu technologique a entraîné des débats sur l’équilibre entre l’équité et l’esprit du jeu.
- Les soins médicaux sur le terrain soulèvent des questions sur la gestion du temps et les stratégies d’équipe.
- Des tests sur les nouvelles régulations ont été effectués lors de compétitions internationales pour évaluer leur efficacité.
En définitive, la redéfinition des règles peut à la fois apporter des innovations bénéfiques et générer des controverses. Ce dilemme soulève une question fascinante : dans quelle mesure la technologie doit-elle s’immiscer dans le sport, et jusqu’où doit-on préserver l’âme du jeu face aux enjeux compétitifs ? La réflexion continue sur l’identité même du football et son évolution dans un monde de plus en plus digitalisé.