La Banque centrale d’Australie prévoit désormais que l’inflation sous-jacente demeurera obstinément au-dessus de son objectif jusqu’à la mi-2026. Cette situation est en grande partie due à une demande des consommateurs et à une hausse des prix de l’immobilier qui est plus rapide que prévu, limitant ainsi la possibilité de nouvelles baisses de taux d’intérêt.
Lors de sa réunion, la Réserve banc d’Australie (RBA) s’attendait largement à maintenir ses taux à 3,60 %, la publication de chiffres d’inflation du troisième trimestre ayant douché tout espoir d’une diminution. La banque avait déjà assoupli sa politique monétaire à trois reprises cette année, en février, mai et août.
Dans son rapport trimestriel sur la politique monétaire, la RBA a indiqué que les données récentes – notamment une croissance économique plus forte, une inflation persistante et un marché du travail encore tendu – suggèrent qu’il existe moins de capacités dans l’économie que prévu.
“Ces indicateurs offrent une image nuancée des conditions financières, cohérente avec une politique maintenant proche des estimations neutres – en effet, le taux d’intérêt est désormais en dessous de certaines estimations centrales du taux neutre”, a déclaré la RBA.
La banque anticipe désormais que l’inflation sous-jacente – une mesure moyenne ajustée surveillée de près par la RBA – grimpe à 3,2 % d’ici la fin de l’année, contre 3 % actuellement. Il s’agit d’une révision à la hausse marquée par rapport à la prévision antérieure d’une inflation stable à 2,6 % pour les années à venir.
L’inflation sous-jacente ne devrait pas revenir dans la fourchette cible de la RBA de 2 % à 3 % avant le second semestre de 2026, et ne devrait atteindre 2,6 % qu’à la toute fin de 2027.
Ces nouvelles prévisions reposent sur des attentes de marché pour les taux d’intérêt, qui ont considérablement évolué, écartant la possibilité d’une baisse dans les mois à venir, ne prévoyant qu’une réduction de 30 points de base au total. En août, les marchés anticipaient que les taux pouvaient descendre jusqu’à 2,85 %.
L’inflation globale, qui était de 3,2 % au troisième trimestre, devrait atteindre un sommet de 3,7 % d’ici la mi-2024, en partie en raison de l’expiration des subventions gouvernementales sur l’électricité, avant de redescendre à 2,6 % d’ici la fin de 2027.
Le marché de l’emploi a montré des signes de relâchement, mais la RBA constate qu’il reste une certaine tension. La banque ne prévoit pas de relâchement important du marché de l’emploi, avec un taux de chômage, qui a grimpé à 4,5 % en septembre, prévu pour se stabiliser à 4,4 % au cours des deux prochaines années.
La croissance de l’emploi a été révisée à la baisse, avec un taux annuel d’environ 1,1 % d’ici la mi-2024, tandis que la consommation des ménages devrait croître à un rythme légèrement plus rapide de 2,1 %.
La croissance dans le secteur de la construction résidentielle a été révisée à la hausse à un rythme annuel de 4,8 % d’ici la fin de l’année, porté par des baisses de taux précédentes ayant fait s’envoler les prix de l’immobilier à des niveaux records.
Dans l’ensemble, ces éléments ne modifient guère les prévisions de la RBA concernant la croissance économique pour l’année prochaine et au-delà, tant l’économie mondiale reste robuste. La RBA prévoit une croissance économique autour d’un taux de tendance de 2 %.
Bon à Savoir
- La RBA a ajusté ses prévisions d’inflation, marquant une révision à la hausse significative.
- Les taux d’intérêt sont maintenus à un niveau relativement élevé, ce qui pourrait influencer les décisions financières des ménages.
- Le marché du travail reste sous pression, avec un taux de chômage prévu stable.
- La croissance dans le secteur de la construction devrait continuer d’être soutenue par les hausses de prix.
- Les attentes du marché concernant les taux d’intérêt ont évolué, modifiant la perception des investisseurs.
La situation économique actuelle en Australie soulève des questions cruciales sur la gestion des politiques monétaires face à des indicateurs économiques contrastés. Cela nous pousse à réfléchir à la façon dont les institutions financières peuvent répondre aux fluctuations du marché tout en préservant la stabilité économique à long terme. Comment les choix de taux d’intérêt influencent-ils non seulement l’économie, mais également la vie quotidienne des citoyens? Une telle réflexion est essentielle pour naviguer dans un contexte économique en constante évolution.