Les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne contre les entreprises pétrolières russes, ainsi que les attaques continues des forces armées ukrainiennes sur les raffineries russes, ont entraîné une réduction de l’offre de carburant sur le marché mondial. Cela a contribué à l’augmentation des prix à la pompe aux États-Unis, comme l’indique Bloomberg.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les prix de l’essence et du diesel en Amérique demeurent élevés. Le prix du diesel, qui s’élevait à environ 150 dollars le baril fin janvier, a aujourd’hui atteint environ 160 dollars. En revanche, le coût de l’essence est resté relativement stable, malgré une baisse de près de 20 % des prix mondiaux du pétrole pendant cette période.
Bloomberg souligne que cet écart s’explique par un déclin de la capacité de raffinage mondial. Les attaques sur les infrastructures énergétiques russes, les interruptions à grande échelle dans certaines usines en Asie et en Afrique, ainsi que des fermetures de capacités en Europe et aux États-Unis ont fait disparaître des millions de barils de carburant raffiné du marché. Les sanctions américaines contre « Lukoil » et « Rosneft », ainsi que l’interdiction prochaine de l’UE sur les importations de produits pétroliers russes, qui prendra effet en janvier 2026, exercent une pression supplémentaire.
Malgré cette pénurie, les raffineries en activité enregistrent des bénéfices record. Les marges bénéficiaires aux États-Unis, en Europe et en Asie atteignent actuellement leurs niveaux les plus élevés pour cette période de l’année depuis 2018, notamment pour des entreprises comme Valero et le turc Tupras, dont les actions ont considérablement augmenté.
Par ailleurs, la capacité de raffinage est techniquement limitée. Récemment, les raffineries américaines ont fonctionné à plus d’un million de barils par jour en dessous des niveaux de l’année précédente, certaines installations en Europe et aux États-Unis étant fermées. Au Koweït, la raffinerie d’Al-Zour n’a fait fonctionner qu’une de ses trois unités, tandis que la raffinerie Dangote au Nigeria se prépare à l’arrêt pendant près de deux mois de son bloc essentiel de production d’essence.
Le marché anticipe également l’instauration de nouvelles sanctions américaines contre « Rosneft » et « Lukoil », ainsi que les restrictions de l’UE en janvier. L’exportation cumulée de produits pétroliers par ces entreprises dépasse 800 000 barils par jour, et des experts interrogés par Bloomberg avertissent que de nouvelles mesures pourraient accroître encore l’incertitude. Dans ce contexte de perturbation de la capacité de raffinage, cela favorise des prix élevés pour le consommateur, même en dépit d’un excédent de pétrole brut et d’une baisse des cotations mondiales.
Il convient de rappeler que le département du Trésor américain a annoncé le 22 octobre l’imposition de sanctions contre les entreprises russes « Lukoil » et « Rosneft », ainsi que contre leurs filiales. Des difficultés rencontrées par la filiale finlandaise de « Lukoil » ont été rapportées, tout comme le fait que la raffinerie bulgare, propriété de ce géant pétrolier, se prépare à un éventuel contrôle externe, car les sanctions sur les actifs de « Lukoil » pourraient entraîner l’arrêt de l’outil industriel.
Bon à Savoir
- Les prix du carburant peuvent varier considérablement en fonction des fluctuations du marché mondial et des événements géopolitiques.
- Les marges bénéficiaires des raffineries peuvent influencer les prix à la pompe.
- Une augmentation des sanctions peut avoir des conséquences imprévues sur l’approvisionnement énergétique mondial.
- Les capacités de raffinage peuvent être variables en fonction des fermetures temporaires ou permanentes d’installations.
- Le marché pétrolier est soumis à des fluctuations complexes liées aux conflits internationaux.
Dans une perspective plus large, il est important de questionner comment ces dynamiques mondiales affectent notre rapport à l’énergie et à la consommation. Alors que les entreprises cherchent à maximiser leurs bénéfices, le consommateur s’interroge sur sa dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et sur les alternatives durables. Ce dilemme met en lumière les défis et les opportunités qui se présentent à nous à l’heure où le monde s’efforce de redéfinir son avenir énergétique.