Le Banquier central constate un effondrement des flux monétaires dans l'économie.
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La Banque centrale de Russie a signalé une chute significative des paiements via son système de transfert. Au premier trimestre, les paiements entrants étaient en moyenne inférieurs de 5 % par rapport à ceux du quatrième trimestre précédent. Cette baisse s’est intensifiée d’un mois à l’autre, avec une diminution de 2,4 % en janvier, de 4,5 % en février et de 8,1 % en mars. Ce type de déclin avait déjà été constaté en juillet dernier, similaire à ce qu’on a pu observer durant la pandémie.

Sur l’année, les flux entrants ont chuté de 11,4 % (comparaison du premier trimestre avec la période de janvier à mars 2025). Si l’on prend en compte l’inflation accumulée depuis, la baisse réelle atteint 17 %.

La Banque centrale attribue cette chute à la faiblesse des prix des matières premières. Selon ses données, les revenus d’exportation arrivent en Russie avec un délai d’environ deux mois, ce qui signifie qu’au premier trimestre, les recettes de novembre-janvier, période où les prix du pétrole russe étaient au creux, ont été enregistrées. Dans les secteurs soumis à la demande étrangère, la contraction des flux financiers par rapport à la moyenne du quatrième trimestre s’élevait à 19 % en mars et à 13,5 % sur le trimestre.

Même en excluant l’extraction et le raffinage du pétrole, les recettes de mars ont connu une baisse de 2,8 %, et de 1 % sur le trimestre. Les secteurs liés à la demande des consommateurs ont également affiché des résultats négatifs, avec une baisse de 6,4 % en mars et de 1,5 % sur le trimestre. Cela est principalement dû à la diminution des transactions immobilières et à la baisse de la consommation dans les commerces, selon la Banque centrale. D’après une étude de “Dom.RF”, après une augmentation en janvier due à un assouplissement des conditions de “prêt immobilier familial”, les ventes de logements neufs ont chuté d’un tiers en février, et les données pour mars sont encore manquantes.

La baisse des recettes dans le secteur de la vente au détail semble incohérente avec d’autres indicateurs de consommation, note la Banque centrale. L’économiste Egor Sousin souligne que la croissance de la circulation des espèces a fortement augmenté en mars, sur fond de difficultés avec les paiements électroniques, avec une hausse de 1,6 % mensuellement et de 12,2 % par rapport à l’année précédente. Actuellement, la proportion d’argent liquide dans la masse monétaire reste très faible (14,1 %), mais la dynamique observée n’est pas très encourageante, dépassant les valeurs “normales” de 250 à 300 milliards de roubles en un mois, selon Sousin.

Selon Sofya Donets, économiste en chef de “T-Bank”, l’analyse des transactions de leurs clients indique une légère augmentation des dépenses dans toutes les catégories de consommation en mars : “Les achats par personne ont progressé de 1 % d’une année sur l’autre, tandis que dans les supermarchés, la hausse est de 4 %. Ces deux chiffres restent en deçà du taux d’inflation.”

Bien que la Banque centrale ne commente pas la compression des flux financiers, celle-ci reflète manifestement des évolutions en cours dans l’économie : un arrêt effectif de la croissance et un déplacement continu du secteur civil au profit des industries liées à la défense. Ce sont ces dernières qui ont atténué la chute. Les moteurs de croissance, selon la Banque centrale, ont été les paiements entrants dans les secteurs de la “fabrication d’autres véhicules et d’équipements”, des produits métalliques finis, ainsi que dans la recherche et développement, et la construction de bâtiments.

Cette année, l’activité économique en Russie montre peu de signes de croissance, d’après le suivi des entreprises réalisé par la Banque centrale. En janvier, l’indicateur du climat des affaires (ICB) était de seulement 0,2 point, tandis qu’en février, il a chuté à -0,1 – un premier chiffre négatif depuis septembre 2022, lorsque la mobilisation a été déclarée. Dans le secteur privé, l’activité des affaires diminue depuis la moitié de l’année dernière, selon les enquêtes de S&P Global.

Bon à Savoir

  • La baisse des paiements entrants pourrait influencer les perspectives économiques à court terme.
  • Les variations des prix des matières premières affectent directement les exportations.
  • La contraction des secteurs liés à la consommation pourrait refléter des comportements de dépenses conservateurs.
  • La transition vers les paiements en espèces pourrait signaler un manque de confiance dans les systèmes électroniques.
  • Les études de marché doivent être surveillées pour anticiper les tendances économiques futures.

Dans un monde économique en constante évolution, il est essentiel d’observer les tendances et les chiffres avec discernement. Chaque mouvement, qu’il soit positif ou négatif, invite à la réflexion sur le rôle des différents secteurs dans l’économie. Face à ces dynamiques, comment le secteur financier saura-t-il s’adapter pour répondre aux nouveaux défis économiques ? Une question fondamentale qui mérite d’être explorée.



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