Lidl et Iceland sont les premières entreprises à voir leurs publicités interdites suite à l’application de nouvelles règles de restriction sur la commercialisation des aliments jugés peu sains au Royaume-Uni.
Depuis le 5 janvier, l’Autorité de régulation de la publicité (ASA) surveille l’interdiction des publicités pour les aliments de junk food à la télévision avant 21h et dans les publicités en ligne payantes à tout moment de la journée.
Ce mercredi, l’ASA a déclaré que les annonces des deux supermarchés, diffusées sur Instagram et le site du Daily Mail, enfreignaient les nouvelles règles, qui interdisent la promotion des produits jugés riches en graisses, sel et sucre (HFSS) dans le cadre des efforts gouvernementaux pour lutter contre l’obésité infantile croissante.
Lidl Irlande du Nord avait rémunéré Emma Kearney, une influenceuse de lifestyle renommée sous le nom de Baby Emzo, pour créer un post Instagram faisant la promotion des produits de boulangerie du supermarché.
Image : ASA
Le post vidéo présentait une plaque de pains suisses, une pâtisserie française fourrée à la crème vanille et aux pépites de chocolat, que l’un des plaignants a qualifiée de produit alimentaire “moins sain” violant les règles britanniques.
Lidl a déclaré que la publicité visait à mettre en avant la marque, précisant qu’il était permis de faire la promotion de marques tant que les produits “identifiables” de junk food n’étaient pas montrés, mais a reconnu que l’annonce avait promu un produit banni.
Iceland Foods a diffusé une annonce numérique et publicitaire sur le site du Daily Mail promouvant des produits tels que les Swizzels Sweet Treats, Chupa Chups Laces, Choose Disco Stix et Haribo Elf Surprises.
Image : ASA
Conformément aux nouvelles règles publicitaires, les chocolats et les bonbons ne répondent pas au modèle de profilage nutritionnel et sont classés comme un produit HFSS, ou “moins sain”, qui ne peut être annoncé.
Iceland a indiqué qu’elle demandait des informations sur le profil nutritionnel à tous ses fournisseurs, mais qu’elle était “consciente des lacunes” dans les données fournies.
Le supermarché a engagé un fournisseur de données pour compiler mensuellement les informations nutritionnelles de tous les produits présents sur le site d’Iceland, afin d’identifier tous les produits classés comme “moins sains”, mais dans ce cas, les annonces avaient été diffusées sur le site du Daily Mail.
L’ASA a donné raison aux plaintes et a interdit les publicités d’Iceland et de Lidl. Elle a demandé aux supermarchés de s’assurer que leur marketing numérique n’affiche pas de produits enfreignant les règles relatives aux publicités pour la junk food.
Bon à Savoir
- Les règles sur la publicité alimentaire au Royaume-Uni visent à protéger les enfants des messages trompeurs concernant les aliments malsains.
- La mesure a été adoptée face à la montée de l’obésité infantile, un enjeu de santé publique majeur.
- Les supermarchés sont encouragés à utiliser des pratiques de marketing responsables en se basant sur des données nutritionnelles précises.
- Les influenceurs jouent un rôle clé dans les stratégies de marketing des grandes marques, mais doivent respecter les réglementations en vigueur.
- Les sanctions imposées aux entreprises pourraient inciter une révision globale de leur stratégie de communication.
Ce développement souligne un enjeu crucial : la tension entre les pratiques de marketing commercial et la responsabilité sociale. Dans un monde où l’accessibilité de l’information nutritionnelle devient prépondérante, la question qui se pose est celle de l’équilibre à trouver entre innovation publicitaire et respect des normes de santé publique. La société est-elle prête à remettre en question ses choix de consommation pour le bien-être de ses générations futures ? Cette réflexion mérite d’être approfondie.