Un bonus de 3,6 millions de livres pour le patron de Centrica malgré une chute des bénéfices !
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Le PDG de British Gas bénéficie d’une nouvelle augmentation salariale malgré la révolte des actionnaires

Le propriétaire de British Gas, Centrica, a décidé d’augmenter encore de manière significative le salaire de son PDG, Chris O’Shea, malgré une opposition notoire de certains actionnaires. O’Shea percevra en 2025 un salaire total de 4,7 millions de livres sterling, dont 1,1 million en salaire de base, accompagné d’une prime de 1,4 million de livres – dont la moitié sera versée en actions et acquise dans trois ans – ainsi que 2,2 millions de livres issues d’un plan d’investissement à long terme.

Cette augmentation, la seconde consécutive, survient malgré le fait qu’environ 40% des actionnaires de Centrica avaient voté contre les plans de rémunération lors de l’assemblée annuelle à Manchester l’année précédente. Critiqué pour avoir touché un salaire avoisinant 8 millions de livres en 2023, alors que de nombreux foyers britanniques se débattaient avec la précarité énergétique, O’Shea a dû faire face à une pression croissante.

Centrica a indiqué qu’elle tiendrait compte des retours variés de ses actionnaires concernant l’augmentation de l’an passé, affirmant qu’elle s’engagerait davantage avec ses actionnaires majeurs concernant les décisions liées aux rémunérations. La société a mis en place un cadre de rémunération visant à refléter les attentes des parties prenantes et à récompenser le succès à long terme du groupe.

Parallèlement à son rapport annuel, Centrica a annoncé une forte baisse de ses bénéfices, attribuée à des températures douces permettant aux clients de British Gas de diminuer leur consommation de chauffage. De plus, un nombre croissant de foyers s’oriente vers des contrats à prix fixes plus avantageux, entraînant une baisse des revenus pour le fournisseur. Environ un tiers de ses clients sont désormais sous contrat à tarif fixe, contre un quart fin 2024.

Les bénéfices ajustés de Centrica pour 2025 ont chuté à 309 millions de livres, contre 364 millions l’année précédente, malgré une croissance de 1% du nombre de clients, totalisant près de 8 millions de comptes. Les bénéfices dans le secteur de la vente au détail sont restés stables à 557 millions, grâce à de meilleures performances des divisions de services énergétiques.

Jeudi dernier, Centrica a enregistré une perte de plusieurs centaines de millions de livres de valeur boursière après l’annonce de la suspension de son programme de rachat d’actions, à la suite d’un recul de près de 39% de ses bénéfices annuels. Les actions de Centrica ont chuté de justesse après l’information diffusée aux actionnaires concernant l’orientation vers des investissements plus prévisibles plutôt que sur des rachats.

L’entreprise envisage désormais de se concentrer sur des secteurs de l’industrie énergétique capables de garantir des retours stables, tels que les investissements soutenus par l’État dans l’énergie nucléaire et les solutions de capture du carbone. Chris O’Shea a précisé que la pause dans le rachat d’actions permettrait de prioriser des investissements créant une valeur durable pour les actionnaires, tout en continuant à fournir de l’énergie fiable et abordable.

Centrica investit activement dans le nouveau projet de centrale nucléaire de Sizewell C, et projette de construire jusqu’à 6 GW de réacteurs modulaires avancés en collaboration avec X-Energy. De plus, le groupe a récemment acquis la plus grande terminal de gaz d’importation d’Europe, Grain LNG, pour 1,5 milliard de livres, et projette d’investir massivement dans ses installations de stockage de gaz à Rough.

Ces investissements sont perçus comme un pari sur l’appétit croissant de l’Europe pour une électricité à faible empreinte carbone, en réponse à la forte demande des centres de données liés à l’IA et à la recherche d’alternatives sécurisées aux importations de gaz, notamment après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

À l’avenir, la société continuera à dialoguer de manière constructive avec le gouvernement au sujet de la future exploitation du site de stockage de gaz de Rough, qui peine à générer des bénéfices ces dernières années. Centrica a rouvert cette installation en 2022 dans le contexte de la crise énergétique européenne, mais la baisse des prix sur le marché européen crée des tensions financières.

Bon à Savoir

  • Centrica a récemment reporté ses dividendes en raison de l’incertitude économique.
  • La société mise sur les énergies renouvelables pour diversifier son portefeuille.
  • Une partie importante de ses investissements concerne la recherche et développement dans les technologies de capture du carbone.

En regardant cette situation, une question se pose : pourrait-on envisager une réévaluation des priorités des entreprises face à l’ascension de l’énergie durable ? L’interaction entre rémunérations des dirigeants et attentes des consommateurs doit nous amener à réfléchir sur l’éthique des affaires dans un monde en pleine mutation. Quelles valeurs devrions-nous privilégier pour un avenir énergétique durable et équitable ?



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