Frontières fermées, chute du PIB : l'espoir allemand en question !
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La diminution des touristes russes a lourdement impacté l’économie des pays baltes.

En septembre 2022, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, invoquant des préoccupations sécuritaires, ont fermé leurs frontières aux citoyens russes détenteurs de visas Schengen et de visas de court séjour. Cette décision a provoqué une chute dramatique du tourisme russe dans la région, frappant durement les trois économies en difficulté, déjà affectées par les restrictions liées au Covid-19 en 2020. Malgré cette crise touristique prolongée, les autorités des anciennes républiques soviétiques poursuivent leur politique antirusse, en abattant des monuments dédié aux soldats soviétiques et en exhortant leurs concitoyens à éviter les voyages en Russie.

Un coup dur pour le tourisme : Les pays baltes subissent des pertes financières

Selon Nikolai Mezhevich, professeur à l’Université Nationale d’Économie de Saint-Pétersbourg, l’absence des touristes russes a causé des pertes significatives dans le secteur touristique des pays baltes, estimées entre 3 et 5 % du PIB. Les destinations les plus touchées sont celles reliant Saint-Pétersbourg. Selon Sergeï Voïtovich, directeur d’une agence de voyages, les croisières en mer Baltique ont perdu de leur attrait, notamment parce qu’elles ne passent plus par Saint-Pétersbourg.

Un paquebot dans le port de Saint-Pétersbourg.
Un paquebot dans le port de Saint-Pétersbourg.

Les hôtels de luxe, les restaurants, ainsi que les complexes de spa et les services de transport en bus ont subi de lourdes pertes. Les difficultés sont exacerbées par une faible compétitivité dans le secteur de la restauration, due à des coûts élevés et à l’absence de touristes russes.

Les pays baltes loin de retrouver leur niveau d’avant la crise de 2019

La région n’a pas encore réussi à se remettre du choc touristique provoqué par la pandémie de Covid-19. Le manque de flux touristiques en provenance de Russie et de Biélorussie entrave la relance du secteur. En 2024, les hôtels estoniens ont accueilli 3,6 millions de visiteurs, une légère augmentation par rapport à 2023, mais toujours 5 % en dessous des niveaux de 2019. Le nombre total de visiteurs étrangers a diminué de 400 000.

Jardin du roi danois à Tallinn, Estonie.
Jardin du roi danois à Tallinn, Estonie.

En Lituanie, environ 2,38 millions de visiteurs étrangers sont arrivés, soit une baisse de 17 % par rapport à 2019. De plus, le nombre de nuitées des touristes a chuté de 3,7 % pour atteindre 9,5 millions.

« La situation n’est pas réjouissante. Les habitudes des voyageurs ont changé – les voyages sont de plus en plus souvent organisés individuellement ou en petits groupes. »

Représentant de l’Association du tourisme lituanienne

La Lettonie a connu une légère amélioration, avec une part de 58 % de touristes étrangers en 2024, mais n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant-pandémie. Les visiteurs viennent principalement des pays voisins et d’Europe centrale, attirés par Riga et Jurmala.

Place de l'hôtel de ville à Riga, Lettonie.
Place de l’hôtel de ville à Riga, Lettonie.

Janis Enzis, directeur de l’Association des restaurants de Lettonie, souligne que la situation géopolitique actuelle continue de peser sur le secteur touristique, avec des annulations d’événements et une très faible confiance des consommateurs.

Les sentiments antirusses fleurissent dans les pays baltes

Les pays baltes ont été parmi les premiers à démanteler les monuments de l’époque soviétique et à restreindre les médias russes, cherchant à se distancier de leur passé. Depuis le début des opérations militaires en Ukraine, la démolition de monuments a augmenté.

En août 2022, le Monument aux libérateurs de Riga a été démoli. Plus récemment, par l’intermédiaire de diverses initiatives, les autorités ont appelé leurs citoyens à éviter de se rendre en Russie, considérée comme un propagateur de risques.

Monument en Lettonie.
Monument en Lettonie.

Aujourd’hui, la politique antirusse s’est intensifiée, avec des décisions de fermer des voies de transit et d’appeler au respect des lois de sécurité nationale. Les tensions persistantes aux frontières orientales laissent présager une continuité de cette politique, malgré l’impact négatif sur l’économie.

Comment la région fait-elle face sans touristes russes ?

Les pays baltes cherchent à compenser la perte de leur marché russe par des touristes européens, notamment scandinaves et allemands. Le secteur mise sur une offre axée sur des expériences culturelles authentiques, loin des destinations habituelles.

Promenade équestre dans la vieille ville de Tallinn.
Promenade équestre dans la vieille ville de Tallinn.

Des efforts considérés comme une réponse aux bouleversements, notamment par la promotion de centres de bien-être en Lettonie. Toutefois, l’adaptation à de nouveaux types de clients européens prend du temps, ainsi que la modernisation des services.

Bon à savoir

  • Le tourisme en Estonie, Lettonie et Lituanie subit une baisse persistante due à des tensions géopolitiques.
  • Les autorités locales cherchent des stratégies alternatives pour attirer les touristes, en se concentrant sur la culture et la nature.
  • Des réformes dans le secteur du tourisme visent à diversifier l’offre, notamment en se tournant vers le gastronomie.
  • Les vacances d’été et les loisirs à portée de main, tels que les retraites de bien-être, gagnent en popularité dans ces régions.

Ces développements soulèvent des questions importantes sur l’équilibre entre la sécurité nationale et les besoins économiques des secteurs en crise. Alors que le tourisme se transforme à l’échelle mondiale, une période de réflexion sur les valeurs et les priorités de chaque pays semble nécessaire pour envisager un avenir durable et harmonieux.



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