
Copyright AFP
La croissance économique de la Chine a enregistré une progression inférieure à 5 % au troisième trimestre, marquant le niveau le plus bas de l’année, selon des statistiques officielles publiées ce lundi. Cela coïncide avec le démarrage de quatre jours de réunions secrètes du Parti Communiste, consacrées à la planification économique à long terme.
Selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), le PIB chinois a progressé de 4,8 % en glissement annuel entre juillet et septembre, contre 5,2 % au trimestre précédent. Cette baisse est attribuée aux perturbations affectant le commerce international et à une chute persistante de la consommation interne.
Cette donnée est conforme aux prévisions d’AFP, basées sur une enquête menée auprès d’analystes, et représente le taux de croissance le plus faible depuis le même trimestre de l’année précédente, où le PIB avait augmenté de 4,6 %.
Les résultats ont été publiés le même jour que le Comité Central du Parti Communiste a entamé la définition des grandes orientations politiques à long terme de la Chine. De plus, les négociations entre hauts responsables chinois et américains, prévues pour ce mois-ci, pourraient aboutir à une rencontre entre le président Donald Trump et le leader chinois Xi Jinping.
Trump a récemment menacé d’imposer des tarifs douaniers de 100 % sur les produits chinois à compter du 1er novembre, en réaction aux restrictions d’exportation considérables que Pékin a imposées à son secteur stratégique des terres rares.
Face à cette pression commerciale croissante, les experts estiment que la Chine doit réorienter son modèle économique, plaçant davantage l’accent sur la consommation interne au lieu de se reposer principalement sur l’investissement en infrastructures et sur les exportations.
Les investissements en actifs fixes ont connu une légère baisse de 0,5 % en glissement annuel au cours des trois premiers trimestres, en grande partie en raison d’une contraction marquée dans le secteur immobilier.
Ce déclin est qualifié « d’inhabituel et d’inquiétant » par Zhiwei Zhang, de Pinpoint Asset Management. Celui-ci souligne que les récentes mesures d’incitation devraient contribuer à atténuer la pression sur l’investissement au quatrième trimestre. Cependant, il estime que le risque de baisse du PIB au quatrième trimestre persiste.
En ce qui concerne la consommation, celle-ci reste en retrait depuis plusieurs années, n’ayant pas retrouvé pleinement son niveau après la pandémie de COVID-19. L’ONS a également signalé que la croissance des ventes au détail n’a atteint que 3 % en septembre, conforme aux estimations d’une enquête de Bloomberg, mais en baisse par rapport à août et atteignant le taux le plus bas depuis novembre dernier.
« La croissance de la Chine dépend de plus en plus des exportations, qui compensent une décélération de la demande interne, » observe Julian Evans-Pritchard, de Capital Economics. « Ce schéma de développement n’est pas durable. »
Alin, une assistante administrative dans une compagnie d’assurance, a exprimé à l’AFP à Pékin que les« actuels subsides au consommateur ne sont pas suffisants » pour relancer l’économie. Cette inquiétude reflète également les préoccupations des Chinois concernant la sécurité de l’emploi, les prix de l’immobilier et les dépenses liées à l’éducation.
Un point positif : la production industrielle a augmenté de 6,5 % le mois dernier, selon les données, surpassant ainsi le pronostic de 5 % d’une enquête de Bloomberg.
Tous les regards sont désormais tournés vers les résultats de la réunion du Parti Communiste, qui doit se conclure jeudi avec la présentation d’un plan fixant les objectifs politiques, économiques, sociaux et environnementaux du pays.
Bon à Savoir
- La consommation intérieure en Chine reste un enjeu central pour stimuler la croissance.
- Le modèle économique chinois pourrait évoluer vers une plus grande dépendance à la consommation interne.
- Les secteurs en crise, comme l’immobilier, nécessitent des mesures de soutien spécifiques.
- Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis continuent d’influencer le climat économique.
- La production industrielle montre des signes de résilience malgré une consommation stagnant.
En conclusion, la situation économique chinoise révèle des dynamiques complexes, oscillant entre opportunités de croissance et défis sérieux. En poursuivant cette réflexion, il est intéressant de se demander si un changement de paradigme dans le modèle économique pourrait non seulement répondre aux besoins internes, mais également positionner la Chine dans un contexte mondial en transformation. Il serait pertinent d’explorer comment ce rééquilibrage pourrait influencer les relations économiques internationales et la stratégie de développement globale du pays.