Le président du Conseil national des marchés financiers (CNPF), André Emelin, met en garde : jusqu’à 15 millions de Russes pourraient perdre l’accès aux microcrédits à partir de l’année prochaine. Cette déclaration a été rapportée par le quotidien « Vedomosti », qui cite une lettre d’Emelin adressée à la gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabiullina.
En effet, dès le 1er janvier, les institutions de microfinancement (IMF) ne pourront plus utiliser leurs propres modèles pour évaluer les revenus des emprunteurs potentiels pour les prêts de petite taille, qui peuvent atteindre jusqu’à 50 000 roubles. Des analystes du syndicat professionnel « Mir » ont également tiré la sonnette d’alarme concernant le risque de retirer massivement l’accès à ce type de produit financier.
Les acteurs du marché incitent la Banque centrale à repousser au 1er juillet 2027 l’application de cette interdiction concernant l’évaluation des revenus. Emelin propose même de supprimer cette restriction pour les prêts ne dépassant pas 30 000 roubles.
Il convient de rappeler qu’auparavant, la Banque centrale avait imposé aux IMF de s’appuyer sur les données des systèmes d’information du Service fédéral des impôts (STI) et du Fonds social russe via le service « Profil numérique du citoyen » pour évaluer les revenus des emprunteurs. Cette demande avait déjà été formulée par le président Vladimir Poutine. Cependant, les acteurs du marché soulignent que seules 5 % des IMF sont connectées à ce système, et même celles-ci n’ont pas accès aux indicateurs de charge de la dette des citoyens. Dans ce contexte, ils appellent à une réflexion sur la mise en œuvre de cette interdiction.
En octobre 2025, un rapport du Centre de recherche VTsIOM a révélé que les Russes ayant déjà fait appel à des IMF privilégient ce mode de financement pour des raisons telles qu’un accès plus rapide aux fonds, des exigences documentaires allégées et la possibilité de faire une demande en ligne, sans se rendre dans une agence.
Bon à savoir
- Les IMF jouent un rôle crucial dans le paysage financier en Russie, surtout pour les petites emprunts.
- Les récentes réglementations visent à protéger les emprunteurs tout en préservant la viabilité des IMF.
- La digitalisation des services financiers est un enjeu majeur, même si l’accès à ces outils est limité.
- Les raisons qui poussent les emprunteurs vers les IMF peuvent varier considérablement selon les traditions économiques locales.
Ce débat met en exergue les défis que rencontrent les institutions financières dans un environnement en constante évolution. Il soulève des questions essentielles sur l’équilibre entre régulation et accessibilité. En période d’incertitude économique, la capacité d’accès au crédit reste un sujet crucial pour de nombreux citoyens. Alors que la finance digitale prend de l’ampleur, la réflexion sur la manière dont les institutions s’adaptent aux nouvelles réalités est plus pertinente que jamais. Les acteurs du marché sont donc amenés à redoubler d’efforts pour trouver des solutions innovantes qui garantissent à la fois sécurité et accessibilité pour l’emprunteur.