La société australienne Corporate Travel Management (CTM), gestionnaire de la barge d’asile Bibby Stockholm, a admis avoir surfacturé le gouvernement britannique à hauteur de 118 millions de livres sterling. Selon un audit, des erreurs de facturation ont été détectées, augmentant l’estimation de la somme due au gouvernement de 40 millions de livres.
CTM a indiqué dans un communiqué à la Bourse australienne qu’elle était en train de négocier des accords commerciaux pour rembourser ce montant. La société, qui a fourni des chambres d’hôtel pendant la pandémie et un hébergement pour les demandeurs d’asile, a rencontré des difficultés ces derniers mois en raison d’irrégularités comptables au Royaume-Uni ayant conduit à la suspension de ses actions.
Le contrat gouvernemental a révélé que CTM était consciente depuis 2022 d’une surfacturation de 54,6 millions de livres. En novembre 2025, elle a annoncé un montant total de surfacturation de 77,6 millions, pour finalement porter ce chiffre à 118 millions.
La direction pensait que le problème avait été résolu grâce à des accords écrits avec les clients pour rembourser les fonds indus. Cependant, fin novembre, des doutes sont apparus quant à l’authenticité de ces accords, remettant en question la confiance de la direction.
L’ancien PDG de CTM au Royaume-Uni, Michael Healy, a quitté ses fonctions en novembre avant d’être licencié en décembre pour violation de ses obligations contractuelles. Jamie Pherous, le fondateur et directeur général du groupe, a pris sa retraite en février.
Une révision a révélé que sous leur direction, CTM avait facturé au gouvernement près de 54,6 millions de livres de plus pour les chambres d’hôtel de mise en quarantaine qu’elle ne payait en 2022. Une enquête de KPMG a mis en lumière d’autres cas de surfacturation ou de retention de fonds devant être remboursés, portant le total à 118 millions.
Ana Pedersen, la directrice générale par intérim, a assuré que les problèmes étaient circonscrits à l’activité britannique. Elle a déclaré que les mesures prises étaient étendues et rigoureuses, et que l’entreprise continuerait à agir en conséquence.
Ewen Crouch, président de la société, a précisé que d’importants changements avaient été mis en œuvre au sein de l’entité britannique, notamment en matière de contrôle financier et de processus opérationnels. Il a également exprimé le souhait que les actions de l’entreprise continuent d’être cotées en Bourse cette année.
CTM, dont le siège est à Brisbane, en Australie, emploie environ 3 000 personnes dans le monde. Elle a été un important contractant pour le gouvernement britannique et a géré la barge à asile Bibby Stockholm, amarrée à Portland Port dans le Dorset, jusqu’à sa mise hors service en novembre 2024.
Cette barge a régulièrement fait les gros titres, notamment suite au décès de Leonard Farruku, un jeune homme de 27 ans qui a perdu la vie dans la salle de bain de sa cabine partagée en 2023, un décès confirmé par une enquête comme étant un suicide.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué qu’une enquête interne était en cours concernant cette surfacturation avec CTM, ajoutant que plus de 70 millions de livres avaient déjà été récupérés grâce à des contrats d’hébergement pour demandeurs d’asile qui ne fournissaient pas un bon rapport qualité-prix.
Bon à Savoir
- CTM a été fondée en 1994 et est devenue un acteur clé dans le secteur de la gestion de voyage d’affaires.
- La barge Bibby Stockholm a suscité des débats passionnés sur la politique d’asile et le traitement des demandeurs d’asile.
- Les mesures de contrôle financier des entreprises publiques sont de plus en plus strictes pour éviter de tels problèmes à l’avenir.
- Le gouvernement britannique explore d’autres solutions d’hébergement pour les demandeurs d’asile, vis-à-vis de la situation des hôtels.
- La transparence dans les contrats gouvernementaux est essentielle pour maintenir la confiance du public.
Cette situation nous pousse à réfléchir sur la responsabilité des entreprises vis-à-vis des fonds publics et la nécessité de garantir une gestion éthique. Dans un monde où la transparence et l’intégrité sont primordiales, comment établir un système où la confiance est renouvelée et où les ressources sont utilisées judicieusement ? Cette interrogation mérite d’être explorée au-delà des simples considérations financières, engageant ainsi un débat crucial sur la morale en affaires.