La Banque d’Angleterre a décidé de maintenir le taux d’intérêt à 3,75 %, tout en prévenant que le Royaume-Uni pourrait devoir se préparer à des hausses de taux plus tard dans l’année en raison d’une inflation plus élevée inévitable, conséquence des conflits au Moyen-Orient.
Lors d’une réunion de son comité de politique monétaire (MPC), la Banque d’Angleterre a voté à une majorité de 8 contre 1 pour garder les coûts d’emprunt inchangés.
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque, a déclaré que le conflit au Moyen-Orient provoquait une hausse de l’inflation cette année. Il a précisé que les décideurs surveillent de près la situation mondiale et son impact sur l’économie britannique. Selon lui, le maintien du taux à 3,75 % semblait raisonnable compte tenu de l’état de l’économie et de l’imprévisibilité des événements dans cette région.
Le rôle du comité est de s’assurer que l’inflation au Royaume-Uni reste autour d’un objectif de 2 %. Depuis mi-2024, la Banque a déjà réduit les taux d’intérêt à six reprises et s’attendait à de nouvelles baisses avant le début du conflit entre Israël et l’Iran.
Cependant, la Banque a noté que le conflit au Moyen-Orient a modifié les prévisions d’inflation, qui étaient auparavant optimistes. La dernière publication de l’Office for National Statistics (ONS) montre que le taux d’inflation au Royaume-Uni a atteint 3,3 % en mars, contre 3 % en février.
Cette montée des prix de l’énergie se fait déjà ressentir au Royaume-Uni, se traduisant par une hausse des coûts du carburant, ce qui est susceptible de propulser l’inflation à la hausse à mesure que l’impact de ces hausses se propage dans l’économie.
Toutefois, bien que les décideurs estiment que l’augmentation des prix mondiaux de l’énergie aura un effet direct sur les coûts énergétiques et de carburant, ils pensent que l’impact sur la demande secondaire sera limité. La demande de main-d’œuvre reste faible au Royaume-Uni, et le taux de chômage augmente depuis 2024, rendant plus difficile pour les travailleurs de négocier des salaires plus élevés. De même, des entreprises peinent à augmenter leurs prix en raison d’une demande des consommateurs fragile.
Bailey a indiqué que, par rapport au choc énergétique précédent de 2022, les circonstances actuelles sont moins favorables avec des perspectives d’inflation plus faibles et une demande plus faible.
La seule voix dissidente dans cette décision était celle de Huw Pill, économiste en chef de la Banque d’Angleterre, qui a voté pour une augmentation des taux à 4 %, estimant que le risque d’effets secondaires sur les prix et les salaires était surtout orienté à la hausse.
La Banque a élaboré trois scénarios concernant l’impact de la guerre sur l’économie britannique. Dans tous les cas, l’inflation est attendue à la hausse avec un taux de chômage atteignant au moins 5,5 %.
Dans le scénario pessimiste, où les prix du pétrole atteindraient 130 dollars le baril, l’inflation pourrait culminer à 6,2 % au début de 2027. En revanche, les scénarios plus optimistes envisagent une chute des prix du pétrole avec une inflation à 3,3 % en 2026.
Plus tard dans la journée, le Brent a atteint 126 dollars le baril avant de redescendre à 115,50 dollars.
Bailey a exprimé que cette décision de maintenir les taux était une “retenue délibérée et active” et ne signifiait pas forcément une hausse imminente des taux, bien que les modélisations suggèrent que cela pourrait être nécessaire dans les scénarios B et C.
Enfin, cette décision est perçue comme un soulagement pour le gouvernement travailliste, à l’approche d’élections locales importantes.
Des mesures anti-inflation annoncées par Rachel Reeves, la chancelière, comme des réductions sur les factures de services publics, ont également été mises en place pour tenter de stabiliser l’inflation.
Avant la montée des prix énergétiques, l’activité économique au Royaume-Uni montrait des signes de dynamisme avec une croissance du PIB de 0,5 % et une réduction du taux de chômage de 5,2 % à 4,9 % en trois mois.
Bon à Savoir
- La Banque d’Angleterre calcule régulièrement son taux d’inflation par rapport à un objectif de 2 %.
- Le taux de chômage au Royaume-Uni a connu une hausse continue ces dernières années.
- Les prix de l’énergie jouent un rôle crucial dans l’inflation actuelle.
- Les perspectives économiques dépendent fortement de la dynamique internationale, particulièrement du Moyen-Orient.
- Les prévisions d’inflation peuvent changer rapidement en fonction des événements globaux.
Cette situation nous amène à réfléchir sur la nature intrinsèquement interconnectée de notre économie mondiale. Les décisions prises dans un coin du monde peuvent entrainer des répercussions significatives dans d’autres régions, soulevant des questions plus larges sur la résilience économique et la gestion des crises. À l’aube de notre époque, il sera crucial de naviguer dans ces turbulences tout en préservant la stabilité et la confiance dans nos systèmes économiques respectifs.