Greenpeace menace de poursuivre la Couronne pour la hausse des coûts de l'éolien en mer
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Greenpeace envisage de poursuivre la société de gestion immobilière du roi Charles, l’accusant d’exploiter sa position monopolistique sur le lit de la mer.

Le groupe environnemental prétend que le domaine royal a augmenté les coûts pour les développeurs d’énergies éoliennes tout en renforçant ses propres profits, ainsi que ceux du ménage royal, en raison de sa manière “agressive” d’encherir sur les droits sous-marins.

En tant que propriétaire légal du lit de la mer autour de l’Angleterre, du Pays de Galles et d’Irlande du Nord, le domaine royal est chargé de la vente aux enchères des droits liés à l’énergie éolienne en mer. Il a profité d’une forte croissance dans ce secteur, exigeant d’importantes redevances des développeurs d’énergie renouvelable pour sécuriser des zones de la mer où ils peuvent construire leurs parcs éoliens.

Pour l’année financière se terminant en mars, le domaine royal a annoncé un bénéfice de 1,1 milliard de livres, soit le double du montant enregistré il y a seulement deux ans.

Will McCallum, co-directeur exécutif de Greenpeace UK, a déclaré que le domaine devrait “gérer le lit de la mer dans l’intérêt de la nation et du bien commun, et non comme un actif à exploiter pour du profit et des primes indécentes”.

Il a aussi ajouté : “Nous ne devrions négliger aucun aspect dans notre recherche de solutions pour réduire les factures d’énergie qui causent du désarroi à des millions de foyers.”

“Étant donné l’importance des factures abordables et des énergies propres pour l’agenda gouvernemental, la ministre des Finances devrait exercer ses pouvoirs pour demander une évaluation indépendante de la gestion de ces enchères. Si le problème n’est pas résolu avant le prochain tour, il se pourrait que nous devions laisser un tribunal décider si ce qui se passe est légal.”

Greenpeace soutient que le domaine royal a une obligation légale de ne pas exploiter sa position monopolistique en tant que propriétaire des fonds marins, ce qu’il ne respecterait pas actuellement.

Le groupe a exprimé des craintes quant à la rationnalisation de l’offre du lit de la mer par le domaine royal pour maintenir des prix élevés, ce qui pourrait nuire au développement de l’énergie éolienne offshore au Royaume-Uni.

Le domaine royal a, pour sa part, rejeté les accusations de Greenpeace, affirmant que le groupe a interprété de manière erronée les obligations légales du domaine.

Environ 12% des bénéfices du domaine royal sont reversés à la monarchie via le “sovereign grant” qui finance ses activités, un pourcentage qui a été réduit de 25% en 2023 pour compenser la hausse des bénéfices issus des projets éoliens offshore.

L’industrie éolienne britannique se trouve à un tournant décisif alors que le gouvernement projette de doubler la capacité éolienne terrestre et de quadrupler celle offshore d’ici la fin de la décennie.

Le domaine royal, qui inclut également un portefeuille de biens immobiliers à Londres et des propriétés rurales, est évalué à 15 milliards de livres. Les actifs immobiliers à Londres, principalement autour de Regent Street et St James’s, sont estimés à 7,1 milliards de livres.

Un porte-parole du domaine royal a déclaré que “Greenpeace a mal compris les obligations légales du domaine royal et les processus de location. Les frais d’option ne sont pas fixés par le domaine royal mais déterminés par les développeurs lors d’enchères publiques et compétitives qui reflètent la demande du marché au moment”. Il a également ajouté que “les recettes nettes sont reversées à l’État, et les frais d’option veillent à ce que les contribuables bénéficient de la valeur indispensable offerte par le développement de cette ressource maritime précieuse”.

Un porte-parole du Trésor a ajouté que le domaine royal “opère de manière indépendante et prend ses propres décisions commerciales”, précisant que “chaque penny de profit qui va au Trésor aide à financer des services publics essentiels comme les écoles et les hôpitaux”.

Bon à Savoir

  • Le domaine royal joue un rôle crucial dans le développement des énergies renouvelables au Royaume-Uni.
  • La démarche de Greenpeace peut susciter un débat sur la gestion des ressources maritimes et leur impact environnemental.
  • Les enchères liées aux droits d’exploitation des fonds marins sont influencées par de nombreux acteurs et enjeux du marché.
  • Le financement de l’énergie verte est devenu une priorité dans l’agenda politique actuel.
  • La gestion des profits du domaine royal a un impact direct sur les projets sociaux financés par le gouvernement.

La confrontation entre profit économique et protection des ressources naturelles soulève des questions fondamentales sur notre manière de concevoir la croissance durable. À l’heure où l’urgence climatique se fait plus pressante, il est essentiel d’interroger les modèles économiques qui favorisent l’exploitation des ressources au détriment du bien commun. En quoi nos choix énergétiques peuvent-ils façonner l’avenir que nous désirons pour les prochaines générations ?



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