Les “Deux Sessions” de la Chine, prévues du 4 au 11 mars, se présentent comme un événement incontournable, davantage axé sur les orientations et les biais de politique que sur une annonce spectaculaire de stimulus économique.
Résumé :
-
Les “Deux Sessions” s’ouvriront à Pékin le 4 mars avec le CPPCC (Conférence consultative politique du peuple chinois) et le 5 mars avec le NPC (Congrès national populaire), le rapport de travail du gouvernement étant annoncé par le Premier ministre Li Qiang le 5 mars.
-
Cette année 2026 est cruciale en tant qu’année de transition vers le 15ème plan quinquennal (2026-2030), les autorités préparant des documents relatifs au plan pour les délibérations de mars.
-
Les marchés surveillent de près si Pékin abaissera l’objectif de croissance du PIB de “près de 5 %” à environ 4,5 %–5 %, ce qui officialiserait un mouvement vers un encadrement axé sur la “qualité/la sécurité” et diminuerait les attentes pour un stimulus massif.
-
Un ratio de déficit fiscal d’environ 4 % du PIB est largement évoqué comme cas de base, avec un soutien potentiel via l’émission de bons spéciaux et des dépenses ciblées, plutôt que par une augmentation spectaculaire du déficit.
-
Le soutien à la demande intérieure (échanges/vouchers, consommation de services, bien-être) est prévu, mais le ton de la politique continuera à souligner la mise à niveau industrielle, l’innovation et la sécurité dans le contexte des tensions technologiques entre les États-Unis et la Chine.
-
Il faudra prêter attention aux discours concernant le déclin du secteur immobilier, les finances des gouvernements locaux et à la manière dont le secteur financier doit servir l’économie réelle, alors que Pékin tente de renforcer la confiance sans raviver l’endettement.
Les “Deux Sessions” de cette année revêtent une importance particulière, car elles marquent le début de la préparation du 15ème plan quinquennal. Le rapport de travail du gouvernement, qui sera dévoilé par le Premier ministre Li Qiang, est généralement le point de départ pour les objectifs annuels et les tâches politiques, offrant la lecture la plus claire de la position macroéconomique de Pékin.
Les discussions en cours portent notamment sur la possibilité que Pékin réduise l’objectife de croissance du PIB pour 2026. Une telle décision renforcerait l’idée d’une transition vers une croissance de “haute qualité” et diminuerait la pression politique d’un paquet de stimulus large et généralisé.
Le message fiscal devrait s’équilibrer entre soutien et discipline. Les analystes s’attendent à un ratio de déficit similaire aux niveaux récents, souvent discuté autour de 4 % du PIB, avec un soutien progressif fourni par des programmes ciblés et des canaux de financement étatiques. En parallèle, des efforts pour stimuler la demande intérieure et améliorer le soutien social sont à l’ordre du jour, tout en veillant à comment Pékin souhaite diriger le crédit vers des “industries d’avenir” tout en maîtrisant les risques liés au secteur immobilier et à la dette locale.
Bon à Savoir
- Les “Deux Sessions” sont un moment clé pour les annonceurs politiques et économiques, attirant l’attention des investisseurs.
- Le discours de Li Qiang est souvent scruté pour comprendre les priorités de la Chine pour l’année à venir.
- Le contexte géopolitique influe considérablement sur les décisions économiques de la Chine, notamment avec les tensions américaines.
- Les programmes de soutien à la consommation intérieure peuvent varier en fonction des priorités politiques actuelles.
- Le suivi des anticipations de déficit fiscal peut donner des indices sur la direction économique à moyen terme.
En somme, les “Deux Sessions” constituent un révélateur des aspirations et des défis de la Chine sur la scène mondiale. L’orientation prise vers un développement durable et sécurisé soulève des interrogations essentielles : jusqu’où la Chine ira-t-elle pour équilibrer croissance et stabilité dans un monde de plus en plus incertain ? Ce questionnement pourrait guider les réflexions sur les interactions économiques futures entre les nations, et invite à une analyse plus poussée des dynamiques en jeu.