Les entreprises du secteur des services au Royaume-Uni ont réduit leurs effectifs le mois dernier, optant pour l’automatisation plutôt que pour l’embauche de nouveaux employés, selon une enquête largement suivie.
Selon l’indice des directeurs d’achats (PMI), les chiffres de l’emploi ont diminué plus fortement en janvier par rapport à décembre, poursuivant une tendance amorcée en octobre 2024.
Cette enquête, considérée comme l’un des indicateurs les plus fiables de la performance d’un secteur, a révélé que cette période de suppression d’emplois dans le secteur des services était la plus longue observée depuis 16 ans, les entreprises choisissant également de ne pas remplacer les départs volontaires.
Le rapport réalisé par S&P Global a indiqué que certaines entreprises se tournaient vers l’automatisation pour compenser les manques en personnel et accroître leur productivité, en raison des marges serrées et des conditions de marché fragiles influençant également les décisions d’embauche.
Tim Moore, directeur des indices économiques chez S&P Global Market Intelligence, a déclaré : « Les signaux pour le marché du travail britannique restent préoccupants, car les recrutements ont diminué de manière plus marquée en janvier alors que les entreprises tentaient de compenser l’augmentation des coûts de main-d’œuvre. »
Le secteur des services représente la plus grande partie de l’économie britannique, contribuant à près de 80 % de la production nationale. Ce secteur inclut divers domaines, allant de l’hôtellerie et de la restauration aux services juridiques et financiers.
Cette étude a été publiée alors que les investisseurs s’efforçaient de comprendre les implications de l’intelligence artificielle, attendue pour automatiser des travaux dans les secteurs de l’édition et des logiciels juridiques.
Mardi, Anthropic, la société derrière le chatbot Claude, a annoncé que son outil pouvait automatiser des tâches juridiques, provoquant une chute des actions des éditeurs et des entreprises de données. Cette vente a débuté à Londres avant de se répandre sur les marchés mondiaux, se poursuivant mercredi malgré un record historique atteint par le FTSE 100.
Certaines de ces industries emploient un grand nombre de personnes à des postes d’entrée, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la hausse du salaire minimal et à l’augmentation des contributions à l’assurance nationale des employeurs depuis avril dernier.
Cela se déroule dans un contexte de hausse générale des coûts, notamment des prix de l’énergie et de l’alimentation, ainsi qu’une révision des taux d’imposition des entreprises qui pourrait augmenter certaines factures et provoquer des critiques à l’égard du gouvernement.
Cependant, l’activité commerciale dans le secteur des services a bien débuté 2026, après un dernier trimestre faible, avec une production qui a rebondi à un pic de cinq mois.
Le PMI a indiqué une augmentation de l’activité, atteignant un équilibre de 54 en janvier, contre 51,4 en décembre, représentant le rythme d’expansion le plus rapide depuis août. Tout chiffre supérieur à 50 indique une croissance, tandis qu’un chiffre inférieur suggère une contraction.
Lorsque l’on combine les résultats du PMI de janvier pour le secteur manufacturier, l’indicateur global montre une activité commerciale au Royaume-Uni à un sommet de 17 mois en janvier.
D’après l’enquête, une partie de cette amélioration a résulté d’un regain de confiance après le budget de fin novembre, qui a mis fin à des mois de spéculations sur de potentielles hausses d’impôts, ouvrant la voie à de nouveaux projets et investissements.
Les attentes concernant une reprise de l’activité commerciale n’ont jamais été aussi fortes depuis octobre 2024, lorsque la chancelier Rachel Reeves avait imposé des hausses d’impôts inattendues aux entreprises lors de son premier budget, malgré les préoccupations des entreprises concernant les risques géopolitiques et la faible demande des consommateurs.
Bon à Savoir
- Le secteur des services englobe un large éventail d’activités économiques, allant du tourisme au secteur technologique.
- L’automatisation est de plus en plus adoptée comme réponse stratégique à la réduction des coûts.
- Les entreprises doivent naviguer entre un environnement économique volatile et des attentes salariales croissantes.
- Les implications de l’intelligence artificielle risquent de transformer radicalement plusieurs secteurs, notamment le droit et l’édition.
- La confiance des investisseurs joue un rôle crucial dans la reprise des activités commerciales.
En conclusion, la situation actuelle du marché du travail au Royaume-Uni soulève des questions essentielles sur la nature même de l’emploi et les attentes liées à l’avenir. L’automatisation, bien que source d’efficacité, pourrait aussi exacerber les inégalités sociales au sein du marché du travail. Le défi consiste donc à équilibrer innovation technologique et responsabilités sociétales, ouvrant ainsi un débat crucial sur la façon dont les entreprises peuvent évoluer tout en contribuant au bien-être collectif.