La Chine inonde le Kazakhstan de produits en surabondance !
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Un déséquilibre dans la régulation gouvernementale entraîne une saturation du marché par des importations, tandis que les agriculteurs kazakhs constatent des pertes.

Le Kazakhstan est traditionnellement perçu comme un pays capable de satisfaire entièrement ses besoins en pommes de terre. Les récoltes dans les régions nord et est permettent non seulement de couvrir la demande intérieure, mais aussi de former des lots destinés à l’exportation. Toutefois, ces dernières années, les statistiques révèlent une situation paradoxale : les importations augmentent, les rayons se remplissent de produits étrangers, tandis que les agriculteurs se plaignent de restrictions et de la baisse de leur rentabilité. Les raisons derrière ce phénomène ont été explorées par inbusiness.kz.

Les défis de l’autosuffisance

En 2023, le Kazakhstan a récolté 2,9 millions de tonnes de pommes de terre, prévoyant de collecter 2,6 millions de tonnes en 2024. Le record de récolte a été atteint en 2022 avec 4 millions de tonnes, correspondant au niveau de consommation de 196 kg par habitant. Aujourd’hui, cette consommation a chuté à 123,4 kg, tandis que les importations continuent d’augmenter.

Au cours des onze premiers mois de 2025, le pays a importé 204,3 milliers de tonnes de pommes de terre, soit 2,9 fois plus que durant la même période l’année précédente. La Chine est le principal contributeur à cette hausse, avec des livraisons augmentées à 137,7 milliers de tonnes. Le Pakistan suit avec 42,7 milliers de tonnes, tandis que la Russie, malgré une réduction de 6,6 fois, contribue également avec 8,1 milliers de tonnes. L’Iran a vu ses exportations grimper à 7,1 milliers de tonnes.

La pomme de terre est un produit saisonnier. En automne, l’offre est abondante, mais au printemps, elle devient plus rare, entraînant souvent une réduction critique des stocks en été. La principale difficulté réside dans la conservation. Le pays dispose de 257 installations de stockage, pouvant contenir jusqu’à 499,7 milliers de tonnes. Les entrepôts modernes, équipés de contrôle de température et d’humidité, nécessitent des investissements.

De ce fait, une partie significative de la récolte est perdue, endommagée ou vendue à des prix très bas juste après la récolte. Par conséquent, un déficit apparaît au printemps, obligeant le pays à se tourner vers des importations. Pour éviter ce gaspillage, il est crucial d’augmenter les capacités de stockage des pommes de terre par trois et celles des fruits par deux.

Selon le ministère de l’Agriculture, le manque d’entrepôts alimentaires impacte les prix des légumes en hiver et au printemps. Sans entrepôts ventilés, il est très difficile de conserver ces produits en bon état, ce qui entraîne une hausse des importations et des prix dans l’intervalle.

Cette situation conduit à un phénomène douloureux : en automne, les pommes de terre se vendent à bas prix, mais à mesure que l’offre diminue, la dépendance aux importations s’accroît et les prix augmentent. La Russie, avec des conditions climatiques similaires et une logistique bien établie, devient souvent le principal fournisseur.

Récemment, selon les statistiques, la Chine semble prendre le devant. Cependant, les produits importés sont inévitablement plus chers en raison des frais de transport, des intermédiaires et des fluctuations monétaires. Ce phénomène crée un cercle vicieux : la production nationale est freinée et la dépendance vis-à-vis des importations augmente progressivement.

Les prix sous le contrôle de l’État

Une autre raison de l’augmentation des importations réside dans les tentatives de régulation des prix. Lorsque le prix des pommes de terre commence à augmenter, les autorités imposent des restrictions à l’exportation pour maintenir l’offre sur le marché local. À première vue, cette mesure semble logique : moins d’exportation devrait signifier plus d’offre sur le marché et donc des prix plus bas pour les consommateurs. Cependant, un revers apparaît dans ce schéma.

Pour les agriculteurs, l’exportation est souvent le seul moyen de vendre leur récolte à un prix décent. Le marché intérieur étant limité, les prix d’achat sont fréquemment inférieurs au coût de production, surtout avec la hausse des coûts des carburants, des engrais et des équipements. Lorsque l’exportation est interdite, les producteurs se trouvent piégés : ils doivent vendre, mais les profits chutent. À long terme, cela nuit à leur motivation à produire davantage et à investir dans des technologies.

Pour l’agriculture, la prévisibilité est essentielle. Les agriculteurs planifient leurs cultures, achètent des semences et contractent des prêts, s’appuyant sur un certain prix et sur la possibilité de les vendre. Modifications soudaines des règles du jeu – aujourd’hui l’exportation est possible, demain non – font que n’importe quelle entreprise fonctionne en “mode de freinage”.

Comme le souligne un agriculteur, “lorsqu’un fermier ne peut pas vendre ses produits librement à cause de l’interdiction d’exportation, il ne perd pas seulement un acheteur, mais un marché qu’il a mis des années à établir. Et récupérer ce marché prendrait des années.” L’exportation représente des revenus en devises.

Il recommande de s’inspirer des pays occidentaux où la protection des producteurs locaux est une priorité.

Il est évident que, dans un système où l’État impose des politiques sans concertation, les risques se multiplient pour les agriculteurs, qui sont contraints de réduire leurs volumes de production. Ce qui, à terme, peut entraîner une diminution significative du volume total de production dans le pays.

Les décisions des fonctionnaires sont souvent justifiées par le besoin de contrôler les prix. Pourtant, l’expérience montre que ces mesures ne sont pas efficaces et relèvent plutôt du populisme.

Bon à Savoir

  • Le stockage des produits alimentaires est crucial pour éviter le gaspillage et les pertes économiques.
  • La prévisibilité des politiques agricoles est essentielle pour encourager les investissements des agriculteurs.
  • Les fluctuations de marché impactent directement le pouvoir d’achat des consommateurs.
  • Une approche équilibrée entre importation et production locale pourrait stabiliser le marché.

En guise de réflexion, l’interaction entre les dynamiques de marché et les politiques gouvernementales soulève des questions fondamentales sur l’autosuffisance alimentaire. Comment un pays peut-il à la fois sécuriser ses intérêts économiques et garantir la durabilité de ses producteurs ? L’équilibre entre régulation et soutien à l’innovation semble plus crucial que jamais pour naviguer dans ces défis complexes.



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