Le Royaume-Uni, pays européen le plus exposé aux pénuries de carburant aérien, selon le patron de Ryanair !
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Ryanair alerte sur la vulnérabilité du Royaume-Uni face aux pénuries de carburant

Le Royaume-Uni est désigné comme le pays le plus vulnérable d’Europe en matière de pénuries potentielles de carburant aérien, en raison des tensions liées à la guerre en Iran, selon le PDG de Ryanair, Michael O’Leary.

Selon O’Leary, le Royaume-Uni dépend de Koweït pour environ 25 % de son approvisionnement en carburant, ce qui le rend particulièrement exposé. « En ce moment, le pays le plus vulnérable en Europe est le Royaume-Uni, à cause de la part de marché détenue par le Koweït ici », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il pourrait y avoir un surplus de carburant A-1 au Moyen-Orient, mais que des incertitudes subsistent quant à la logistique d’expédition vers l’Europe.

Les compagnies aériennes du monde entier ont été contraintes d’annuler certains vols, la guerre en Iran provoquant une flambée des prix du carburant aérien. La semaine dernière, le prix moyen du carburant pour aviation était de 195 dollars le baril, soit plus du double par rapport à l’année précédente. Cette hausse des prix est attribuée à la quasi-closure du détroit d’Hormuz, par lequel transite plus d’un cinquième de l’huile mondiale.

Les cours du pétrole ont légèrement reculé mercredi après que Donald Trump a exprimé son souhait de voir la guerre en Iran se terminer dans les deux à trois semaines. Le prix du Brent, référence internationale, a chuté sous la barre des 100 dollars, atteignant un point bas à 98,83 dollars.

Ryanair a indiqué avoir couvert 80 % de ses coûts de carburant jusqu’en mars prochain, à 67 dollars le baril. Cependant, O’Leary a souligné que le véritable défi pour la compagnie aérienne ne serait pas le prix mais plutôt les perturbations d’approvisionnement si le conflit se poursuivait.

« Personne ne peut nous garantir quoi que ce soit pour juin ou juillet », a-t-il précisé. « Si le risque de pénurie de 10 % ou 20 % de l’approvisionnement en carburant se concrétise, nous et toutes les autres compagnies aériennes devrons envisager d’annuler certains vols ou de réduire notre capacité. »

Il n’a pas écarté la possibilité d’augmentations tarifaires, même s’il a affirmé qu’il n’y avait pas de projets en ce sens, arguant que la compagnie n’avait jamais le contrôle des prix. Il a noté une concurrence accrue pour les vols court-courriers en Europe, surtout pendant les vacances de Pâques, avec un changement de la demande passant du Golfe vers le continent.

Ryanair a également renouvelé son appel à l’abolition de la taxe sur les passagers aériens (APD) au Royaume-Uni, une taxe qui a augmenté de 2 livres ce mercredi, augmentant ainsi le coût d’un vol économique court-courrier.

« Cette hausse de l’APD rend le voyage aérien au Royaume-Uni encore moins compétitif par rapport à des pays comme la Suède, la Hongrie, la Slovaquie et certaines régions d’Italie, où les gouvernements suppriment des taxes environnementales, et en récoltent les bénéfices avec une croissance rapide du trafic, du tourisme et de l’emploi », a ajouté O’Leary.

Il a par ailleurs annoncé que la compagnie aérienne avait intégré 29 nouveaux appareils cet été, bien qu’un seul ait été affecté à Londres.

Ryanair, dont le siège est à Swords en Irlande, est la plus grande compagnie aérienne d’Europe, avec plus de 26 000 employés à travers le monde.

Bon à Savoir

  • Le détroit d’Hormuz est crucial, représentant une artère majeure pour le transport pétrolier mondial.
  • La dépendance énergétique du Royaume-Uni pourrait influencer ses relations commerciales avec d’autres pays producteurs.
  • Les fluctuations des prix du carburant se répercutent souvent sur le coût des billets d’avion.
  • Les politiques fiscales, comme l’APD, peuvent impacter la compétitivité des compagnies aériennes.
  • La transition de la demande des consommateurs peut redéfinir les priorités des compagnies aériennes.

Dans un contexte global où les géopolitiques influencent le marché, il est essentiel de réfléchir à la manière dont chaque crise peut dessiner de nouvelles réalités économiques pour les secteurs dépendants de ressources critiques. Comment les entreprises s’adaptent-elles à ces changements, et comment peuvent-elles anticiper de futures crises ? Ces questions méritent une attention particulière, car elles pourraient redéfinir les pratiques commerciales à l’échelle mondiale.



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