Les livraisons de gaz vers les usines de GNL américaines ont chuté de manière significative. En raison d’une tempête arctique et de températures glaciales, la production de gaz a diminué, tandis que la demande a fortement augmenté. Ce déclin des exportations pourrait impacter l’Europe, mais tout dépendra de la durée des conditions hivernales aux États-Unis.
Selon les données de RonhEenergy, les volumes livrés aux terminaux de GNL aux États-Unis, qui dépassaient en moyenne 500 millions de mètres cubes par jour en janvier, sont tombés à 328 millions de mètres cubes le 25 janvier, puis à 368 millions le 26 janvier.
Bien que les producteurs américains n’aient pas commenté la situation, il est évident qu’elle est liée aux conditions climatiques. Ce week-end, une tempête arctique a frappé le sud et l’est du pays, entraînant des températures pouvant durer jusqu’à une semaine. La production de gaz a déjà chuté de 11 %, car même au Texas, les puits gèlent et les températures descendent jusqu’à moins 20 degrés Celsius. Parallèlement, la consommation a fortement augmenté, car la génération de gaz constitue la principale source d’énergie.
Certains opérateurs du secteur énergétique dans les États touchés proposent déjà des réductions de consommation payantes aux grands clients.
La hausse soudaine de la demande a également eu un impact sur les prix. Le tarif de gros du carburant sur le marché Henry Hub a plus que doublé, atteignant 234 dollars pour 1 000 mètres cubes.
Il est clair que la situation aux États-Unis pourrait directement affecter l’approvisionnement en gaz en Europe, qui dépend de manière croissante des livraisons de GNL face à une diminution rapide des stocks.
«Les événements sur le marché du gaz naturel américain continuent de susciter des inquiétudes sur le marché européen, car des interruptions d’approvisionnement pourraient influencer les exportations de GNL vers l’Europe. Au cours des derniers jours, la consommation de gaz des usines de GNL américaines a diminué d’environ 48 %, ce qui entraînera une réduction des exportations. Les prix sur le marché TTF continuent de se négocier avec une prime significative par rapport aux livraisons asiatiques, afin d’assurer un approvisionnement en Europe. Il est de plus en plus probable que la saison de chauffage se termine avec des réserves inférieures à 25 % dans les infrastructures de stockage européennes, des niveaux en baisse par rapport à ceux observés en 2022 », déclaré ING.
Aujourd’hui, les contrats à terme sur le TTF néerlandais s’échangent entre 480 et 490 dollars. L’évolution future des prix dépendra de la durée des vagues de froid aux États-Unis et de la réduction de la capacité des usines de GNL.
Par ailleurs, Lloyd’s List a rapporté que les tarifs de fret pour les méthaniers ont chuté, atteignant désormais 14 000 dollars par jour.
«Le temps hivernal rigoureux aux États-Unis va temporairement augmenter la demande sur le marché intérieur, réduisant ainsi les volumes d’exportation de GNL », a expliqué une publication spécialisée.
«Le marché mondial du gaz est devenu beaucoup plus interconnecté. Indépendamment des niveaux de prix absolus, des marchés comme le TTF et le Henry Hub sont désormais structurellement plus instables et de plus en plus influencés par les dynamiques d’offre et de demande, ainsi que par des enjeux géopolitiques en dehors de leurs régions respectives », a souligné Mashal Jaffery de Baringa.
Bon à Savoir
- Les températures extrêmes peuvent entraver la production de gaz et affecter les approvisionnements.
- Les contrats à terme et les prix du gaz continuent d’évoluer en fonction des dynamiques de l’offre et de la demande.
- Les grands consommateurs d’énergie peuvent avoir accès à des incitations pour réduire leur consommation en période de forte demande.
- La dépendance de l’Europe aux exportations américaines de GNL pourrait entraîner des conséquences économiques et géopolitiques.
Ce contexte met en lumière l’interconnexion des marchés énergétiques mondiaux, soulignant le phénomène de dépendance des régions face à des événements climatiques extrêmes. À l’heure où les enjeux de la transition énergétique se font pressants, la question se pose : comment les acteurs du marché s’adapteront-ils pour garantir un équilibre entre l’offre et la demande tout en répondant aux défis environnementaux et logistiques ? Une réflexion incontournable pour les décideurs de l’énergie de demain.