Madrid
Le régulateur de la concurrence, la CNMC, a récemment tranché dans la controverse qui opposait cette année les compagnies aériennes à l’opérateur aéroportuaire Aena. Les frais aéroportuaires pour 2026 ont été augmentés de 6,44 % par rapport à 2025, portant l’Ingres Maximum par Passager Ajusté (IMAAJ) à 11,02 €, contre 10,35 € cette année. Cette hausse se répartit sur plusieurs postes de dépenses.
Ce relèvement des tarifs ne résulte pas d’une décision unilatérale d’Aena, mais s’inscrit dans la fin d’un processus de gel tarifaire prévu par le Décret-loi royal 18/2014. Ce texte stipule que les frais seraient gelés jusqu’en 2025, après quoi un réajustement selon le système DORA II, le plan d’investissement actuel, aurait lieu. Par conséquent, ce réajustement obligatoire s’accompagnera d’une augmentation de 67 centimes. De plus, une mise à jour de l’Indice P, qui prend en compte certains coûts échappant au contrôle d’Aena – comme les salaires, les impôts locaux et l’énergie électrique – a également été effectuée. Depuis cette année, les tarifs étaient restés relativement stables, à l’exception d’une hausse de 4,09 % entre 2023 et 2024.
État des frais jusqu’à présent
Les compagnies aériennes s’opposent à l’augmentation, estimant qu’il y a une marge de réduction
Cette année, Ryanair a mené une action contre Aena et son président, Maurici Lucena, en dénonçant la politique tarifaire en vigueur. La compagnie irlandaise soutient que ces frais ne sont pas compétitifs, ce qui a conduit à une réduction de sa capacité dans les aéroports régionaux. À ce jour, Ryanair a réduit sa capacité de près de 3 millions de sièges pour les saisons en cours et pour l’hiver à venir. Malgré ces ajustements, Aena défend sa politique tarifaire et continue d’attirer l’attention d’autres compagnies dans certaines régions.
Le document validé par la CNMC prévoit une révision à la hausse du volume de trafic aérien pour 2026. Selon le régulateur, Aena “sous-estime” le trafic pour cette année avec une prévision de 323,3 millions de passagers, tandis que la CNMC s’attend à 334,3 millions.
Dans un communiqué, Javier Gándara, président de l’Association des compagnies aériennes, a précisé que “bien que l’impact de cette augmentation tarifaire pour 2026 soit minime, à peine 0,2 %, il est très significatif pour le DORA III. Le niveau de trafic estimé pour 2026 est essentiel pour les projections futures et, par conséquent, pour la politique tarifaire entre 2027 et 2031.” Il a également souligné que “avec les niveaux de trafic actuels et l’efficacité d’Aena, cela devrait permettre une trajectoire tarifaire orientée vers des baisses futures durant le DORA III, tout en préservant les investissements déjà annoncés.”
Le point crucial de la négociation concernant les 12,888 milliards d’investissements prévus pour le DORA III repose donc sur le niveau des frais à établir. Sur cette somme, 9,991 milliards sont destinés à des investissements réglementés, c’est-à-dire financés par la collecte auprès des compagnies aériennes. L’approbation du nouveau DORA III est prévue pour septembre prochain par le Conseil des ministres. En attendant, les compagnies aériennes continuent de négocier avec l’opérateur aéroportuaire pour définir avec précision ce parcours d’investissement.
Bon à Savoir
- Les frais aéroportuaires augmentent après une période de gel tarifaire depuis 2014.
- Le système DORA II prévoit la gestion des investissements aéroportuaires.
- Le renforcement du trafic aérien est déterminant pour la planification future des tarifs.
- La concurrence entre compagnies peut influencer les choix d’investissement d’Aena.
- Les discussions entre les parties concernées sont en cours pour établir une trajectoire bénéfique.
Cet enjeu tarifaire soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre rentabilité et compétitivité dans le secteur aérien. Alors que les compagnies cherchent à optimiser leur offre tout en faisant face à une hausse des coûts, comment s’assurer que l’innovation et l’investissement restent au coeur des préoccupations de l’industriel aéroportuaire? La réponse à cette question pourrait déterminer l’avenir des voyages aériens dans un contexte économique en constante évolution.