Intrepid abandonne les compensations carbone pour des actions concrètes
Intrepid, un opérateur de voyages australien reconnu pour son engagement environnemental, a décidé de ne plus recourir aux compensations carbone et de renoncer à ses objectifs d’émissions, jugés inaccessibles. La société, basée en Australie, a annoncé qu’elle investirait 2 millions de dollars australiens par an dans un « fonds d’impact climatique » vérifié, visant des mesures pratiques immédiates telles que le passage à des véhicules électriques et l’investissement dans les énergies renouvelables.
Spécialisée dans les circuits en petits groupes, Intrepid a reconnu que son empreinte écologique était largement déterminée par les vols de ses clients pour atteindre les destinations. Cela avait d’ailleurs conduit son co-fondateur, Darrell Wade, à qualifier les compensations adoptées il y a cinq ans de « non crédibles ».
Dans une lettre adressée à ses employés, Wade et le directeur général, James Thornton, ont déclaré : « Intrepid, et en vérité l’ensemble de l’industrie du voyage, ne sont pas sur la bonne voie pour atteindre un avenir à 1.5°C, et des actions plus urgentes sont nécessaires pour s’en rapprocher. » Ils ont également souligné que le manque de politiques gouvernementales ambitieuses en matière d’énergie renouvelable et de carburants d’aviation durables est un frein à cette transformation nécessaire.
Thornton a ajouté que ce changement visait à instaurer la confiance à travers la transparence, plutôt que de perdre des clients en admettant l’échec de leurs engagements climatiques. Il a été le premier opérateur mondial à adopter un objectif basé sur la science via le SBTi et reconnaît désormais que cet engagement n’est pas viable. La stratégie désormais mise en avant inclut le développement d’un nouveau ciblage pour diminuer l’intensité carbone de chaque voyage, élaboré en collaboration avec des scientifiques climatiques, et vérifié par des auditeurs indépendants.
Pour réduire l’empreinte carbone, l’entreprise entend privilégier les voyages intérieurs et de courte distance, tout en proposant davantage d’itinéraires sans vol, ainsi que des randonnées.
Les défenseurs de l’environnement ont longtemps dénoncé les compensations, appelant à une réduction des liaisons aériennes. Doug Parr, directeur scientifique de Greenpeace Royaume-Uni, a déclaré que ces systèmes de compensation permettaient aux grandes compagnies aériennes et pollueurs de se donner une image « verte » tout en continuant à émettre des gaz à effet de serre. Greenpeace soutient l’idée d’un impôt sur les vols fréquents, taxant fortement les vols supplémentaires pour dissuader les voyageurs excessifs.
Thornton a déclaré avoir constaté de première main combien l’action climatique significative était importante pour les fondateurs et propriétaires d’Intrepid, qui y voient un héritage. Il a aussi reconnu que la manière actuelle de voyager n’est pas durable et que toute affirmation contraire relèverait du greenwashing.
Bon à Savoir
- Intrepid a été le premier tour opérateur mondial à adopter des initiatives basées sur la science.
- Le fonds climat d’Intrepid sera vérifié par des organismes indépendants.
- Des alternatives sans vol sont de plus en plus proposées pour réduire l’empreinte carbone.
- Les gouvernements sont souvent critiqués pour leur inaction face aux politiques environnementales ambitieuses.
- Le soutien à des initiatives comme la taxations des vols fréquents alimente le débat sur la durabilité du voyage.
Ce tournant dans la stratégie d’Intrepid soulève des interrogations sur la durabilité de l’industrie du voyage en général. Les défis liés aux impacts environnementaux des transports rappellent l’importance de repenser notre relation avec le voyage. Peut-on vraiment concilier plaisir d’explorer de nouveaux horizons et respect de la planète ? La transformation vers un avenir durable nécessite une prise de conscience collective, et il est impératif que chacun d’entre nous réfléchisse à ses choix en matière de voyage.